UNE VISITE AUX CATACOMBES
mêler à la cendre régénératrice du monde ! Plenres-ta sur le tronc du vieux chêne abattu dans Forage, sar le feuillage desséché du jeune palmier que le vent embrasé du sud a touché de son aile? Non , car tu vois la soudie antique reverdir au premier souffle du printemps , et le pollen du jeune palmier , porté par le même vent de mort qui frappa la tige , donner la semence de vie au calice de l'arbre voisin. Soulève sans horreur ce Vieux crâne dont la pesanteur accuse la fatigue d'une longue vie* A quelques pieds au-dessus du sépulcre où ce cadavre d'aïeul est enfoui , de beaux enfants grandissent et folâtrent dans quelque jardin paré des plus belles fleurs de la saison. Encore quelques années , et celte génération nouvelle viendra se coucher sur les membres affaissés de ses pères. Et pour tous la paix du tombeau sera profonde, et toujours la caverne humide travaillera à la dissolution de ses squelettes. Bouche immense , avide , incessamment occupée à ,broyer la poussière humaine , à communier pour ainsi dire avec sa propre substance, afin de reconstituer la vie , de la retremper dans ses sources inconnues et de la reproduire à sa surface , fai*^ sant sortir ainsi le mouvement du repos, l'harmonie du silence , l'espérance de la désolation. Vie et mort, indissoluble fraternité, union sublime, pourquoi représeu" teriez-vous pour l'honmie le désir et l'effroi , la jouis* sance et l'horreur ? Loi divine, mystère ineffable, quand même tu ne te révélerais que par l'auguste et merveilleux spectacle de la matière assoupie et de la matière renaissante, tu serais encore Dieu, esprit, lumière et bienfait.
FJN.