DE LA FACTION RÉVOLUTIONNAIRE
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^A yiolence des passions que depuis quatre ans la faiblesse a nourries , protégées , parcequ'elle n'osait les craindre ; les désordres , les fureurs , les assassinats, les conjurations, les efforts publics et secrets des factieux pour consommer une révolution déjà si avancée , ne sont pas ce qu'il y a de plus frappant dans le spectacle dont nous sommes témoins. Il est naturel que l'homme de crime veuille goûter le fruit de ses œuvres. S'il lui échappait , que lui resterait-il ? Tous les moyens lui sont égaux pour arriver à son but. Il intrigue , il complote, il tue, selon les circonstances. C'est l'ordre connu du mal , et jusque-là je ne vois aucun pi^ogj^ès de hunier es. Je ne m'étonne pas que des gens, pour qui Dieu n'est qu'un mot y aspirent à de nouveaux bouleversemens *, tant d'autres avant eux ont trouvé des trésors sous des ruines ! La voie est ouverte , ils y marchent , quelques-uns poussés par des souvenirs , tous attirés par des espérances. Et de quoi s'agit-il en eifet ? de tout ce qui peut irriter les désirs des passions j il s'agit de savoir qui régnera , qui pos-
SUR UN CARACTERE, ETC. 2"] l
séclera le pouvoir , les dignités , les charges , le sol même et nous le savons , voilà ce que convoitent les factieux. La révolution mourante leur légua la France ; l'Europe a cassé le testament ; ils combattent pour se mettre en possession de riiéritage qu'on a l'injustice de leur disputer.
Encore une fois, je ne vois rien d'extraordinaire en cela : le crime, tel qu'on le connaissait, sullit pour l'expliquer. IMais ce qui nous semble inouï dans l'histoire des peuples les plus dégradés , ce qui indique un degré de perversité intellectuelle , dont on n'avait encore nulle idée , c'est le concert de tout un parti et sa hardiesse dans le mensonge. Jamais on ne combina l'imposture avec plus de profondeur et moins de remords, jamais on ne la proféra solennellement avec plus d'audace. Dans les journaux et les pamphlets , dans les chambres , est-il un seul fait que la faction ne dénature selon ses intérêts? Que n'inventeelle pas tous les jours ? Calomnies , récits controuvés , rien ne lui coûte. On la dément , elle insulte et répète ses assertions. Si elle attaque , elle soutient que c'est elle qui est attaquée. Prise en flagrant délit de conspiration et de révolte , à l'instant même elle crie qu'on l'opprime , qu'il n'y a plus de liberté , de sûreté pour les défenseurs du peuple. En gS, au moins, les bourreaux ne se plaignaient pas d'être Victimes ; le crime parlait son langage , mais il parlait sans déguisement : on s'entendait dans la Convention. En