‹ Mélanges et lettre avec une introductionChapitre 61 sur 81 · II · texte numérisé non relu

II

croire la force domptée par l'esprit ? Les grandes intelligences avaient là leur vraie place, et il semblait que ce règne ne dût jamais finir; mais si Ton quitte ce volume et que Ton regarde aujourd'hui devant soi, on voit que vous êtes au Val-Richeretque le mot d'ordre et le cep du centurion ont remplacé toute cette belle économie. Que vous avez bien peint le génie particulier du Roi ! et que vous avez bien montré ce qu'étaient ses volontés, un peu persistantes sans doute, mais qui ressemblaient bien peu à l'entêtement sournois et aveugle que nous avons connu depuis. Ulysse dit quelque part, daxis Y Odyssée^ que c'est une grande duperie à un roi d'être doux et équitable. Il paraît que c'est la fantaisie des peuples comme de certaines femmes d'être menés à la baguette. Je crois que la gloire de Bonaparte a été singulièrement accrue par la brutalité audacieuse de ses paroles et de ses actions.

Nous attendions avec anxiété le résultat des élections, et nous en voyons de belles. Les gens sensés et modérés ont pourtant à cette fois fait avec intelligence et persévérance ce qu'il fallait pour conjurer le mal, et nous sommes probablement plus bas qu'en 1863. J'ai cherché M. de Witt avec empressement, et je vois qu'il a eu le même sort qu'Albert de Broglie, M. Paradol^

BTTRBS. 499

M. Andral, M. Casimir Périer, M. Pasquier, M. de Barante, M. de Ségur. Il est vrai que nous avons Raspail et Bancel et peut-être Rochefort pour nous consoler.

AU MÊME

Paris, 8 jain 1869.

Il me semble que les sages blâment ici TEmpereur d'avoir convoqué sa Chambre pour le 28. Ils prétendent qu il devait laisser dormir durant quelques mois les souvenirs que peut avoir gardés Topposition des procédés sommaires des préfets. Qui sait, pourtant, si l'Empereur n'entretient pas, dans les secrets de sa sagesse, de grands desseins où il aurait à réclamer soudainement le concours du Corps législatif? Nous avons déjà compris plus d'une fois, et particulièrement en Allemagne, que ses vues ne sont pas nos vues. L'aigle française, à ce que dit M. Rouher, plane dans les nuages bien loin de notre vue et bien au-dessus de notre vaine prudence ; puis elle fond tout itcoup sur ce qui nous paraît une sottise, et la terre demeure dans l'étonnement, et il y a de quoi.

500 LBTTRÉS.

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