SUR UN ARRÊT RENDU PAR LA COUR DE CASS
dd la Divinité ; et , si je l'ose dire , prononcer légalement le meurtre de Dieu , puisqu'ils l'ont anéanti , autant qu'il était en eux , dans l'État. L'histoire remarquera ce contraste ; elle parlera de notre aveuglement et de nos criminelles folies : puisse-t- elle n'avoir pas à en raconter le châtiment !
Quoi qu'il en soit , nous pouvons aujourd'hui nous flatter d'être un peuple à part, un peuple tel qu'il n'en exista jamais de semblable. Sans religion publique, sans morale définie, nous sommes libres de cette liberté qui n'a de limites que l'échafaud ; car en ôtant Dieu de l'État , on a laissé le bourreau, véritable pouvoir d'une nation athée , où l'espérance ne croit qu'au plaisir , et la crainte qu'au glaive : encore , pour échapper à ce dernier pouvoir , les indépendans ont-ils la ressource du suicide. Je ne suis pas surpris que nous soyons si fiers de nos progrès ; ils sont immenses , en effet ; nous avons découvert l'illusion de tout ce que les peuples avaient jusqu'à présent regardé comme le principe de leur vie , et nous nous sommes emparés de la mort.