OISEAUX
Nous trouvons un stasimon après la seconde parabase (v. 1470- 1:93). Pithétère s'est débarrassé successivement du parricide, de Cinésias, du sycophante, et il ἃ quitté (v. 1469) la scène qui reste vide. Le chœur se distrait en chansonnant des personnages poliliques d'Athènes. L'ode οἱ l'antode de douze dimètres trochaïques sont consacrées, la première à Cléonyme, la seconde à un nommé Urestès. Nous retrouvons dans ces deux strophes la construction symétrique à laquelle nous sommes habitués. Le premier vers de l'ode commence par une particule affirmative, à laquelle répond une autre conjonction dans le premier vers de l’antode :
48 A. COUAT
La construction étant celle que nous avons déjà plusieurs fois signalée, nos conclusions doivent être les mêmes.
Plus loin, dans la même comédie, se présentent deux strophes (v. 1553-1564 et 1694-1705) tout à fait semblables, mais séparées l'une de l’autre par une scène intermédiaire. Ces deux strophes ne font point partie des scènes environnantes; elles ne s'adressent pas aux acteurs et n’ont aucun rapport avec ce qui les précède ou les suit. Elles se correspondent d’ailleurs exactement et comprennent, comme celles dont nous venons de parler, douze dimètres trochaïques. Comme ces dernières aussi, elles consistent dans une satire de personnages contemporains. L'une est consacrée à Socrate, l'autre aux sophistes. Les conjonctions par lesquelles commence leur premier vers prouvent le rapport qui les unit.
Mais ce serait la première fois que nous verrions dans la comédie une ode et une antode séparées et dont chacune constituerait à elle seule un stasimon. D'autre part le stasimon n'a sa raison d'être et n’est possible que pendant les entr'actes, quand la scène reste vide quelques instants. Des allées et venues de personnages se succédant sur la scène ne justifient pas l'emploi du stasimon. Or, au vers 4553, la scène n’est pas vide; Pithétère vient de recevoir la visite de Prométhée, à qui il a offert un siège (v. 1552). Poseidôn et Héraclès ont succédé à Prométhée, sans interruption. Il semble donc n’y avoir aucun motif pour qu'un stasimon ait sa place entre les vers 1552 et l’arrivée des deux nouveaux visiteurs de Pithétère.
Au contraire, à partir du vers 1694, la scène est vide. Pithétère est sorti pour aller faire sa toilette de noces (v. 1693) ; les autres personnages sont partis; le public attend l'arrivée du cortège nuptial. Le stasimon est ici seulement à sa place; la strophe 1552-1554 doit certainement être intercalée ici, à côté de la strophe 1694-1705. Ces deux strophes forment ainsi un stasimon exactement semblable au stasimon 1470-1493, dont elles reproduisent la construction.
J'inclinerais à penser que la strophe 1553-1564 doit être placée après la strophe 1694-1705. La première vise les sophistes en général; la seconde, qui prend à partie Socrate, est une réplique à la première. La première commencerait par la conjonction aflirmative y:, à laquelle répond, au commencement de la seconde
strophe, la conjonction δέ. C’est la construction ordinaire des stasima :
Chaque demi-chœur tour à tour continue à se donner la réplique.