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d'avoir un Caton, qui répétât tous les jours : Quittez le Mexique; mais je conviens que ce gouvernement a un art particulier. Il fait une sottise énorme qu'on lui a dit de ne pas faire, et il nomme cela une affaire en cours d'exécution dont il ne faut pas parler, de peur d'en gâter l'issue. Sur les bancs de la cour d'assises, un homme qui en a tué un autre n'est pas admis à dire à ses juges : C'est fait, parlez-moi (foutre chose; mais le temps n'est plus où la Chambre des pairs était une cour d'assises pour les ministres qui auraient fait la guerre du Mexique.
Tâchez d'avoir une brochure in-quarto dans laquelle M. Mérimée a réuni ses articles du Jour- ^lal des Savants sur la mort d'Alexis, le fils de Pierre le Grand. On y voit dans leur naturel la cour de Russie, la cour d'Autriche, Pierre le Grand, sa première femme Eudoxie, et tout l'empire. C'est une assemblée de buffles sauvages donnant des coups de corne à un pauvre idiot. 11 vaut mieux vivre en France et aujourd'hui. Si je peux avoir cet écrit, je vous l'enverrai par la poste et vous me le renverrez.
Adieu, mon cher ami, je n'ai plus de place pour vous dire ce que je trouve d'intérêt dans ces lettres à J.-J. Rousseau ; bien des amitiés.
A MADAME DONNE
Paris, 21 jain 1865.
Vous voilà donc réduite, encore pour longtemps, à ce plaisir extrêmement sérieux, quand il est seul, de la vie méthodique, du partage régulier de tous lès moments de la journée? Quoique ce ne soit pas l'idée du vulgaire, je crois que les imaginations vives sont plus propres que les personnes d'un esprit paisible et lent à jouir de ce train d'existence, monotone en apparence. Je vous crois donc tout à fait méthodique et je n'ai pris aucune précaution pour parler de cette vertu que j'honore plus qu'aucune autre, parce que j'en suis doué aussi, soit dit avec vanité. Cette vertu aide singulièrement à passer les mauvais
moments de la vie. M. de Chateaubriand fait dire à René que, s'il croyait encore au bonheur, il le chercherait dans l'habitude, et lui, M. de Chateaubriand, se conformait à la maxime qu'il prêtait à René. Madame de Staël disait qxïune journée divisée 7i' est jamais longue^ et Madame Roland trouvait dans le goût de la règle la force de passer ses derniers jours de prison dans la séré-
nilé. Le retour régulier des mêmes travaux, des mêmes soins, a quelque chose de Tagrément des vers et de la rime. L'âme, toujours agitée à proportion des facultés qui l'animent, a peut-être besoin de ce rhythme qui berce doucement les inquiétudes de la vie. Nous avons besoin à la fois de variété et de régularité. Le courant du ruisseau court plus vite dans des rives plus resserrées, et, dans ce cadre uniforme de chaque jour, un écho des impressions d'hier se retrouve aux mêmes heures pour s'unir agréablement aux impressions et aux pensées du lendemain. Les ennuis même de la veille, s'ils ont cessé, donnent plus de douceur au jour qui suit quand les mêmes travaux ouvrent pour ainsi dire les fenêtres du même côté de l'horizon. La veille, le lac était agité ; il est calme aujourd'hui, et cette variété des jours aux mêmes heures, donne je ne sais quelle confiance secrète dans l'effet du temps. Les vies décousues n'ont point ce genre de plaisir. Demain n'est point lié à hier, et les journées ne se donnent point la main ; mais je crains que, pour se plaire à cette uniformité, il faille que Pâme ait en soi une source d'activité, de façon à ce que, sous le même refrain, les couplets varient sans cesse. Je ne sais comment les sots se tirent d'affaire en pareil cas, mais il n'importe
guère, puisqu'ils sont destinés à ne pas se tirer d'affaire, quoi qu'ils fassent.
M. Sainte-Beuve est parti en poste ce matin, pour aller causer avec vous de M. de Chateaubriand. Bien que ces deux volumes que je vous envoie ne soient point coupés, ils sont bien tirés de ma vaste bibliothèque. C'est un exemplaire qui remplaçait un autre que j'ai donné, par esprit de propagande. Je ne suis pas surpris que Yltinéraire à Jérusalem vous ait paru supérieur au reste. Ce sont bien ses premières impressions dans leur naïveté, si l'on peut se servir de ce mot pour M. de Chateaubriand ; enfin, il ne s'était pas mis en trop grand uniforme de chrétien, comme dans les Martyrs. Pour ses notes de voyage en Italie, elles sont très-curieuses, parce qu'elles sont encore plu» simples que V Itinéraire, et qu'elles montrent ce qui le frappait d'abord, et de quelles impressions premières il faisait provision pour former ses riches tentures. C'est la soie et les couleurs dont il fabriquait ses étoffes de Lyon. Vous verrez, dans M. Sainte-Beuve, qu'il n'est pas plus édifié que vous de ses mémoires. On y voit d'abord le déclin du talent, les procédés mis à jour pour remplacer l'inspiration, le langage torturé, comme dans M. Victor Hugo, pour produire des effets, et, quand au moral.
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rinsolence, l'orgueil, l'envie, la haine, la vanité, le mensonge délibéré, enfin les sept péchés capitaux conjurés pour faire un mauvais et méchant livre, et, au milieu de tout cela, quelques pages ça et là charmantes d'éclat ou de mélancolie, comme on voit à Rome une colonne du plus beau travail couchée parmi les plus affreux débris d'une ville mal balayée.
▲ LA MEME
Versailles, 9 septembre 1865.
Je vous trouve d'une grande cruauté pour la pauvre mademoiselle de Guérin. Elle n'est affectée que quand elle écrit aux belles dames qu'elle ne connaît guère ; elle est provinciale, mais l'âme est poétique. Elle possède cette baguette qui embellit tout autour de soi. Bien qu'elle soit superstitieuse, l'élévation naturelle de son esprit donne à ses superstition un caractère aimable et touchant. Les petites choses de la vie lui sont un sujet de méditation qui la transporte dans les plus belles régions. Il y a tant de gens qui, au contraire, partent de grandes idées pour
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aboutir à des misères, témoin le troupeau des dévotes vulgaires. Je suis surpris que vous ne la trouviez pas suffisamment malheureuse. Elle est pauvre, isolée; elle a perdu presque tous les siens ; elle voit mourir lentement son frère, qui est tout ce qui lui reste ; elle est de ces familles de pauvres petits hobereaux où les filles, par misère et par fierté, ne peuvent guère se marier à égalité ; elle est malade; quand elle veut lire un livre de piété, rien n'est plus triste que de Tentendre écrire à son frère : « Ce livre est-il cher ? Je le voudrais bien lire. » Quant à votre mépris pour les prétendus beaux esprits qui n'ont rien écrit, j'avoue que je crois qu'il a passé une foule de talents inconnus sur cette terre. Je conviens que c'est un débat où il n*est pas facile de donner des preuves, mais je suis du sentiment de Gray, dans une charmante pièce de vers que vous avez lue comme moi. Je crois, avec Gray, qu'il y a dans les cimetières de village bien des Milton qui n'ont point chanté^ des Cromwell qtd n'ont point versé de sang. Dans les grandes révolutions, vous voyez ces gens, qui étaient destinés à Tobscurité par leur situation, devenir Bonaparte, Masséna, Desaix, Kléber. Il n*6st pas probable que nous eussions entendu parler d'eux isans la secousse qui a mis tout sens dessus des-
SOUS. Pour moi, je ne passe jamais dans une petite ville de province sans soupçonner qu'il y a là des inconnus qui, sous d'autres circonstances, auraient égalé ou surpassé les hommes qui remplissent aujourd'hui le monde de leur nom. Il y a beaucoup de cages où sont des oiseaux qui étaient faits pour voler très-haut.
Je croyais que l'air de Chevreuse était un air très-doux qui portait à une certaine vue bienveillante des choses humaines, mais je vois bien qu'il pousse à des jugements très-âpres. La nature est très-riche et il ne lui fait rien que des inconnus de grand talent n'entrent pas dans la gloire. Ils vivent de leurs pensées et de leurs sentiments et se passent de l'Académie française. Si le monde était si exactement écrémé que vous le voulez, tout ce qui n'a pas de renommée, c'està-dire la presque totalité de l'espèce humaine, serait digne d'un peu de mépris; tout de même qu'il y avait à Athènes un temple, au Dieu inconnu, il ne serait pas mal d'élever une sorte de Panthéon aux grands esprits inconnus. Je les crois plus nombreux que les connus. Vous êtes terriblement aristocrate ! Il me semble que ceci est une dispute, mais elle n'empêche que je voudrai? bien savoir que l'air de Chevreuse vous est bon, bien qu'il vous rende un peu méchante pour votre prochain obscur.
A LA MÊME
Paris, 16 septembre 1865.
La pauvre mademoiselle de Guérin a passé un mauvais quart d'heure avec vous, madame, et je vois bien que vous n'auriez pas fait comme l'Académie, qui a donné au frère et à la sœur comme un prix d'encouragement après leur mort. J'espérais de votre part des sentiments plus affectueux pour mademoiselle Brontë, qui n'a aucun rapport avec mademoiselle de Guérin, qui ne se plaint jamais, qui travaille toujours, ignorant le découragement et gagnant sa renommée à la sueur de son front, sans perdre de vue, un seul moment, les petits comme les grands devoirs de famille, mais vous n'êtes pas non plus très-clémente pour elle. C'est dommage que ses Mémoires par madame Gaskell n'aient pas été traduits; peut-être qu'ils vous auraient touchée. Pour madame de Varnhagen, je vous la livre bien voloïltiers, ne comprenant rien à sa conduite, ni à ses idées, ni à ses sentiments, ni aux sentiments qu'elle inspire aux autres, 11 est probable qu'elle avait le je ne sais quoi pour ses compatriotes que
nous n'entendons pas. Nous comprenons bien peu rimagination des Allemands. Gœthe raconte longuement les impressions de son enfance et de sa jeunesse ; je n'y entends rien les trois quarts du temps. Il me semble que ce sont des manières de voir et de sentir d'un habitant de la Lune ou de l'anneau de Saturne. A parler plus généralement encore, les hommes s'accordent bien peu dans le fond de leurs natures. On dit que la plupart des querelles sont des querelles de mots, sauf les mathématiques et les sciences physiques ; on ferait bien de tout côté un autre bruit si l'on venait à s'expliquer, si l'on pouvait s'expliquer sunle vrai fond de chacun; les mots, au contraire, sont comme des tampons qui empêchent de se heurter trop fort. Chacun les entend autrement, et cela aide quelquefois à une fausse paix. Quand je dis: aj*aime la campagne,» mon voisin me répond amicalement: a Et moi aussi, t» mais le probable est que l'un parle de champs do blé monotones et à perte de vue, et l'autre de rochers sauvages et stériles dans quelque pays perdu. Si vous parlez de jardins^ la servante du curé de quelque ville de Flandre voit une petite enceinte cernée de murs, quatre plates-bandes symétriques ornées de choux, de persil, avec quelques brins de marjolaine; un Anglais, de
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grandes allées irregulières ombragées de tous les végétaux du Nouveau-Monde; ils tomberont d'accord tous deux qu'un jardin est bien agréable, cependant que l'Anglais étoufferait dans le jardin du curé, et la bonne servante mourrait de mélancolie dans ces grands espaces assez sombres; les mots entretiennent la concorde parmi nous, mais le fin fond des êtres fait un monde à peu près fermé à ces prétendus semblables. Le moyen de s'entendre est donc de ne pas beaucoup s'expliquer. La Providence, qui a voulu que les hommes vécussent en société et en bonne intelligence, a fait des merveilles de diplomatie pour qu'ils ne se heurtassent pas trop durement. De nation à nation la chose devient difficile et voilà pourquoi peut-être, ni vous ni moi, n'entendons madame de Varnhagen.
Maintenant que vous êtes près des ruines de Port-Royal, ne relirez-vous pas les volumes de M. Sainte-Beuve, qui a fait plus pour vous que toutes les eaux de la Divonne ?
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A M. PISCATORT.
Paris, 7 novembre I8t5.
Mon cher ami, je ne sais plus si je sds encore l'art de récriture, tant il y a longtemps que j'ai dû éviter de l'exercer. Je voudrais pourtant que vous puissiez lire tous mes remercîments pour votre très-aimable lettre de l'autre jour. Ainsi, vous ne voulez pas songer à venir nous voir à Paris ? Je conviens que nous ne sommes pas très-dignes d'intérêt, et on ne paraît pas s'amuser autant à Paris qu'à Compiègne. On dit pourtant que tout ne va pas dans cette nouvelle cour de Louis XIV avec la gravité du xvii* siècle. Les actrices ne se trouvent pas reçues avec les égards qu'elles attendaient, et les acteurs irrités traitent un peu cavalièrement les chambellans ou demi-chambellans. L'œil du maître ne peut pas être partout dans une grande cour.
C'est dommage que les chansons de M. Victor Hugo soient si lamentables, sans quoi on les chanterait pour s'égayer un peu par ce triste temps ; mais il n'y a pas moyen. Voltaire avait bien raison de dire :
Faites tous vos vers à Paris, Et n'allez pas en Allemagne.
L'Angleterre et l'île de Guernesey ne sont pas UQ bon climat non plus pour la poésie française. Je n'ai jamais vu pareille monotonie. Est-ce qu'un homme sain s'aviserait dfe dire :
Le mouton disait : Notre Père,»»
Que votre sainfoin soit béni !
A force d'étudier le jeu des mots, il en est devenu l'esclave, et les mots le mènent où ils veulent. Il n'en reste pas moins que les jeunes gens et les belles dames trouvent cela beau, à ce qu^on me dit. Je n'épouserais pas ces dameslà, si j'étais à épouser. Elles sont de la Famiiie Benoîton. Avez-vous connaissance de cette famille ? La pièce est mal bâtie et singulièrement
vulgaire ; mais j'ai idée que c'est une peinture à peu près exacte d'un monde moyen que je n'ai pas l'honneur de fréquenter beaucoup; je ne serais pas étonné que beaucoup de filles de capitalistes et même de sénateurs et de plusieurs membres du Corps législatif, parlassent cet affreux argot et fussent habillées de cette sorte.
On aurait dû vous envoyer ce petit échantillon du Paris nouveau de M. Haussmann ; l'architecte
et les habitants sont assortis. Entendez- vous nos cris de révolte parce qu'on veut nous prendre encorala moitié du Luxembourg ? Si Attila était revenu à Paris, il aurait probablement aussi tenté cette opération financière, s'il eût été pressé d'argent. De la part d'un homme aussi civilisé que M. Fould, cela donne à penser qu'il est dans la situation d'un homme qui met sa montre et son habit noir en gege. C'est s'arrondir à la façon de M. de Montrond qui vendait toujours les angles sortants de ses terres. Et quand on songe qu'il suffirait de se refuser des fantaisies ridicules comme l'aplanissement de la butte des Moulins, ou la construction des nouvelles galeries des Tuileries, pour être dispensé de vendre à l'enchère le plus beau jardin de Paris , ou de réformer 1,700 officiers qui sont loin d'être inutiles pour la guerre du Mexique et les troubles d'Algérie et les secours que nous donnons à la dynastie tartare en Chine contre les légitimistes de l'endroit.
Guillaume Guizot va traiter de Montaigne. Je l'ai relu ces derniers mois dans ma solitude et j'ai été étonné de ce que je n'y trouvais plus et de ce que j"y voyais de nouveau. Il est vrai que toutes les reprises de lectures donnent cette impression. Ce qui est certain, c'est l'admirable
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vivacité et Tétrarige énergie de sa langue par moment. Il ressemble à Lucrèce pour cette jeunesse virile que les littératures plus cultivées ne connaissent plus. Tous deux ont des sentiments aussi vifs que ceux de votre petit-fils à la vue des choses qui sont nouvelles pour lui et des lieux communs de la nature pour nous. Un jeune chêne tout plein de sève, d'un bois dur, et avec la grâce des premières années.
Grôte n'est pas un si grand écrivain; mais les savants font cas de sa science. Le premier volume sur la mythologie est un ramas de traditions ; il le donne pour tel et prétend que nulle érudition ne saurait mettre l'ordre dans ce chaos, au fond des ténèbresantéhistoriques.Les volumes sur l^histoire proprement dite sont intéressants par le détail et aussi par les passions singulièrement démocratiques de l'auteur. Il ne pense ni comme Platon, ni comme Xénophon , de la démocratie; on n'est pas accoutumé à voir un historien prendre la partie de Cléon. Adieu, faute de papier.
A MADAME DONNE
PariR, M février 1866.
Puisque la lecture de M. Sainte-Beuve charme vos loisirs de Montpellier, vous pourriez, chère madame, quand les Lundis seront épuisés, prendre les cinq volumes de son histoire de Port-Royal, et particulièrement la dernière édition, qui contient beaucoup de choses nouvelles. Vous serez lâchez vous, dans un monde d'esprits élevés, graves, un peu rebelles, des âmes romaines retravaillées par une religion savante et profonde. M. Sainte-Beuve a peint tous ces sentiments d'un autre siècle comme s'il était de la famille Arnauld. Ceux qu'il aura édifiés durant cette lecture auront été un peu surpris de voir, dans quelques notes ajoutées à la fin des volumes, qu'il n'est pas de la famille et qu'il est loin de partager les idées de M. de Saint-Cyran et de M. de Sacy ; mais enfin, c'est déjà beaucoup que de peindre dans leur fierté native ces sentiments mêlés de Corneille et de saint Augustin ; il est même impossible aux grands tragiques de partager les impressions de tous leurs person-
nages. Je sais que Philippe de Champaigne a dessiné deux religieuses de ce même Port- Royal dans le même esprit de révolte pieuse et hautaine qui avait animé ses modèles ; mais peutêtre que Rembrandt eût encore mieux fait, sans avoir besoifi de cette communauté d'opinions et de passion, car enfin, si Thomme ne comprenait que ce qu'il éprouve, les sentiments de chacun se hérisseraient probablement à la vue de son prochain, et il faudrait un grand fonds de patience pour ne pas se manger les uns les autres. J'ose espérer que cette disposition à la tolérance que je hasarde ne m'expose au courroux de personne, et que je ne serai pas rangé pour cela parmi les cousins de la Famille Benoîton ou é' Henriette Maréchal.
J'espère que les étrangers qui vous ont dit tant de mal du ton qui règne par tout Paris, n'entendent pas très-bien le français, sans quoi ils auraient cru de leur justice de faire d'assez nombreuses exceptions à cette déchéance qu'ils prononcent contre notre société. Il est certain qu'il y a moins d'esprits finement cultivés depuis que l'activité s'est tournée vers les sciences d'application. La plupart des jeunes gens des classes moyennes savent mieux le jfeu d'une machine à vapeur que les ressorts délicats d'une pièce de