‹ Mélanges et lettresChapitre 37 sur 67 · NOTICES · texte numérisé non relu

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avec un tel roi, dans ce généreux accord de loyauté réciproque et d'incontestable supériorité, c'était montrer autant d'honnêteté que de raison. C'était mériter non pas la gloire sans doute, qui a été le lot brillant des grands chefs d'emploi dans le drame politique des dix-huit ans, mais un juste renom. Doudan l'a manqué ou dédaigné.

Après son ministère de quatre ans (1832-1836) et jusqu'à la Révolution de février, le cœur brisé par une perte cruelle, le duc de Broglie parut se retirer entièrement des affaires publiques ; son influence y resta. L'ancien chef de son cabinet, devenu maître des requêtes, n'y voulut laisser que son souvenir. Il n'avait pas de vocation pour la politique active. L'action pour lui était dans le domaine des idées. In hoc movemur et sumus. C'était le monde où il aimait à vivre, et qu'il avait fini par préférer à tous les autres. Il y vivait, non pas en \ettré seulement ni même en philosophe de profession, mais en penseur sérieux et libre d'entraves, y mettant beaucoup du sien, s'attachant au vrai et au possible, rejetant toute abstraction stérile qui n'eût été qu'une complaisance égoïste pour sa propre pensée, et, pour marquer d'un trait sa disposition d'alors, très-peu attiré par les mirages de la philosophie historique qui menait grand train dans ce temps-là.

« Quant à ces grandes avenues, aujourd'hui solitaires, écrivait-il, où l'on prétend me montrer la route des nations, mes yeux fatigués n'y discernent rien ; pourquoi cette route plutôt qu'une autre?... Laissez-moi quitter ces plages tristes et désertes où je ne trouve signe de vie. Laissez-moi courir

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