LIGNIÈRES ET SON BEAU-FRERE TROUILIART
présenta des vers au Grand Condé. Le vainqueur de Rocroi aimait les jeux d'esprit. Il pria, en 1672, Louchault, qui venait le voir une fois chaque année, d'écrire à Bourdelot ; lettres et réponses lui devaient être communiquées. Il est resté de ce petit duel poétique une plaquette imprimée aux frais de Louchault et distribuée à ses amis : Combats d'Esprit, s. L, 1701. Elle comprend : un sonnet, des stances et une épigramme adressée à Condé, quatre lettres en prose et vers avec réponses envoyées à Bourdelot, une lettre en vers de Lignières au prince de Condé avec réponse en vers de Louchault. D'après M. E. Magne, Louchault a encore fait imprimer une épître en vers à l'évêque de Senlis, s. 1., 1701.
En dehors de la lettre ci-dessus de Lignières, nous avons une épître de lui au Grand Condé. C'était un mauvais tour qu'il jouait à son beau-frère Trouillart, une occasion qu'il faisait naître de le ridiculiser au yeux du Prince. On n'est pas plus cruel :
Condé, dont chacun dil du bien, Lignières, ce fameux vaurien, Ose le faire une prière Pour son gros coquin de beau-frère.
Lequel est seigneur de Baron :
Or cet homme pesant et rond Est très mal propre pour la chasse ; Permets que l'on chasse à sa place, Magnanime Prince, j'entends Que ce soit quelqu'un de ses gens.
A la requête de Lignière, Par une bonté singulière, Souffre qu'un bon gros scélérat, Et très mal-adroit Gentilhomme Qui n'a jamais chassé qu'au plat, Et qui d'ailleurs n'est pas un fat, Par l'aide de ses gens assomme Lièvre, Lapin, Caille ou Perdrix, Et quelque autre Gibier de prix; Car si cet homme à large face Ne mangeoit que ce que sa main Auroit fait mourir à la chasse, Généreux Prince, il est certain