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OU RENCÉ, FILLE NATURELLE DE DES BARREAUX

Le sentiment de la paternité n'existait guère chez L'Illustre Débauché., et il semble s'être peu préoccupé de sa progéniture. Même dans les dernières années de sa vie, sa conduite n'avait subi aucune modification sérieuse, le djable ne s'était fait ermite qu'en apparence : Boursault, en 1667, lui rappelle « la mort d'une malheureuse femme, l'opprobre de son siècle, qui laisse des enfants (de Des Barreau.x) héritiers de son infamie.

Vers 1618, Des Barreaux avait eu, de ses relations avec une demoiselle Rençay ou Rancé, une fille dont sa pieuse mère s'était occupée. Le 13 juin 1640, Barbe Dolu versait à Longny, dans l'étude de Pierre Beuzelin, notaire, à Marie de Pommereul de Moulin-Chapel, supérieure du monastère de Saint-Sauveur de Longny, assistée de ses religieuses, la somme de 2.400 livres tournois pour la dot de Marie Rençay, appelée de Sainl-Charles, et 200 livres tournois pour la pension de la dite sœur, à commencer du 1'"' octobre 1638, date à laquelle elle était entrée dans le couvent de Longny. Marie Rençay devait être reçue, le lendemain, en qualité de fille de chœur (1).

Après la mort de Barbe Dolu, la sœur de Des Barreaux : la bonne et charitable Marie Vallée, femme de Pierre Viole, seigneur de Guermante, président en la Cour de Parlement de

(1) La Vie et les Poésies Libertines de Des Barreaux, 1911, p. 180; le texte de la donation de Barbe Dolu se lit à la page 287.

Paris, n'avait pas perdu de vue Marie Rençay. En 1660, elle s'engageait à verser pour elle une pension annuelle de 200 livres tournois. Mais le monastère de Saint-Sauveur de Longny, de l'ordre de Saint-Benoist, n'avait pas prospéré. La communauté s'étant dissoute, les religieuses qui la composaient se retirèrent dans différentes maisons. Marie Rençay ou Rencé, dite Sœur Saint-Charles, avait choisi le couvent des religieuses hospitalières de la Miséricorde de Jésus, établi au village de Gentilly, près Paris. Deux ans après la mort de Des Barreaux, elle s'adressa à Marie Vallée, lui demandant de bien vouloir lui continuer ses « charités et bienveillance ». Celle-ci répondit à son appel ; le 13 février 1675, elle signait à Gentilly, au principal parloir des dames religieuses de la Miséricorde de Jésus, un contrat par lequel elle s'obligeait à verser une somme de 1.000 livres une fois payée, et une pension viagère de 250 livres par an, soit 50 livres de plus que celle de l'engagement de 1660, pour la nourriture et l'entretien de Marie Rençay, tant qu'elle resterait à Gentilly. Ces conditions étaient acceptées par dame Marguerite Du Val de Sainte-Gertrude, sœur Marie de Sainte- Catherine, Marie de Tours Sainte-Françoise, Marie de Sainte- Gertrude, Marie de la Résurrection, Catherine Lemoyne dicte de Saint-Joseph, et Françoise dicte de Saint-Jean, religieuses professes.

Nous ignorons si Marie Rençay a fini ses jours à Gentilly. EIL n'avait, en 1675, que cinquante-huit ans environ.

Pardevant les Notaires gardenottes du Roy au Ghastelet de Paris soubzsignez, fut présente dame Marie Vallée, veufve de deffunct Messire Pierre Violle, Chevalier, Seig"" de Guermante, Conseiller du Roy en ses Conseils, Président en sa Cour de Parlement de Paris, demeurante rue de Beautreillis, paroisse Saint-Paul, Laquelle sur ce que la Mère Marie de Rencé, dite de Saint-Charles, Religieuse proffesse de l'Abbave de Longny au Perche, de l'Ordre de Saint-Benoist, d'où elle est sortye depuis plusieurs années à cause que ladite maison est ruinée, et les religieuses composant la Communauté de ladite maison s'eslant retirées en d'autres maisons de Religieuses ou de Communauté, luy avoient tesraoigné le désir de se retirer dans la Maison et la Communauté des Religieuses hospitalières de la Miséricorde de Jésus, estably au village de Gentilly près Paris où elle est demeurante depuis quelque temps en leur payant sa pension et à cette fin supplye la dite dame Présidente de Violle de luy

vouloir continuer ses charités et bienveillances, à quoy ycelle dame inclinant et pour donner lieu à la dicte mère dicte de Saint-Charles de vivre plus commodément le reste de ses jours, elle se serait adressée à la Révérende mère supérieure dudit Couvent de Gentilly qui est dame Marguerite du Val de Saincte-Gertrude et sœurs Marie de Saincte-Catherine, Marie de Tours Saincte-Françoise, Marie de Saincte-Gertrude, Marie de la Résurrection, Catherine Lemoyne dicte de Sainct-Joseph et Françoise dicte de St Jean, toutes religieuses professes de ladite Maison et Coramunauté de la Miséricorde de Jésus establye à Gentilly auxquelles elle avait proposé de leur payer et fournir à une fois la somme de mil livres qui demeurera au profit dudit Couvent et outre ce une pension de deux cens cinquante livres par an la vie durant de ladicte sœur de Saint-Charles dont il y en a deux cens livres que ladite dame présidente luy a par cy

devant données par contrat passé par devant — et Gaultier, notaire le

de mil six cens soixante, et cinquante livres de pension aussi par chacun

an la vie durant de ladite sœur que ladite dame présidente lui créera et augmentera, laquelle pension sera payable par la dite dame auxdites dames religieuses tant que ladite sœur de Saint-Charles vivra ou qu'elle sera demeurante en ladite maison et Communauté. Ce qu'ayant esté ainsy représenté auxdites dames religieuses, et par elles considéré que la dite proposition et offres de ladite dame Présidente estoient avantageuses pour leur dite Communauté, icelle dame Présidente a présentement et en la présence desdits Notaires soubzsignez payé et deslivré en espèces d'or et d'argent et monnayées, le tout bon auxdites dames supérieure et religieuses lesquelles pour ce présentement ont confessé avoir reçu d'elle ladite somme de mil livres dont quittance. Et outre cela ladite dame présidente Violle a, par ces présentes, créé, donné, promis et promet garantir, fournir et faire valloir à ladite sœur de Saint-Charles aussi pour ce présente et acceptante, outre les dites deux cens livres cy dessus mentionnez, cinquante livres de rente et pension la vie durant de ladite sœur à commencer d'avoir cours de ce jourdhuy qui sera payable par chacun an, de quartier en quartier, la vie durant de ladite sœur et, après son décès arrivé, estre lesdites cinquante livres de pension aussy bien que les deux cens livres cy dessus estaintes et admortyes, laquelle sœur de Sainct-Charles reconnoist que ladite Dame Présidente l'a payée et satisfaite jusques à ce jour des arrérages eschus du passé desdites deux cens livres de pension et moyennant lesquelles mil livres ainsy payées et pension cy dessus qui sera prise et touchée par lesdites dames religieuses, elle et ses meubles et ont promis par ces présentes de nourrir et entretenir ladite sœur de Saint-Charles en santé et maladye en leur dite Maison et Communauté, de mesmes que les autres religieuses de chœur, suivant les règles de leur institut, et où lesdites dames Religieuses viendroient cy après à donner congé à ladite sœur de Saint- Charles et qu'elles désirassent de ne la plus avoir en leur maison ou bien qu'elles ne satisfassent pas à ce que dessus, elles seroient tenues comme

elles promettent par les présentes de rendre lesdites mil livres par elles présentement touchées à la maison religieuse et de Communauté de filles où ladite sœur se sera retirée, à laquelle ladite somme audit cas appartiendra et lesdites deux cens livres de pension d'une part, et cinquante livres aussi de pension d'autre part, seront dès le mesme jour de ladite sortye payées comme au semblable. Sy ladite sœur vouloit se retirer de ladite Maison et Couvent de Gentilly sans aucune raison bien esprouvée de personnes pieuses ladite somme de mil livres demeurera au proffit dudit Couvent de Gentilly sans que ladite sœur ny autres personnes puissent prétendre aucune chose, mais lesdites deux cens cinquante livres de pension la suivront en quelque maison qu'elle puisse estre, quelque raison qu'on puisse alléguer, consentant ladite dame Présidente Violle, que ces présentes soient insinuées où besoin sera, à l'effet de quoi ycelle constitua son procureur le porteur luy en donnant pouvoir. Ce fait en présence de M* François Yinot, prestre, docteur en théologie, et approuvé desdites dames religieuses de Gentilly et pour l'exécution des présentes les partyes élizent leur domicilie irrévocable, sçavoir, ladite dame Présidente en la maison où elle demeure sus-déclarée et lesdites Dames religieuses en leur maison et couvent audit Gentilly, auxquels lieux, etc. , nonobstant, etc., promettant, obligeant, etc.

Fait et passé à Gentilly au principal parloir desdites dames religieuses le vingt-troisiesme febvrier après midy mil six cens soixante-quinze et ont signé la minute des présentes demeurée à Gaultier, notaire, signé Gaudion et Gaultier.

Et le septiesme juillet audit an 1675 est comparue par devant lesdits notaires soubsignez ladite Marie Vallée, veufve dudit feu Président Violle dénommée au contract cy dessus. Laquelle a déclaré que par inadvertance il a esté obmis de faire insinuer ledit contract dans le temps de l'ordonnance et voullant ladite dame que ledit contrat aye lieu, a d'abondant consenty qu'il soit insinué au greffe des insinuations du Chastelet de Paris et ailleurs où il appartiendra dont elle a requis acte à elle octroyé es estudes desdits notaires soubsignez et a signé la minute des présentes estant en marge de celles dudit contrat, le tout demeuré audit Gaultier, notaire, signé Le Roy et Gaultier.

Insinué le 9 juillet 1675. (Vol. CXLV des Insinuations du Cliàtelet, Y 230, f. 94^. Archives nationales.)

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