‹ Mélanges Henri Weil [microform]. Recueil de mémoires concernant l'histoire et la littérature grecques dédié à Henri Weil ... à l'occasion de son 80e anniversaire; ouvrage contenant un portrait en héliogravure, une phototypie hors texte et plusieurs illustrations dans le texteChapitre 20 sur 96 · AFFRANCHISSEMENT DES ESCLAVES POUR FAITS DE GUERRE · texte numérisé non relu

AFFRANCHISSEMENT DES ESCLAVES POUR FAITS DE GUERRE

Nous savons, par des textes précis, que les esclaves qui avaient

combattu aux Arginuses reçurent comme récompense la hberté et « le droit de cité des Platéens », c’est-à-dire le droit de cité limité par l'exclusion des magistratures et des sacerdoces!. Nous lisons aussi, dans Diodore de Sicile ?, qu'à Rhodes, après le siège soutenu par la ville contre Démétrius, on affranchit les esclaves qui s'étaient bien conduits pendant la guerre et qu’on leur donna le droit de cité. Notons que, dans le premier cas, il s’agit certainement d'une bataille navale, et que, dans le second, les esclaves en question sont probablement aussi ceux qui ont servi sur les navires. Il n'y avait donc aucune nécessité de les affranchir par avance.

Ces deux exemples isolés suffisent-ils pour établir la théorie génévale qui est communément acceptée? Ils la rendent au moins vraisemblable. Dans le cas des Arginuses, on voit, par Aristophane, que cette mesure souleva des protestations. Mais pourquoi ? C'est que la récompense, donnée à tous indistinctement pour une seule batailie, paraît disproportionnée; on ne fait pas d'objections de principe. Dans le second cas le récit de l'historien ne dénote aucune surprise ; 11 constate seulement le fait. Si aucun autre témoignage ne vient corroborer celui-là par d'autres exemples analogues, c'est peut-être simplement un hasard, d'autant plus explicable que l'affranchissement isolé de quelques esclaves méritants n'était évidemment pas de nature à attirer d'ordinaire l'attention des historiens.

En présence de ces textes, il me semble que l'affirmation un peu trop générale des manuels devrait ètre modifiée à peu près ainsi : « Il y a des exemples d'esclaves affranchis par l'État pour des

| ARISTOPHANE, Grenouilles, 694; HeLLaxicos, fragmi. 80 (Müller-Didot). 2 XX,84.

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services rendus dans des batailles navales, les seules où des esclaves pussent figurer; il ne faut pas confondre ces affranchissements, certainement légaux et peut-être fréquents, avec l’affranchissement préalable des esclaves appelés à figurer dans une armée de tee celui-là était probablement illégal, en tout cas exceptionnel, et

motivé par des circonstances que la loi ne pouvait avoir prévues. »

Alfred CRoIsET.

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