‹ Mélanges Godefroid KurthChapitre 82 sur 91 · M. II. H · texte numérisé non relu

M. II. H

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nosiri Jesu Christi) présente un earactère plus archaïque que celle de la seconde (//? nomine sancte et indivichie Trinitatis, amen). Elle correspond à peu près à la formule en usage dans beaucoup de diplômes du IX"^ et du X'' siècles ('). Elle est plus courte — ce qui s'accorde avec le caractère sommaire de la notice à laquelle elle sert d'introduction. Quant aux invocations qui se trouvent en tète des deux autres documents, elles sont pour ainsi dire identiques à celles en usage dans la grande majorité des chancelleries brabançonnes au XIP siècle (-). Ce qui les différencie quelque peu de celles-ci, c'est l'adjonction du mot amen, que l'on rencontre assez rarement dans les sources diplomatiques de l'époque.

L'examen des formules finales' permet également de constater que les rédacteurs des documents en question se. sont conformés aux règles diplomatiques. Les clauses comminatoires qui terminent les deux notices suffiraient à prouver, si l'on ne pouvait le faire autrement, qu'elles sont antéi-ieures au troisième document. Elles sont de règle dans les actes émanés d'autorités ecclésiastiques, comme c'est le cas pour ces deux notices scellées du sceau du chapitre de Saint-Pierre de Louvain. Les mots fiat, fiat, amen, qui terminent la première notice, se rencontrent assez souvent dans les documents de l'espèce dans la première moitié du XII'-' siècle (^). D'autre part, la corroboration qui figure dans le troisième document est analogue à celles des chartes brabançonnes de la seconde moitié du XII*^ siècle.

La disposition des formules ne présente pas de particularités sauf dans le troisième document : la narration y précède la suscription, et eu outre le titre du concédant n'est pas précédé de la formule de dévotion {Dei gratia) que l'on trouve dans la plupart des chartes contemporaines. Je ne pense pas cependant que ces deux anomalies suffisent pour mettre en doute l'authenticité de cette pièce (').

(1; Erbeii-Schmitz-Redlich, Urkiiiidenlehre, p. 807.

(2j Voyez iiotammeiit les cartulaires d'AlTlighem, Parc, Villers, etc.

(^) Une charte de Fulgence, abbé d'Afflighem, datant de 110G-1121, se termine également ])ar les mots : fini, fiai, fiat. (Carliihiire d'Affligliem. j). 82, dans Annlecles pour servir à VJii.tl. ecclésiasliqae, 2'' section, (lei)uis 1904.)

(•>) On trouve d'ailleurs des exemi)les de chartes de Henri I'"'' où manque la lormule de dévotion : voyez une charte d'août 121 (i {Cnrlulairc d'Afflig-hem, 1). 871).

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La date manque dans les trois pièces que nous examinons, mais cette omission, qui n'est pas rare au XIP siècle, ne permet pas de suspecter l'authenticité de ces- documents. Leur style et leur langue pi'ésentent' tous les caractères de l'époque où ils ont été écrits. 11 est à remarquei- notamment que la première notice désigne Louvain par le mot uilla et non oppidum, car cette localité présentait alors un aspect encore rural. En outre, l'ortliograplie des noms de lieux al'fecte dans cette pièce un caractère archaïque : ou lit en effet Warscebeke, Audenroth, etc.

Les témoins et les personnes cités dans les différents documents l)ermettent d'établir approximativement la date de leur l'édaction. La première notice est sans doute antérieure à 1140, année de la mort du duc Godefroid I' ' , qui y est nommé. Elle est en tout cas postérieure à ii3i, année où le prévôt de >Saint-Pieri'e est encore 'Siger, le prédécesseur de Henri, mentionné dans cette notice (^).

Le seconde notice date également de la fir. du règne de Godefroid I''" (t Ii4<>) et pourrait bien être antérieure a ii36, parce que le fils de ce prince, associé au gouvernement depuis cette époque, n'est pas cité dans ce document. Le terminus a (juo est aussi ii3i ; le prévôt lleni-i, figurant comme témoin, n'a occupé cette dignité — comme ou vient de le voir — qu'après cette date ('-).

Enfin la charte qui est publiée à la suite des deux notices, émane de Henri I" ' , « duo) de Brabant, et n'a par conséquent pu être i-édigée qu'après 1190, année où ce prince a acquis cette dignité (■'). D'autre part, parmi les témoins figure le doyen Reymarus, qui a succédé au do3'en Pierre après 1189 (■') et qui n'ai)paraît plus après IT98, année où son successeur Ifeuri est mentionné dans une charte ("'). Il ne sera possible de déterminer d'une fa^'on plus précise la date de cette charte que loi'sque de nouveaux cartulaires auront été publiés et que l'on aura pu établir ainsi des listes des dignitaires de l'église Saint-Pierre.

(') Voyez p. 1 17, 11. 1 1 .

(-') A. ^Vauters, Table chronolog^iqito des chartes et diplômes imprimés, 1. VII, pp. laaO et i2.'55, a (hi(o ces deux iioUces respcctivenieiit <le 1095- 1 1 1 et io()5-i i.'5<).

( 'j A. 'W'aulers, Table chronologique des chartes et diplômes imprimés, t. VII, 1). 4'*>; avait daté cette cliarte d'environ ii9<). (') Moliuius. Ilistoriae Lovaniensium libri XIV, iSi). ('•) \'oyt'/. 1). 121 , n. .'{.

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Les trois documents que je viens d'examiner n'ont pas seulement un intérêt local : outre les détails qu'ils fournissent sur les origines de l'hôpital de Louvain, les donations qui lui ont été faites, la propriété urbaine et les institutions de la vieille cité brabançonne, on y trouve des renseignements précieux sur des localités environnantes et des j)ersonnages étrangers à la ville ; ils contiennent des faits intéressant une grande partie du Brabant, notamment en ce qui concerne sa géographie historique. Comme ils ont pour ainsi dire la valeur de pièces inédites, je crois utile de les reproduire avec l'appareil critique nécessaire, en attendant qu'ils puissent figurer dans un cartulaire de la ville de Louvain.

Avant 1140. — Notice rappelant les donations faites à l'hôpital de Lonvain depuis sa fondation sons le règne du comte Henri III de Louvain {lo'^cj-iotf)).

Iini)i'iinée dans Septem Tribus patriciae Lovaiiienses, edilio emeiidalior et auctiar ii.s(jiie ad annum lyotj.. Lovaiiii, Jacobs, 1754, p. 177. — L'éditeur a ajouté en tète de la notice ces mots : Copia dijjlomatis erectionis hospitalis Louaniensis sine anno et die, cujus originale ilndem exstat; videtur esse circa 1080: à la suite de cette notice, il a écrit : Sig-illatum 'magno sigillo rejiraesentante Dimim Petrum in Cathedra. L'original était donc ])Ourvu diz sceau du clia])itre de Haint-Pierre.

In nomine Domini nostri Jesu Christi ('). Constructum est sanctum hospitale in Lovanio super terrain domni Alardi pincerne, annuente Ileynrico, filio suo, pro se et omnibus antecessoribus suis et saccessoribtis, concedente et annuente domno Hcynrico, tune comité, et fratre suo Godefrido, et ad hoc ampliaudum multum laboravit frater Herywardus per se et per meliores Itujus ville. Primi post hec Eustacius, Raynerus, Seherus, Franco, germani fratres et nobiles, providentes sibi et sj)em habentes in Deum, terram que dicitur cognomine Audenroth ('") in Pellenberg tradiderunt pej' manum domni Godefridi, tune ducis etcomitis, in hos-

La i)onctuation du texte des Sejitem Tribus n'a ])as été observée, de même (jue l'orthographe en ce qui concerne les majuscules et les minuscules.

(-) Audenroth est ])robal)lement Ilaldertli = Ilauwaert, à 8 km. N.-]<]. de Pellenberg ou 12 km. N.-JO. de Louvain.

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