‹ Mélanges et lettresChapitre 36 sur 67 · XL NOTICES · texte numérisé non relu

XL NOTICES

» tre ; qu'en les admettant à sa table, en les recevant » à ses fêtes, il ne doit s'entretenir avec eux que sur » demande d'audience et en présence de son organe » officiel ; qu'il doit les écouter sans leur répondre » directement, et ne jamais leur permettre d'ouvrir la » bouche, devant lui, sur les affaires de son pays. » Ce que le duc de Broglie écrivait à la fin de sa vie, n'était qu'un souvenir de ce qu'il avait fait ou du moins voulu faire pendant le cours de son ministère. Il était grand patriote, fièrement Français, libéral à outrance à rencontre des gouvernements étrangers qui faisaient mine de contester la légalité du trône de Juillet; et dans ce débat entre les prétentions surannées des « pédants de chancellerie » et les justes droits du nouveau souverain de la France, il voulait, disaitil, « mettre les rieurs de son côté. » Malgré tout, on ne riait pas; les événements, en ce temps-là, étaient trop graves, et l'épigramme y avait moins de part que la gravité dans la conduite des affaires. Doudan seul peut-être, resté philosophe en présence de ces grands conflits, souriait au spectacle ou se retirait du bruit; — très-utile pourtant au chef respecté dont il avait les pouvoirs en plus d'une délicate entremise; nullement timide malgré sa douceur; ni important ni facile ; ni négligent ni affairé ; appliquant son esprit aux grandes questions du jour, les pénétrant de sa finesse, les débrouillant avec son bon sens, et justifiant, dans cette passagère épreuve de sa vie devenue publique, le mot de La Bruyère : « Il y a quelques rencontres dans la vie où la vérité et la simplicité sont le meilleur manège du monde... » Agir ainsi, sous un tel ministre,

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