‹ Mélanges Henri Weil [microform]. Recueil de mémoires concernant l'histoire et la littérature grecques dédié à Henri Weil ... à l'occasion de son 80e anniversaire; ouvrage contenant un portrait en héliogravure, une phototypie hors texte et plusieurs illustrations dans le texteChapitre 18 sur 96 · POUR FAÏTS DE GUERRE · texte numérisé non relu

POUR FAÏTS DE GUERRE

| Les meilleurs manuels d’antiquités grecques rangent en première ligne, parmi les différentes variétés de l’affranchissement des esclaves, celui que leur accordait l'Etat en récompense de leur belle conduite à la guerre. M. George Foucart, dans son excellente thèse De hibertorum conditione apud Athenienses, a fait sur ce point des réserves : après avoir discuté les divers exemples allégués en faveur de la théorie régnante, il aboutit à cette conclusion (p. 7), que, chez les Grecs, il ne parait pas, en somme, que cet affranchissement pour faits de guerre fût une institution régulièrement établie, et que les exemples cités, lorsqu'ils ne sont pas suspects, ont un caractère d'exception très marqué. Il n’est peut-être pas sans intérêt de revenir encore une fois sur cette question. On verra, je pense, que Îles textes invoqués de part et d’autre ont besoin d'être revus de plus près et que certaines distinctions nécessaires n'ont pas été faites Jusqu'ici avec toute la précision désirable.

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Et. tout d’abord, c’est un fait assez curieux que, parmi les textes allégués, il en est plusieurs qui ne se rapportent aucunement à l'affranchissement accordé comme récompense d'une belle conduite à la guerre. Il y est question de tout autre chose. Ils ont trait à l'affranchissement précédant la bataille : les esclaves, d'après ces textes, sont affranchis par l'Etat non pour les services rendus, puisqu'ils n’ont pas encore combattu, mais au moment de prendre rang dans l’armée. Ce n’est donc que par une singulière inadvertance qu'on pourrait faire figurer ces passages comme preuves à l'appui de la théorie en question. Les événements auxquels ces textes se rapportent sont les batailles de Marathon et de Chéronée οἱ une campagne de Diæos, stratège des Achéens. Comme le témoignage relatif à Marathon est lié à celui qui concerne Diæos, c'est par ce

dernier que nous commencerons.

Polybe dit que Diæos ἔγραψε ταῖς πόλεσι πάσαις τῶν οἰχογενῶν παρατρόφων τοὺς ἀχμάζοντας ταῖς ἑλιχίαις εἰς μυρίους χαὶ δισχιλίους ἐ | χαὶ χαθοπλίσαντας πέμπειν εἰς Κόρινθον". La chose est fort claire : Diæos manque d'hommes ; il a recours aux esclaves. Mais, avant de les envover à Corinthe, où l’armée se formera, il demande aux villes de les affranchir. Il n’est pas question d’une récompense. Pausanias (VII, 15), faisant allusion au même événement, est beaucoup moins net; il se borne à dire, au sujet de Diæos : δούλους le ἐλευθερίαν ἠφίει. Mais il ajoute une explication qui précise et qui indique un précédent considérable, celui de Marathon :

ἐλευθερίαν ἠφίει, τὸ Μιλτιάδου χαὶ ᾿Αθηναίων βούλευμα πρὸ τοῦ à - Ὡ ὴ pm L'an Pt à ς

ἐν Μαραθῶν! μιμούμενος. Les mots πρὸ τοῦ ἔργου montrent qu il s agit

bien. aux veux de Pausanias, dans les deux circonstances ainsi Tapr

prochées l’une de l'autre, de tout autre chose que d'une récom-

pense.

1 Porver, XL, 2 (XXXIX, 8, 3, éd. Hultsch).

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