NOTICE^. XXXIX
jeunes esprits, puisqu'il agissait ainsi sur les vieux. Personne ne comprenait mieux les délicatesses, les moralités, les misères respectables de l'éducation des âmes, et n'était plus capable de la pratiquer, dans le cercle des devoirs privés où il s'était volontairement renfermé, avec plus d'autorité et de succès.
De cette sujétion toute intime, il n'est sorti quelque temps que pour une autre sorte de dévouement, mais cette fois sur un théâtre plus ouvert aux regards du public, quand le duc de Broglie, nommé ministre des affaires étrangères, puis président du* conseil, l'appela à la direction politique de son cabinet. Ai-je besoin de dire que l'homme qui était consulté par tous ses amis, les plus éminenls comme les plus humbles, avait dû l'être aussi sur plus d'une affaire sérieuse par le duc de Broglie? Doudan ne s'en est jamais vanté; mais qui en doute? La confiance que lui témoigna ce grand esprit, pendant toute la durée d'un ministère de quatre ans, n*était que le juste retour d'une gratitude paternelle et d'une intelligente amitié. L'amitié du duc de Broglie, ce fut, pour Doudan, le grand bonheur de sa vie mortelle, comme ce sera l'honneur de sa mémoire.
Le meilleur des hommes dans les relations privées, le duc de Broglie, ministre des affaires étrangères, n'avait pas, à un très-haut degré, le don de la complaisance. N'est-ce pas lui qui avait écrit : « Qu'il fau- » drait inventer, si l'Angleterre n'en offrait pas déjà » le sage exemple, cette règle que le roi d'un pays » libre ne doit communiquer avec les ambassadeurs » étrangers que par l'entremise de son propre minis-