‹ MélangesChapitre 4 sur 92 · LE VRAI CATHOLIQUE OU UNIVERSEL · texte numérisé non relu

LE VRAI CATHOLIQUE OU UNIVERSEL

J'ai ma volupté avec Dieu, En Dieu n'ai que repos.

L'homme n'a d'aise, de repos, de béatitude, de consolation et de félicité qu'en savoir (1), lequel naît d'intelligence et de connaissance, et alors la croyance lui en demeure — qu'il le veuille ou non — quand ce savoir la précède. Cette croyance-là s'appelle la « Croyance engendrée », car elle naît dans l'homme de son savoir et jamais on ne peut la lui enlever. Mais celui qui croit par la foi ou par la crainte et la peur qu'on lui fait peut s'écarter de sa croyance, en changer et s'en détourner s'il juge chose meilleure (sauf si cette grande crainte qu'il a ne le maintient dans cette croyance) et telle croyance s'appelle la « Croyance que l'on engendre » parce qu'un homme la fait naître chez un autre homme, soit en la présentant comme sa propre foi, soit en l'effrayant. Cette croyance-là est très méchante et très misérable ; d'elle, viennent tous les maux que nous avons eus jamais, qui ont été auparavant et qui seront ; elle est la source de toute abomination. Et l'homme par cette croyance-là est toujours entretenu et nourri en ignorance et est ainsi rendu grosse bête ; vécût-il mille ans en s'appuyant sur le grand et le petit « credo », ou sur telle croyance, il ne saura jamais rien.

Page 1