‹ Mélanges et lettres (volume 2)Chapitre 23 sur 43 · A M. D HAUSSONVILLE · texte numérisé non relu

A M. D HAUSSONVILLE

Trouville, 30 juillet 1854.

Nous menons ici la vie peu variée des bains

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de mer. Albert a eu la bonté de me proposer de demeurer dans sa maison. J'ai peur de contribuer à le tenir bien à l'étroit dans sa petite demeure. Il faudrait avoir un peu ses coudées franches au bord de la mer, et il n'est pas agréable d'être encaqués comme des harengs en présence de l'infini. On est ici logé à terre comme à bord des vaisseaux et il faut que l'espace soit une chose très-chère. C'est cependant ce qu'il y a de plus étendu dans l'univers, apparemment !... Nous sommes allés dîner chez M. Cordier, ancien membre de l'Assemblée nationale, avec beaucoup déjeunes gens que nous ne connaissions guère, ni Albert ni moi. On dirait qu'on fait un voyage dans la lune, tant les habitudes d'esprit, la nature des préoccupations et le tour de la conversation sont différents^ pour ne pas dire opposés. Nous n'avons point de tremblements déterre, mais de beaux orages qui semblent vouloir emporter les maisons par les airs. Le monde habitable à la mine d'être dans une grande crise. On était ainsi au seizième siècle ; on n'a point péri au seizième siècle malgré la peste et la guerre et les révolutions d'idées, tout au contraire. On a changé en mieux. C'est sans doute ce que nous devons faire aussi et cela sera facile. Si la société a envie de changer de

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