‹ MélangesChapitre 58 sur 92 · AUTEUR PRÉSUMÉ DES ÇTATRAINS DU DÉISTE · texte numérisé non relu

AUTEUR PRÉSUMÉ DES ÇTATRAINS DU DÉISTE

Nous n'avons pas besoin d'insister à nouveau sur l'importance des Quatrains du Déiste (i), la tentative la plus audacieuse qui ait été faite pour déchristianiser la France, et cela au moment où le libertinage battait son plein, à la veille même du procès de Théophile de Viau ; il serait donc très intéressant d'en découvrir l'auteur. Malheureusement, on en est réduit aux hypothèses.

Reconnaissons, cependant, qu'en donnant ces Quatrains à Claude Belurgey, on ne calomnie pas ce dernier ; le peu de détails recueillis sur sa vie suflit à expliquer, sinon à justifier, cette attribution. Le seul point qui motiverait quelque réserve à cet égard, c'est la date de sa mort. Elle paraît antérieure à ce que l'on sait de la propagande faite en 1622 pour répandre les Quatraiîis du Déiste ; mais il est possible que celle-ci ait commencé beaucoup plus tôt. Les Quatrains étaient un tel défi à l'Eglise et à la Royauté que les personnes qui les détenaient, sans même les communiquer, risquaient fort, au cas où elles auraient été dénoncées, de périr sur le bûcher; cette perspective devait en réduire considérablement le nombre !

Quoiqu'il en soit, voici d'abord la notice de Mercier de Saint-Léger sur Claude Belurgey, puis l'extrait dune lettre de

(1) Nous avons publié ces Quatrains dans le tome II du Procès du poète Théophile de Viau, Paris, 1909.

172 CLAUDE BELURGEY

Guy Patin à Ch. Spon (1) et, enfin, un curieux document provenant des Insinuations du Châtelet par lequel Belurgey verse aux Chartreux de Notre-Dame de Vauvert une somme de 4,800 livres tournois pour en recevoir une rente viagère de 400 livres tournois payables semestriellement. Le déiste, ou plutôt l'athée qu'était Belurgey, séparait nettement ses conceptions philosophiques de ses intérêts immédiats. S'il refusait toute valeur à l'idéal chrétien des Chartreux, il appréciait la richesse de leur Ordre et leur probité, et n'hésitait pas à se reposer entièrement sur eux du soin d'assurer le côté matériel de son existence.

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