‹ Mélanges et penséesChapitre 2 sur 13 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

force de les relever et de les faire tourner à notre honneur s’egt échappée de nous, et que le combat est devenu trop inégal avec le temps. Notre excellent maître a terminé sa vie sous le poids de cette injustice, et l’impression que le contre-coup nous en a laissée est aussi vive que le premier jour.

Il n'est cependant point de fardeau que n’allégent le plaisir des lettres et les jouissances de l’amitié, et, de ce côté du moins, M. Geruzez trouvait le bonheur égal et paisible qui convenait le mieux à sa nature. Il travaillait sans grande ardeur, sans échauffement et sans impatience, mais constamment et avec cette douceur persévérante qu’il portait partout. C’est pour lui que semble avoir été écrite cette charmante devise du chanoine Maucroix, qu’il a si bien peint dans ce volume même avec la sympathie involontaire que lui inspirait plus d’un trait de ressemblance : « Ombre, livres, petits repas consumeront ce qu’il plaira à Dieu qu’il me reste de vie, et un peu de griffonnage. » M. Geruzez était, en effet, comme Maucroix, supérieur à ses livres, et il ne lui

manquait, pour prendre son rang parmi les écrivains du

premier ordre, qu’un peu plus d’énergie et une soif plus vive delà renommée. Mais son spirituel griffonnage n’en sera pas moins conservé et dignement apprécié aussi longtemps qu’on aimera en France des idées justes et fines et des sentiments élevés, exprimés en bon français.

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