XLII NOTICES
par ces champs où je vois des ruines magnifiques, d'humbles tertres, les débris d'un village abandonné ; j'aime mieux les vestiges de la plus petite chaumière autour d'Athènes; j'aime mieux les vers épars retrouvés par Fauriel dans les échos du Taygète que les restaurations les plus hardies des prétendus plans de la Providence... M. Villemain (car c'est de lui qu'il voulait parler) évite tous ces dangers de l'abstraction ; il suit la marche de l'histoire à la lueur certaine de la pensée de l'homme dans tous les siècles... En recherchant dans ce qui reste de chaque époque les empreintes du beau et du vrai, on comprend mieux le passé ; on échappe aux conclusions précipitées de la logique... Vous n'avez plus affaire, dans le monde littéraire , à ces forces infaillibles et irrésistibles qu'on nomme les lois de l'histoire. C'est l'Italie de Lucrèce et de Cicéron que vous retrouvez, la Grèce de Périclès, l'Angleterre de Shakespeare et d'Addison:
« Et jam summa procul villarum culmina fumant. »
C'est avec ce parti pris d'observation immédiate que Doudan, non sans y mettre un peu de malice sceptique à l'adresse des philosophes du jour, abordait l'étude de l'histoire. Dans la psychologie, l'esthétique et la littérature proprement dite, quoiqu'il fût volontiers subtil, il était plus large. La délicatesse de son esprit lui servait autant à pénétrer au fond des choses qu'à les définir avec précision et aies décrire avec justesse. Il était peut-être aussi, de tous nos condisciples amis de l'antiquité grecque et latine, celui qui s'était approprié avec le plus de passion persévérante, par une habitude presque quotidienne, les grands génies du passé, Homère, Platon, Virgile, Tacite, ses préfé-