‹ Mélanges et lettres (volume 2)Chapitre 14 sur 43 · III · texte numérisé non relu

III

pas fait sur ce plan, et il n'est que trop facile de s'en convaincre. Gurcy a comme perdu son soleil. On dit qu'on aura peine à l'habiter encore, tant cet excellent homme y était partout, à toutes les heures, avec son activité, sa bonne humeur, son esprit aimable, sa mémoire infinie de tout ce qu'il avait vu, lu ou entendu. Ces pauvres gens de Gurcy sont revenus bien tristes. Madame d'Haussonville n'a pas beaucoup la force de répondre à quelque chose. Elle est 'fort simple et fait de son mieux pour être le moins mal possible, mais une vie commune de quarante-cinq ans qui finit tout à coup à l'entrée de cette route toute noire de la vieillesse laisse un vide qui n'est pas facile à combler.

J'ai votre lettre du 31 octobre de Florence. Vous êtes bien bon de-préférer mon griffonnage aux vierges même de Giotto. Je me sens fort au-dessous de Giotto; c'est l'effet de la maladie. Vous n'avez donc point rencontré de belles figures depuis Naples jusqu'à Florence? Le hasard vous aura mal servi, car on n'est laid nulle part en Italie. A Naples, à la vérité, ce n'est pas la coutume que les dames des classes moyennes ïourent la ville. On y a prévu qu'il y a des étrangers elfrontés qui lorgnent avec une attention gênante tout ce qui peut ressembler aux figures

des tableaux d'église, mais il n'en est pas ainsi à Florence, autant qu'il m'en souvienne. Je suis curieux de votre impression sur Fiesole; il n'y a rien que de vieux murs et une vue admirable^ mais Fiesole est une ruine parmi les ruines. Elle était déjà en décadence quand la Béatrix du Dante était belle. Que de générations ont cessé d'être belles depuis ce temps-là! On s'extasie toujours sur les débris des monuments; pourquoi ne s'extasie-t-on pas toujours à la vue d'une vieille dame qui a été parfaitement belle? Quand vous voyez ce qui reste du Palatin, il vous passe devant les yeux toutes les pompes de Rome, bien que vous n'ayez devant vous à l'heure même que les cailloux qui servaient à remplir l'intervalle des murs de marbre. Une vieille dame a bien aussi bon air que les murs du Palatin, et pourtant elle ne vous dit rien et vous ne lui dites rien non plus ; elle ne vous rappelle pas les beaux jours qu'elle a vus ; vous ne songez point à l'éclat de ses yeux dans le passé. Pourquoi, je vous prie? C'est une assez grande question d'esthétique. A propos, un homme qui méprise beaucoup le beau, c'est le dominicain de Saint-Marc. Le pauvre homme avait donc planté de gros clous dans les fresques de Fra Angelico et il y avait suspendu des grappes de

raisin et du linge sale. Non seulement cet homme préfère l'utile au beau, mais aussi la malpropreté à la propreté. Dans l'ordre de l'utile, je crois bien que les trois quarts de la propreté s'en vont. La propreté est un commencement de beau. Avez-vous lu, dans la Revue des Deux- Mondes, la dissertation de M. Planche sur Andréa del Sarto dont vous me dites qu'il égale souvent Raphaël? Il me semble pourtant que ses figures n'ont pas la beauté saine de celles de Raphaël. Elles font toutes une petite grimace bienveillante qai m'est restée dans l'esprit. Pour M. Planche, il est devenu terne en devenant riche. Sa muse était la malveillance ; l'argent rend bon et doux ; alors son genre de talent est parti. Les critiques dans les arts sont ordinairement lourds et techniques ; enfin leurs livres sont le contraire des idées qu'ils traitent. La race des commentateurs a été ainsi faite jusqu'à nos jours, mais à présent, les critiques ont l'éclat des plus beaux papillons. Des habits rouges, de la musique, surtout de la grosse caisse et des trompettes, un beau cabriolet. Ce sont les artistes qui sont comparativement pâles à présent. Ce sont les papillons qui commentent les chenilles; mais M. Planche est un critique de la vieille roche.

27 novembre. — Vous ne vous figurez pas combien nous souffrons dans notre Occident avec un thermomètre à 0° après l'avoir eu à 30° Réaumur, jusqu'au mois de septembre. Mais j'ai tort de vous' faire ces aveux, vous ne voudrez plus revenir.

A MADAME LA MARQUISE d'hARCOURT.

Paris, 18 juin 1847.

Vous entrez dans mes plans, assurément, mais la petite difficulté, c est que vous ne savez pas quand vous irez à Saint-Eusoge, et que j'ignore quand j'irai aux bains de mer. Je me laisse donc ballotter sur cette petite mer d'incertitudes. Vous me direz ce que vous croyez probable et je bâtirai un château sur ces probabilités. Je suis, à peu près sur tous les sujets, de l'opinion des seconds académiciens^ dont vous n'êtes pas obligée d'avoir entendu parier. Cicéron avait adopté cette école. On y vivait dans une foi un peu incerlaine fondée sur les grandes probabilités de ce qui a l'air parfaitement vrai. Cette situation d'esprit est assez humaine. Sans doute il fait bon d'avoir quelques points un peu plus solidement

fixes, et tout le monde en a probablement, mais, sur la plupart des sujets, la disposition des seconds académiciens rend tolérant et laisse l'esprit ouvert à tous les soupçons nouveaux sur les grandes questions. Pardon de cette brusque métaphysique.

Comment se passent ces premiers jours dans ce triste lieu qu'on dit charmant? On a une sorte de superstition qui fait croire qu'une nature riante défend contre les malheurs, mais la nature paraît occupée d'autre chose que de nous par moments. C'est pourtant un mouvement naturel que d'avoir le cœur serré et une crainte secrète à la vue des lieux tristes, et l'impression contraire devant un paysage doux. On ne sait à quoi se fier dans les images de ce monde.

A LA MÊME

Gurcy, 18 aoùl 1847.

Je ne sais comiiléiii j'ose vous répondre si tard après que, le 26 du mois de juillet, vous avez eu la bonté de m'écrire une lettre dont j'aurais dû, assurément, me montrer plus re-

connaissant. Je pourrais, sans doute, m'uller cacher^ mais je n'aurais plus chance de vous voir si je persistais dans ce dessein, et j'aime mieux vous prier de me pardonner et de ne pas me croire un ingrat. Voici un mois que j'habite sur le bord de tous les chemins. Il paraît que l'incertitude est une maladie qui accompagne les maladies nerveuses. Quand je me portais bien, j'étais extrêmement décidé, si je m'en souviens bien.

Si on en croyait le National, on mettrait toute la France en accusation. On devrait envoyer en pays étranger les sages qui nous trouvent dans un état si affligeant; nous serions débarrassés d'eux, et ils en verraient de belles ailleurs.

Vous n'avez donc qu'une passion modérée pour le Passé et le Présent? Il y a là beaucoup de roses d'il y a vingt et quelques années. Il faut de fières roses pour vivre vingt-cinq ans. Il y a aussi beaucoup d'esprit qui est devenu le patrimoine de tout le monde. Les paradoxes des gens supérieurs deviennent les lieux communs de la génération qui les suit. On trouve aussi dans ce recueil les défauts habituels de l'auteur, une émotion très-fugitive qui s'évapore quelquefois en rhétorique élégante, et des chemins perdus pour aller à la vérité. La grande voie romaine

que suit M. Cousin, par exemple, est inconnue à M. de Rémusat. Il court par des sentiers de chèvre. Ce n'en est pas moins un esprit rare, et ses défauts annoncent plus de supériorité que les qualités de bien d'autres. Je n'ai trouvé ici eu fait de livres nouveaux que Platon. Ces Grecs sont de drôles de gens. Ils ont parfois l'air de n'avoir pas au plus petit degré le sentiment de la vraie vérité. On dirait que ce sont des Allemands de premier ordre ; seulement, les nuages grecs ont une teinte d'or et courent légèrement dans un ciel limpide; les nuages allemands ressemblent à un troupeau de bœufs marchant lentement sur la route de Poissy.

Albert est en route pour le Périgord, puis, vers les premiers jours de septembre^ il repassera les monts. Il ira voir où en est le pauvre Pape qui mérite qu'on s'inquiète de lui. Les connaisseurs ne sont pas inquiets présentement de l'état de l'Italie. Elle donne pourtant des signes d'agitation qui me la font croire bien malade. Si ceci tourne mal, il faut désespérer des bonnes intentions, et si ce Pape-ci manque son coup, ses successeurs ne feront pas mieux, attendu que les siècles ne sont plus prodigues de papes un peu libéraux.

LXÎII.

A. M. RAULIN

Paris, 2 novembre 1847.

Mon cher Raulin, je suis exact dès que je ne suis pas très-malade et je réponds courrier par courrier à votre lettre. Vous écrivez donc au président du conseil d'État que vous êtes retenu à Londres par l'amour de la justice. Cela vaut peut-être mieux que d'être ramené à Paris par l'amour du travail, car le travail de l'homme n'est que vanité les trois quarts du temps, tandis que ceux qui ont soif de la justice ne seront point trompés, à ce qu'on assure. Vos amis d'ici comptaient vous voir plus tôt, mais la plupart s'en consolent en allant à la campagne.

Je ne vous donnerai de nouvelles de personne ni de rien. L'ordre règne à Paris, certainement. Il n'y a point une voiture dans les rues. On voit seulement des êtres de figure un peu pédante qui, depuis deux ou trois jours, viennent « en bottes, en guêtres et aussi en guenilles » pour siéger au conseil d'État. S'ils ne sont pas beaux, ils sont honnêtes ; ils viennent pour faire leur tâche. Ce ne sont pas des ouvriers de la onzième

heure qui ne viennent que pour le moment du dîner.

Voulez-vous me chercher à Londres, si ce n'est pas trop loin de votre main, quelque biographie un peu détaillée du docteur Chalmers ? Suivant le génie de l'Angleterre, 'il doit avoir été déjàpublié surlui urle demi-douzaine de volumes servant d'introduction au récit de sa vie person- , nelle et renfermant la biographie de sa grand'mère, de son arrière-grand' tante et des lords qui pouvaient être ses cousins au quinzième degré. Mille et mille amitiés.

A MADAME d'h AU S SON VILLE.

Paris, 24 auveuibre 1847.

Je suis décidément le plus ingrat des hommes. Vous avez la bonté de m'écrire sans tenir compte de mon long silence. Il est vrai que si je ne vous ai point écrit, c'est qu'il y avait, suivant les proverbes, un lion dans la rue^ chaque fois que je voulais vous écrire. Enfin, vous avez la bonté de m'écrire, et voilà que je me dis, en recevant votre lettre, que c'était par un dimanche que

VOUS avez fait cette lettre, que le dimanche était votre jour de correspondance, et que, n'ayant à écrire à personne, vous avez fait comme les petits castors du Jardin des plantes qui continuent, par instinct, à bâlir des digues dans un lieu parfaitement sec, comme s'ils étaient encore au bord du lac Ontario. Je voudrais me cacher à cent lieues sous terre pour avoir eu de ces idées abominables.

Vous aurez Burlamachi, s'il y a un Burlamachi au monde ; mais c'est un point douteux, bien que cet historien soit cité par des auteurs graves. 11 est des auteurs graves qui citent légèrement. Toujours est-il qu'on remuera toute la poussière de la Mazarine pour y trouver ce grand homme inconnu. Le petit Savonarole est-il toujours au berceau et en nourrice? Il faut qu'il croisse pour faire son éducation. Faites donc bien vite un grand canevas de cette histoire. Bien ou mal, que tout ce canevas soit fait d'abord, et sans lacunes, sans quoi toutes vos idées, et même vos notes, s'en iront au gré des vents. Il faut une toile bien faite pour prendre des mouches. Le système de composition des araignées me semble donc excellent. Toute idée qui ne sait où s'arrêter s'envole comme un oiseau de passage; ic voit passe, il le suit. Ayez un grand filet, alors tous

les oiseaux prendront plaisir à venir s'y placer à leur rang. (Voilà une figure heureuse et bien continuée !) C'est par le procédé que j'ai l'honneur d'exposer devant vous que Bufïon a fait un chef-d'œuvre de ses Epoques de la Nature. Il les a recopiées quatorze fois de sa main, c'est-à-dire qu'il a commencé par faire une esquisse informe, mais cette esquisse a attiré aux places marquées des idées accessoires qui sont venues se placer dans la seconde épreuve, et ainsi de suite, les traits devenant à chaque fois plus fermes, plus précis, plus profonds, la précision du trait attirant à soi la vraie couleur; enfin, à la quatorzième fois , c'était un tableau dont M. Raulin trouve l'éclat merveilleux. Je ne donne pas Buffon pour le premier, ni même pour le second des écrivains français, mais je donne son procédé pour un mécanisme parfaitement en accord avec le mécanisme de l'intelligence. On produit ainsi sans fatigue, et avec un progrès continu. N'ai-je pas déjà prêché ce sermon un autre carême? je n'en sais rien, mais c'est ce que je vous souhaite à tous si vous voulez aller sans trop d'efforts au bout de votre esprit. Pardon ; c'est une manière de dire malheureusement en usage, car vous comprenez bien que je n'admets pas qull y ait un bout à votre esprit.

LETTRES. 2Ûo

J'ai lu aussi, et plusieurs fois, avec grand plaisir, les Mémoires de Benvenuto Cellini. Ils ne sont pap d'une grande gravité de langage, surtout dans le texte, car le traducteur a reculé devant l'extrême liberté de langage de cet étrange personnage. Ce n'en est pas moins probablement un portrait très-vivant des Italiens du seizième siècle et une image très-exacte de l'Italie. On y voit vivre les bourgeois d'alors, comme dans un roman deWalter Scott; on vit dans toutes les petites familles de Rome et de Florence, comme pourrait le faire un artiste qui se met en pension chez un marchand de la Via ripetta. Avec tout cela, cet homme passe pour un grand menteur et un grand fanfaron en tout genre, mais il a menti, et il s'est vanté suivant les probabilités morales de son temps. Il passe dans ce livre beaucoup de figures gracieuses qui ne sont certainement pas d'invention. Elles ont peut-être servi de modèles aux grands peintres dont vous admirez les tableaux aujourd'hui. Il m'arrive souvent, devant ces tableaux qui sont au fond de la galerie du Louvre, vers l'école italienne, de penser que la plupart de ces figures-là ont eu réellement leur place dans le monde. Nul ne saura jamais leur vrai nom ni leur vraie vie. Tout cela dort en poussière dans les églises et

dans les cimetières d'Italie, pendant que leur ombre attire les yeux des belles dames d'aujourd'hui qui visitent les galeries. Qui aurait dit à quelques-unes de ces pauvres filles qui servaient de modèles que cette figure qu'elles regardaient dans un miroir cassé rayonnerait à tout jamais dans les palais de France ou d'Angleterre, ou même sur le maître-autel de quelque cathédrale? Voit-on tout cela d'un autre monde?

En ce monde-ci, il n'y a rien de bien nouveau. Les radicaux continuent de faire des infamies à Fribourg, mais ce n'est pas nouveau non plus.

A M. d'hAUSSONVILLE.

Broglic, mercredi 24 mai 184S.

J'ai reçu trois lettres de vous, durant votre séjour à Paris; trois lettres qui avaient la brièveté militaire convenable à un chef de corps campé devant des ennemis tels que M. Barbes et ses pareils; mais elles nous ont fait grand plaisir malgré leur brièveté. Je vous ai écrit de mon côté le 20 à Gurcy. M. Et. Arago vous aura-

LETTRES. i207

Uil envoyé ma lettre? Il a été bien occupé toute la journée du 15, mais, depuis, il a pu se livrer aux minces détails de l'administration. M. Raulin me dit que vous êtes reparti dimanche pour reprendre vos quartiers dans les plaines de Brie. Il dit des amours de vos gardes nationaux de Donnemarie. On ne saurait faire trop de sacrifices pour entretenir la bonne volonté de ces soldats du bon ordre. Si Barbés avait réussi et achevé son idylle, Paris aurait envoyé des commissaires de sa façon pour mettre la terreur à l'ordre du jour dans les départements. C'est un jeiine homme trop bien élevé pour ne pas suivre les grands exemples du passé, et l'ombre sacrée de Couthon et de Saint-Just aurait guidé tous ses pas dans la carrière qu'il voulait s'ouvrir. Il est donc au moins naturel que les provinces fassent de fréquents voyages à Paris pour voir ce qu'on décide de leurs tètes. A la prochaine tentative d'égorger les membres de l'Assemblée nationale, il se peut bien qu'on n'aille pas chercher M. le Procureur général de la République, et que les enfants de perdition soient traités à la faconde l'interdit quiest décrété dans les livres de Moïse, ^'achève ici les Mémoires de Madame Roland ; je nt lis que des livres de révolution et les journaux d'aujourd'hui qui n'en diffèrent pas

beaucoup. C'est le même courant elles mêmes rivages qu'on voit à droite et à gauche. On dit les mêmes choses sur les vents, les flots et les étoiles; c'est le même pêle-mêle de hardiesse, de timidité, de craintes, d'espérances; la même douceur perfide dans l'air par moments, et de grands nuages noirs encore immobiles à l'horizon. Après tout, cependant, les manœuvres de l'équipage peuvent faire aujourd'hui ce que n'ont pas fait ceux qui ont péri dans ces eaux noires et turbulentes ; mais il me semble que les pilotes dorment à cette heure.

Que faites-vous quand vous ne campez pas sur les places de Paris? Tout le monde est comme un malade qui ne peut compter raisonnablement que sur deux ou trois mois d'existence. On n'arrange guère sa demeure quand on se dit qu'elle sera peut-être occupée par les Icariens et Icariennes sous les lois sensées de M. Cabet. On n'émonde point ses arbres qui d'un jour à l'autre peuvent couvrir de leur ombre les aimables songes de quelque Collotd'Herbois qui viendra se reposera midi du tracas des affaires.

Pour moi, je recommence ici à ressentir la petite fièvre qui me minait Tan dernier. Je ne suis pas fait pour vivre dans les bois. Je n'y

comprends rien, car j'aimerais la campagne à la folie si je n'y souffrais sans cesse.

LXVf.

A MADAME I»' H AUSSON V I LLB.

Broglie, 14 juin IS-iS.

Il est bien vrai que c'est à moi de vous écrire, mais on me dit que vous tirez cette vérité du principe de l'égalité. Il n'est pas juste de faire sortir la hiérarchie de l'égalité. C'est faire cuire le chevreau dans le lait de sa mère. Vous ne raisonnez pas en vraie républicaine. Seriez-vous, par hasard, une républicaine du lendemain? Que dites-vous des vicissitudes de TEmpire? Avant-hier, nous étions dans de vives alarmes, nous pensions que la Commission executive était en péril et que César menaçait la liberté. Hier, nous apprenons, avec joie, qu'au bruit de trois coups de fusil M. de Lamartine a fait presque décréter l'exil de ce César^ et voilà qu'aujourd'hui on nous dit que l'Assemblée a décidé à une immense majorité que ce même Louis Bonaparte siégera dans son sein. Les trois coups de fusil d'hier se réduisent aussi à un seul

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