‹ MélangesChapitre 71 sur 92 · PAUL LACROIX ET CYRANO DE BERGERAC · texte numérisé non relu

PAUL LACROIX ET CYRANO DE BERGERAC

de Cyrano (éditions de 1676 (1), 1681, 1699, 1703, etc., etc.) dans 85 bibliothèques, alors que Théophile, autre libertin, figure pour 66 exemplaires dans 57 bibliothèques et Saint-Amant, bon goinfre mais pas du tout irréligieux, n'est représenté que par 35 exemplaires dans 31 bibliothèques !

Et dire que le « bon Gros » a eu au moins autant, sinon plus, d'éditions que le pauvre Cyrano.

Nous nous garderons d'insister.... pour la mémoire de Saint-Amant !

Ce n'est pas que P. Lacroix ait eu tort d'affirmer la rareté, relative d'ailleurs, des Oîiwres de Cyrano. S'il en avait cherché la cause sans parti pris, il l'aurait trouvée dans le siècle et demi qui pesait sur ces malheureux bouquins ; ils ne sont, en effet, ni plus, ni moins rares que les 99/100* des livres édités au xvii' siècle. Dans cinquante ans, il sera plus facile de rencontrer des incunables et des éditions de nos grands écrivains du XVI* siècle que celles de nos minores du xvii* siècle. Les premiers, recherchés depuis longtemps, sont par leurs prix élevés sauvés du naufrage, les seconds n'ont jamais eu que de rares amateurs dont les collections trop modestes ne peuvent affronter les salles de l'hôtel Drouot. Ils vont, la plupart du temps, dans les boîtes des quais, ou se dispersent, par les catalogues des libraires, aux quatre coins de la France avec la certitude de finir tôt ou tard en cornets de papier.

(1) Les catalogues de la librairie Durel publiés de 1906 à 1912 ont offert des éditions des Œuvres de Cyrano de 1G54, 1661, 1663, etc.; elles étaient moins recherchées nu xviii* siècle parce qu'elles sont moins complètes que les éditions postérieures.

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