XXXIV NOTICES
où débutaient alors le général Foy, Casimir Périer, le duc de Broglic, et bientôt après Berryer et M.Guizot. La petite chambre de Doudan n'était pas si loin de la tribune que ses éclats n'y eussent souvent retenti et réveillé de sympathiques échos. Un jour, la famille du duc de Broglie eut besoin d'un précepteur pour diriger l'éducation de l'enfant né du mariage de madame de Staël avec M. de Bocca. Une amicale entremise désigna le jeune répétiteur du collège Henri IV. Le choix fut heureux pour la famille, décisif pour le professeur. Son destin était fixé. Il était de nature fidèle. La sûreté de son caractère et la loyauté de son cœur allaient trouver, dans la maison du duc de Broglie, à qui parler.
Il était, pour l'éducation des enfants, un maître admirable, ayant l'instruction, la méthode, la patience et la bonté. Il avait aussi le charme et l'agrément, aimant à montrer le côté original du bon sens en toute chose, y attirant l'esprit de ses élèves. C'est ainsi qu'il avait écrit : « Le bon sens n'est que pour celui qui pratique la vérité ; la pire des conditions pour écrire un bon roman, c'est un esprit romanesque ; » et ailleurs : « Quand un homme a peu de talent et la rage de faire parler de lui, il est capable de tout '... » Ce qu'il écrivait de ce ton ferme et délibéré, il le disait de même, en enseignant à penser à ses élèves avec la même décision imprévue et primesautière. D'un esprit très-libre en toute question qui relevait de la conscience, il faisait profession de spiritualisme, et en lui