‹ MelangesChapitre 39 sur 51 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

JULIE, sente.

Oh ! je l'ai bu tous les jours de la vie, ce calice amer ! et ce bonheur , que par une odieuse ironie le monde feint de m'envier, est un poison qui me dévore ! O tortures de l'orgueil brisé ! O soif de vengeance qu'une lâche terreur enchaîne ! je finirai par t'assouvir ! C'est trop souffrir , c'est trop sacrifier à la fausse gloire d'un semblant de bonheur et de vertu ! Je veux une fois dans ma vie connaître l'ivresse des passions, et me venger, dans l'ombre et le mystère, des outrages que je reçois dans le secret de ma vie domestique. George ! tu m'aimes,

294 LES MfSSISSiPIEKS.

je n'en puis douter I Par une intention bizarre de la destinée, tu ressembles au premier, au seul homme qm j'aie osé aimer! C'est toi qui vengeras le chevalier! Puisque c'est la seule r(^*présaille que |a femma puisse exercer contre la tyrannie de l'homme, j'en goûterai le plaisir terrible ! George Freemann , je veux t'aimer ! et il me semble que je t'aime déjà.

UN DOMESTIQUE , annonçant, M. George Freeman.

JULIE , à part.

iihl pieu le veut!

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