‹ MélangesChapitre 10 sur 92 · QUI EST EN CRAINTE, QUELQUE CRAINTE QUE CE SOIT, NE PEUT ÊTRE HEUREUX · texte numérisé non relu

QUI EST EN CRAINTE, QUELQUE CRAINTE QUE CE SOIT, NE PEUT ÊTRE HEUREUX

Mais heureux sera celui qui, comme David l'a prophétisé au commencement de son premier psaume, n'aura point été du conseil des méchants rois ou tyrans, et qui ne se sera point arrêté à la voie, au but et au chemin du vulgaire ignorant, croyant et ayant la foi, et aussi qui n'aura pris charge, degré ou bénéfice dans les maisons de pestilence, blasphème et abomination.

ou LE FLÉAU DE LA FOI 29

Mais au lieu de telles ambitions ou ignorances, médite jour et nuit et contemple ce qu'il en est de 1 Eternel et de rhomme. Car l'homme est la connaissance, les commandemens ou la Loi, et il se trouvera être cette Loi, quand il recouvrera la raison, la justice, la vérité et la fraternité que Ion lui a fait perdre dès la mammelle par la crainte et par la peur de Dieu dont il a été nourri qui lui ôtent le discernement. On le repaît du « Credo » et de la foi, deux beaux échantillons pour être toute sa vie docteur de dame Ignorance ou de la Foi, au lieu de lui donner la sagesse et la connaissance de la vérité, par laquelle il jugerait combien on l'a induit en erreur, en lui inspirant la crainte et la peur de Dieu et aussi la vertu et la noblesse si on le destine aux armes. Mais qu'il mette la vertu et la noblesse en cette connaissance, ce savoir et ce discernement de ce cju'il en est de Dieu et de l'homme, et la crainte et la peur dans le fait de prendre et de manier les armes, il aura alors un commencement de sagesse et il y persévérera ayant la raison en la tête sans la chercher à son côté où est l'épée. Et la fraternité ou la justice et l'équité que les hommes se doivent naturellement les uns aux autres qui est en leur cœur se prouvera par leurs actes, au lieu d'être dans la bourse et dans leur bouche seulement (1).

(1) La plaquette de La Béatitude des Chrestiens... se termine ainsi : « A prenez par ma recher [ che. En la nourriture de ceste Girarde [ le Berruyer, Au nom de laquelle [ il s'y trouve [ De Bray Lerur Gerire [ et uny avec celluy du filz [ Lerre Geru vrey Fleo D. [La foy bygarrée. »

Voilà, on l'avouera, une doctrine séduisante à la portée de l'intelligence des masses. Sans être nouvelle, elle est, pour la première fois, présentée sous une forme brutale avec des conclusions singulièrement audacieuses, ne laissant supposer aucun ;grain de folie chez leur auteur, et qui pourraient être signées par les philosophes du XVIIP siècle. La haine du catholicisme, religion do l'Etat, y éclate à chaque ligne et le calvinisme, quoique traité avec plus de sympathie, y est mis sur le même pied. Geoffroy Vallée n'avait pas le sens des nuances !

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