AUX CATACOMBES
Larmes de la terre, vous semblez n'être point l'expression de b douteur, mais celle d'une joie terrible « siJaideuse» implacable. Cavernes éploréesi retenezvous donc votre proie avec délices, pour ne la rendre jamais à la cbaleor do soleil 7 Mais non I ou est frappé d'uo autre sentiment en parcourant à Ja lueur des tor-ches les funèbres galeries des carrières qui ont fourni à la capkale ses matériaux de construction. La vlUe sou«- Isrraiiie a livré ses entrailles au monde des vivants , et» en nstour^ Ja cité vivante a donné ses ossements à la terre dont elle est sortie. Les bras qui creusèrent le roc reposent oiaiateoant sous les oyptes profondes qu'ils baignèrent de leurs sueurs. L'éternel suintement des parois gbcées retombe en lanaes intarissables sur les débris haiDaiB& Gybèle en pleurs presse ses enfants morts sur son sein glacé, tandis que ses fortes épaules sapportenl avec palJeiice le fardeau des tours, le vol des chars eC le tr^ign^nent des armées , les iniquités et les grandeurs de l'homme • le brigand qui se glisse dans i'oniiNre et le juste qui marche à la lumière du jour. Mère infatigable » inépuisable nourrice, elle donne la vie à ceux-ci, le rqios à ceux-là; elle alimente et protège , eUe livre ses mamelles fécondes à ceux qui s'é* veiUeat, elle ouvre ses flancs {deins d'amour et de pitié ^ ceux qui s'endorment
Homme d'un jour, pourquoi tantd'efiirçi k l'approche dttsoûr? Enfant pollrmi, pourquoi tressaillir en pénétrant sous les voûtes du tombeau? Ne dormiras-tu pas en paix sous l'aisseUe de ta mère 7 £t ces montagnes d'ossements ne te feront-elles pas une place assez large pour t'asseoir dans l'oubli, suprême asile de la douleur? Si tu n'es que poussière , vois comme la poussière est paisible, vois comme la cendre humaine aspire à se