‹ MélangesChapitre 68 sur 92 · PAUL LA.CROIX ET CYRANO DE BERGERAC · texte numérisé non relu

PAUL LA.CROIX ET CYRANO DE BERGERAC

dent de ne pas nous fier au témoignage de Marolles. Nous nous décidons à l'écarter, c'était cependant le seul vraiment sérieux produit par P. Lacroix.

L'erreur de P. Lacroix sur l'édition originale de Cyrano vers 1650 n'avait nulle importance, nous l'aurions rectifiée sans citer son nom, mais le commentaire dont il a entouré la bibliographie des Œuvres de Cyrano a fait son chemin et celui-là on ne peut le passer sous silence. Il a convaincu nombre de personnes que l'anéantissement des ouvrages de Cyrano a été poursuivi de son vivant, au lendemain de sa mort et pendant cent cinquante ans par des hommes noirs formant une société secrète : La Confrérie de l'Index. Le morceau de P. Lacroix a trop d'allure, il est trop dans les traditions voltairiennes pour ne pas mériter les honneurs de la reproduction et... de la mise au point. Evidemment, le jour où le spirituel bibliothécaire de l'Arsenal l'a écrit, il avait sur sa table le roman d'Eugène Sue, Le Juif errant et les Chansons de Déranger:

Les œuvres de Cyrano de Bergerac ont été imprimées au moins douze fois, sans compter les éditions partielles, qui sont nombreuses ; et cependant on peut les ranger parmi les livres qui, sans être rares, ne se rencontrent pas souvent dans le commerce de la librairie et qui manquent presque toujours dans les grandes bibliothèques. Pourquoi ces éditions ont-elles disparu ? Sont-elles allées pourrir sur les quais et tomber en pâte sous le pilon? Non, certainement, car elles n'ont jamais été décriées et négligées ; jamais l'acheteur ne leur a fait défaut et leur prix vénal s'est maintenu toujours à un taux honnête, sinon élevé. L'auteur est connu, l'ouvrage est estimé, mais le livre a disparu.

Nous sommes convaincu que jusqu'à l'époque de la Révolution de 89, les éditions de Cyrano de Bergerac ont été détruites systématiquement par les soins infatigables de la mystérieuse Confrérie de l'Index. Cette confrérie, qui faisait une guerre sourde et terrible aux ouvrages des philosophes et des libres penseurs, qu'elle avait marqués du sceau de l'athéisme ou de l'impiété, se recrutait parmi les laïques comme parmi les ecclésiastiques ; ses instruments les plus actifs et les plus redoutables étaient les confesseurs in extremis et les syndics de la Librairie. Dès qu'un homme connu par ses opinions hardies en matière de religion et

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