XXXVI NOTICES
maladie du doute parcoure toutes ses phases, arrivée à son terme, les croyances morales ou religieuses, après s'être épurées et agrandies dans cette rude épreuve, passent par les degrés qu'avait parcourus le doute ; elles ressaisissent l'esprit et règlent déjà \a conduite, qu'elles n'ont pas encore reconquis les profondeurs de l'âme , et c'est dans ces profondeurs mêmes que s'allume l'enthousiasme des artistes. » (Revue française, tome VIII, page 72.)
Il n'y a là sans doute la profession d'aucun culte, mais un sentiment profond de l'idéal tourné en religion, et l'idée de Dieu inspiratrice des grandes œuvres. Doudan avait un véritable instinct de la dignité de l'âme humaine et de sa vocation immortelle. Tous ses écrits respirent cette piété philosophique. Il l'étend même jusqu'aux simples matières de goût, jusqu'à faire de Dieu un maître d'esthétique, jusqu'à dire : « Si l'humanité dépendait d'elle-même, il y a des siècles que c'en serait fait du bon sens ; mais une main plus forte qu'elle sait bien lui faire reprendre son niveau et rendre leur domination aux bons principes. Quand une troupe d'enfants s'arrête aux bords d'une fontaine, — dans leurs jeux, ils troublent ses eaux et chassent les oiseaux qui chantaient dans les arbres de ses bords. Le lendemain, la source a repris son limpide éclat. Elle réfléchit le soleil, et les oiseaux ont recommencé leur chants. »
Ces simples extraits peuvent donner, en passant, une idée juste du style de Doudan. Il y mettait beaucoup d'imagination ; il aimait les rapprochements tirés des phénomènes naturels ; le pittoresque l'atti-