‹ MélangesChapitre 7 sur 27 · EN 18S · texte numérisé non relu

EN 18S

Je me décide i reproduire ici la pétition qoe j^adressai aux chambres en i838, comme prewre a Tappui de ce ^ae j^ai dit du gouvcroemeiit de France, lorsque j^ai examiné les instituCiops imlitaires de ce pays dans leur rapport itvec ses îoatitutions politiques et ayee «es instkutioos civiles , dans le chapitre x de ma Philosophie de la Guerre.

Cette pétition , relative à une proposition si grave, dont Tadoption pouvait avoir une si grande influence sur Ilav^nir de la France , fut repoussée par Tordre du jour à la chambre des pairs, où Ton comptait tant d^anciens militaires, dont un bon nombre avaient débuté par être soldats , et cela sans qu^aucun des membres de cette chambre prit la parole pour Fappuyer. Elle éprouva le même sort à la chambre des députés , où il sv^élève de si grandes discussions quandles intérêts des chefs decoteries se trouvent engagés , ou que Fexistehce des monopoles est

menacée. De tels feits disparaissent bientôt noyés daDs ce torrent de paroles oiseuses et d^écrits verbeux dont nous sommes inondés. Celui-ci, consi&nié dans ce volume , survivra.

« Un décret impérial, du S ma^s iSii, affecte diveFf^ empl(Ms civils aux militaires admis à Ig retraite ou rér fi)nnés pour cause d'infirmités ou de blessures. Ce dér cret ne fot çxécuté qu!incopiplètament aja mUieu de cep guerres terribles qui précédèrent la chute de i'e|npire j et depuis , quoiqu'il n'ait été abrogé par aucune loi, il n'en a pas été plus question que s'il n'existait point.

» U serait sans doute |uste et utile de mç^tre ce décret à exécution ; mais il me semble que la situajtioa <^t l'intérêt 4^ la France réclament une i^esure plu^ large.

» J'exprimerai donc le vœu qu'il soit proposé une }Qi qui dispose d'une partie des emplois ciy'ûs .que les mi- Aiiaires sont ^ptes à remplir , eu faveur d^ ceu^ .qp auront servi un nombre d'années déteroj^îné } ainsi , pax exejpiple , que cela se pratique en Prus.se. h we permettrai d'éno^ncer rapidement des avantages qui vé^teràient d*une .telle loi.

» On fixerait sous les drapeaux quelque soldats $t t^^on nfl^re de sous-offiqiers , .tandis que tous y pour ainsi dire, ^es quittent, après avoir fait ieur lems, p/>9r rentrer d^ns leurs .foyers : on obtiendrait donc un corps re^ectable de sous-officiers , résultat immense , Cfir les sotts-ûffioiers sont J'ame des régimens.

» «On augmenterait le nombire des sujets parnûA^^ quels on peut qhoîs^r pour des einplpis d'officiers j et l'on diminuerait pourtant la concurrence.

» On ouvrimit un débouché aiii hoiiimé& qui ne se «entent point la vocation des armes, et qui restent pourtant au service , parce que c'est leur seul moyen d'existence.

» On donnerait de l'activité à l'avancement si lent en tems de paix , et l'on pourrait alors espérer dé conserver sous les drapeaux quelques officiers jouissant d'une fortune indépendante ; résultat insignifiant sous le rapport militaire , mais fort important sous le point de vue politique.

» On rajeunirait le corps d'officiers , et l'on donnerait de la maturité au corps des sous-officiers.

» On augmenterait la considération attachée à la carrière des armes.

» On rattacherait l'armée à la chose publique par de nouveaux liens.

» On établirait une sorte de confraternité ^itre les services militaires et les services civils, au lieu d'un esprit de jalousie et de rivalité.

» On diminuerait les dépenses de l'état pour le paiement des retraites , ce qui serait fort important , puisque les questions de finances dominent actuellement toutes les autres questions.

» Que si l'on prétendait que je sollicite un privilège en faveur des militaires , je répondrais que tous les Français sont astreints au service militaire , et qu'une préférence en faveur de ceux qui n'ont pu se laire remplacer ou qui se sont consacrés à la carrière des armes , quand elle ne présenterait point les avantages incontestables que j'ai énumérés, me paraîtrait un acte de justice. »

DES CHANGËMËNS

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