‹ MélangesChapitre 63 sur 80 · J!1 SUR UN CARACTERE · texte numérisé non relu

J!1 SUR UN CARACTERE

enfer même , on sait ce qui est vrai et ce qui est faux ; on ne nie pas la vérité , on la brave. Mais ce n'est pas assez pour les êtres pervers que la révolution nous a faits. Ils ont créé dans l'enfer un autre enfer plus profond , plus ténébreux , où aucune vérité ne pénètre. La parole n'éclaire plus, elle obscurcit : eWe parcourt la terre (i), disant au mal , tu es le bien , et au bien , tu es le mal. Les peuples écoutent , ils bésitent , et la raison publique affaiblie. ploie sous le poids de l'imposture.

Si ce genre de dépravation se propageait , si l'on ôtait au discours , avec sa conscience , le caractère de témoignage , il n'y aurait plus de société possible. Nulle certitude, nulle foi, mais un doute universel qui séparerait à jamais l'homme de l'homme. Toute pensée serait impénétrable , et tout esprit uîv, mystère , un abîme pour un autre esprit. Une nuit épaisse envelopperait de tous côtés l'intelligence , et , comme la parole de vérité a créé le monde , la parole de mensonge le détruirait.

(i) Lingua eorum transivit in terra, Ps.LXXii, 9.

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