‹ Mélanges Godefroid KurthChapitre 86 sur 91 · M. II · texte numérisé non relu

M. II

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cliascun à deux chevaulx. Montans les dictes noef journées, parmy le voyaige de Guérard Jacob, l'un des messaigiers de ladicte ville qui les dits IX jours feut en la compaignie de nos dits depputtez, au pris de quinze solz tournois pour jour pour les despens de chascun homme et clieval, selon le taux acoustumé, à la somme de quatre vingts quatorse livres dix solz tournois.

Item ont les dits depputtez fait ou dit voyaige pour le bien, honneur et prouffit de la dicte ville, les mises extraordinaires dont la déclaracion s'ensuit.

Premiers tant pour ung soupper qu'ilz firent à Bouchain, à maistre Jehan de Chaumont, secrétaire du Roy, nostre sire, et son procureur sur le fait de ses aydes, qui estoit retourné de cesfe ville avec nos dits depputtez au dit lieu de Bouchain, comme pour le vin délivré à pluissieurs gens d'armes et estradeurs, qui depuis le dit lieu de Bouchain, conduirent nos dits depputez jusques à Arras, et pour autres gens de guerre qui dudit lieu d'Arras les conduisirent jusques à Cambray pour le seureté de leurs person-, nés, a esté paié, à diverses foix, cinq escuz et demy d'or.

Item aux fouriers du Roy, qui logèrent nos dits depputtez au dit lieu d'Arras, où ils ne savoient où recrouvrer logis, attendu le multitude du peuple qui lors y estoit, a esté donné pour leur vin, ung escu d'or.

Item aux huissiers et portiers de l'ostel du Roy, pour avoir ouverture et aller deuers ledit seigneur, leur feu pareillement donné pour leur vin, ung escu d'or.

Item aux serviteurs de maistre Olivier le Dain, cappittaine de Mulem, pour leur vin et sallaire de pluissieurs services et bonnes adresses qu'ilz firent à nosdits depputtez, deux escuz d'or.

Item pour la perte trouvée en XIX^ escuz au soleil, portez et délivrez avec les autrez deniers présentez au Roy, qui ne valloient par delà que ung unzain j)lus sur la pièche que les autrez escuz du viez coings et le massart de la ville les avoit comptez deux gros plus à le pièche comme il les avoit receus en vendant les rentes sur ladicte ville, a esté payé cinq escuz d'or.

Item pour les lettres en fourme de chartre et previllège touchant ledit estaple des vins, a esté paié dix seaulx montant chascun seel six escus, sont soixante escuz.

Item pour les lettres et seau d'unes aultrez lettres en fonrme de chartre contenant l'abolicion des fievez de ladicte ville, qui à cause

de leurs fiefs avoient esté coustume envoj^ez servir le feu duc de Bourgongne, a esté payé aultrez dix seaux, vaillant soixante escuz.

Item pour le seau des lettres contenant le don fait à ladicte ville des rentes qu'elle devoit aux estrangiers tenant parti contraire, a esté payé seize escuz.

Item pour le seau des lettres de quictance desdits XIII™ escuz, a esté paié deux escus et demy d'or.

Item pour les lettres de grâce de vendre rentes sur ladicte ville pour le recouvrement desdits XIII™ escuz, deux escuz et demy.

Item pour maistre Nicolies Gilles, secrétaire dudit seigneur, et pour les autrez compaignons qui labourèrent à l'expédicion desdictes lettres, quatorse escus.

Item aux clercs dudit maistre Jehan de Chaumont, pour le peine et sallaire d'avoir dilligamment escript et expédié partie desdictes lettres, et y esté occuppez une pleine nuytée, et avec ce fait dilligence de les avoir fait sceller à bon et raisonnable compte, a esté payé six escuz.

Item au dit maisti-e Olivier de Dain, adfin que doresenavant lui qui avoit grant familiarité et auctorité à la personne du Roy, nostre sire, voulzist en tout et partout estre bon timy à la ville et le aidier et secourir en ses affaires et nécessitez, et estre moyen que nosdits depputtez peussent parvenir aux fins où ilz tendoient pour le bien de ladicte ville, en quoy ledit maistre Olivier s'est desia grandement employé et s'y offert de emploier doresenavant, a esté donné par lesdits depputéz 111^ escus d'or au soleil, vaillant trois cens noef escuz et XXIIII gros.

Item pareillement an dit maistre Jehan de Chaumont, qui es bois de Vicongne, en allant avec nosdits depputtez, perdi ung paquet de tapjîisserie, qu'il avoit acheté au dit Pasquier Greuier('), feut par lesdits depputtez promis et offert que la ville le relèveroit de sa dicte perte, et que avec ce on l'aquicteroit vers ledit Pasquier de l'escuz d'or qu'on lui devoit, adfin que icellui de Chaumont qui avoit grand auctorité et prééminence à la court du Roy feist son rapport à icellui seigneur de Testât et disposicion de ladicte

(') Pasquier Grenier faisait im important négoce de tapisseries de liautelisse. — Cité en dernier lieu par Maurice Iloutart, dans son étude sur Jitcqiies Duret, peintre (ouriiaisieii au XV^ siècle (Toux'nai, 1907), p. ^i.

ville et se vouluist doreseiiavant employer au bien et prouffit d'icelle, ce que désia il a démonstré par effect, a esté paié, pour tout, cent et cinquante escuz d'or.

Item au dit Jehan Canonue, pour et en récompense d'un cheval qui lui moru ou dit voyaige faisant pour la ville, a esté ordonné lui estre paié vingt quatre solz de gros.

Toutes lesquelles parties, mises et joinctes ensamble, avec les journées dessus dictes, ont monté et montent à la somme de douze cens quatre vingts huit livres tournois.

Et nous voulions par rapportant ceste cedulle signée du signet de l'un de nous prévostz, avec de deux ou plus des signez des six esleus ou nom de la communité de ladicte ville, ladicte somme de XIP IIII'^'' VIII Ibz. t. estre alouée en voz comptes et déduict en veste dicte recepte, sans contredit.

Donné le vingtsix""^ jour d'aoust l'an mil CCCC soixante et dix sept ('). — Temploeve (^).

Tous ces renseignements complètent le récit de Jehan Nicolay, lequel parlant des résultats de cette mission avait dit simplement :

ce Et leur furent aulcunes choses accordées dont icy n'est faicte mention » (^).

Mcolay ne relate pas non plus les démarches faites à ce moment auprès d'Olivier le Dain dont le nom est cité trois fois dans le document. Il importait pourtant de faire voir combien il était nécessaire alors de se concilier à prix d'argent les bonnes grâces de celui « qui avoit grant familiarité et auctorisé à la personne du Roy ».

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