N PA LA
Mais deux cas pareils sur sept vers sont vraiment trop pour la tragédie. En outre, au vers 7, l’anapeste initial est suivi d'un second anapeste, qui fait, il est vrai, partie d'un nom propre; c'est encore une accumulation dont on trouvera difficilement un exemple certain dans la tragédie, bien que celle-ci admette isolément l'anapeste dans les noms propres. Pareillement, la scansion de prrpvo avec la syllabe moyenne brève est sujette à scrupule; du moins Le tit nombre d'exemples de ce mot dans la tragédie (yrzputz νεῶν.
pe νεῖν, Εσπιριρε, fr. 824 Nauck, les
σου. Prom., T2T: μνητρυιὰς φῇ deux fois dans le colon terminal) autorisent l'emploi de la longue, tandis que le seul exemple authentique! offert par la comédie exige la brève : ὃ παισὶν αὑτοῦ DAT OUUXY = 7004) ? ἐπεισάγων (Com. anon.. 50: IV, 618 Mein., 110; DE, #25 Kock). On comprend facilelangage soutenu du drame sérieux, la vieille
ment que, dans le tandis que, dans le parler familier de
forme pleine ait été conservée, la comédie, on admit une forme plus jeune οἱ plus rapide. Toutes ces considérations imposent, avec une certitude absolue, la
1 Le vers δεινότερον οὐδὲν ἄλλο μητρυιᾶς καχόν n'est pas authentique (Monost., 121 M...
2 Déjà Meineke (V, 118) ἃ proposé μητρυάν en invoquant ὀργνόεντα ( ὀργυιόεντα; dans Nicanpre, Ther., 216, et μητρνὰν ἐλπομένη, URAMER, Anecd. Paris. IV, 340. Gette conjecture est heureusement confirmée par notre papyrus. La conjecture de G. Hermann introduit un remplissage inutile et une césure disgracieuse après le troisième iambe ; cependant Kock l'a adoptée (en la compliquant d'une nouvelle amélioration à rebours), sans même juger nécessaire de mentionner la correction de Meineke ; c'est un des
nombreux cas qui montrent que le recueil de Kock n'a nullement rendu superflu l'édition de Meineke.
conclusion que notre fragment appartient non pas à une tragédie, mais à une comédie.
Dans toute l'étendue du fragment, la moitié environ de chaque vers (le second côlon du trimètre) est perdue ; il semble donc, vu la médiocre étendue du morceau, que la tentative d'en déterminer le sens soit à peu près désespérée. ἃ la vérité on lit, en marge, des scholies analogues à celles qui, dans certaines occasions, ont pu fournir des jalons assurés pour des restitutions aventureuses de ce genre ; je me contente de rappeler l'heureuse restauration du grand fragment d’Aleman, qui, sans le secours des scholies, serait resté pour la plus grande partie inabordable. Mais nos gloses se rapportent-elles réellement à la colonne conservée? On peut en douter et l'on en ἃ douté effectivement, puisque ces scholies ins ont perdu leur partie extérieuref. Toutefois, si l'on compare de plus près les restes subsistants avec les débris du texte placés en regard, ΟΠ découvre bientôt certaines analogies et certaines relations qu'il est impossible de mettre sur le compte d'un pur hasard.
Au pluriel de la troisième personne τρύχουσι (v. 2) correspond une forme analogue dans la scholie: au vers 3 il est question de femmes cruellement maltraitées : à la marge on lit οἴχτον ἔχει: au vers 7 quelqu'un doit subirune peine ou un châtiment, ἄποινα ; dans la scholie on complète involontairement les mots πεντασύριγγον...
Voyons si nous ne pourrions pas élucider et restituer les scholies à l’aide du texte, et le texte à l’aide des scholies. Si nous y réussissons, si les deux traditions lacuneuses se combinent et se complètent d’une manière satisfaisante, nous serons en droit d'admettre que nos résultats sont plus qu'un vain jeu d'imagination.
L'étendue des lacunes en ce qui concerne les sept trimètres est rigoureusement déterminée par la limite du vers. Quant aux scholies, il est, d’après les éditeurs, « quite uncertain how many letters arc lost ». Pourtant les lignes 4 οἱ suivantes nous fournissent une certaine base de calcul, car il n’est guère possible d'imaginer une autre
l BLass, dans le Centralblatt, 1897, p. 10.
2 Je signale le fait que le supplément a déjà été proposé par Blass, qui ne voulait pas admettre une corrélation entre les scholies et le texte. Partant au contraire de cette cor-
rélation, j'avais abouti à la même restitution. La concordance de nos résultats prouve que nous opérons ici sur une base tout à fait solide.
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restitution que πεντα[ σύριγγον (ξύλον) τὸ ξ]ύλον. D'après cela nous pouvons admettre que, à la partie extérieure des scholies, il s'est perdu en moyenne de douze à seize lettres.
La première scholie, en utilisant une conjecture des éditeurs, peut être restituée à peu près ainsi: αὐτὸν λήρῳ τρύχ]ουσιν nai ν(ο)υ- [θετοῦσι!, ἐπ] δουλεύουσι. Malheureusement nous n'obtenons par là
qu'un complément problématique du second vers :
αὖται λαλοῦσα! τὸν υ- ὕτῦυ - 20/0607 πολλοῖς +lovès νουθετήμασιν.
Le mot τόνδε est incertain, car le régime pourrait être également exprimé dans le premier vers. On pourrait aussi imaginer quil faut suppléer une détermination plus exacte du verbe λαλοῦσαι, par
exemple λαλοῦσαι [τὸν χελιδόνος τρόπον). Bref, nos moyens ne suffisent pas pour attendre un résultat convenable.
Cependant, si dans le détail nous en sommes réduits aux pures conjectures, les contours se dessinent dès à présent clairement. Des femmes bavardes (λαλοῦσαι) sont en présence d’une personne qu'elles se disposent à tourmenter par d’interminables sermons ; quelle peut être cette victime ?
La réponse à cette question doit se trouver dans les vers sulvants, qui contiennent la mème idée avec la particule γάρ. C'est au deuxième côlon du vers 4 que doit se rapporter la glose marginale εἶχτον Eau). Essayons une restitution correspondante :
ET χαχουμέναις γῶν.
e \ - FA 4 e! L ’ τοῦ ATTIUUWY TE χὰ! RATES) στ OLATTL!
ST κς
" + >» » > οὐχ TAB αρήξων, AA AR .
Pour le moment le vers 3 ne peut se rélablir, même quant au sens : dans le second hémistiche du vers 5, à cause de la conjonction ἀλλά. devait se trouver à peu près le contraire des mots 510 ἀρέξων. Ainsi le sens général devient : « Quand elles étaient ainsi maltraitées par des belles-mères et des pères, d'une manière pitoyable, il n'approcha pas d'elles pour leur porter secours, mais
1 Sic déjà Grenfell et Hunt; la faute d'orthographe est des plus usuelles,
au contraire... » Quel est donc ce héros, de qui l’on attend, de qui l’on exige, comme une sorte de devoir professionnel, qu'il protège des jeunes filles contre des marâtres et des pères sévères ? Sur quel terrain, devant quel décor, se joue la scène ?
Par un bien heureux hasard, les vers suivants et les scholies qui s'y rapportent sont suffisamment conservés pour résoudre complètement la question :
A Ἃ ῃ χατὰ τὴν Μελανίπ ty
Ces mots suffisent pour déterminer le sens : « Maintenant donc il paye sa peine (ἄποινα) à la façon de Mélanippé... » Mélanippé est une des figures de la fable qui « furent maltraitées par des bellesmères et des pères », comme Danaé, Hellé, Alopé. Euripide a traité ce mythe deux fois. Son premier drame est cité, comme on sait, sous [6 titre de Μελανίππη à σοφή. Dans une scène principale, souvent mise à contribution par les compilateurs de florilèges, l'héroïne, représentante de la sagesse euripidéenne, essaye de réduire à l'absurde la superstition de son père et de ses serviteurs, qui veulent brûler ses fils, exposés en qualité de monstres. La deuxième pièce est intitulée chez Athénée et chez Orion, de même que dans l’auteur suivi par Hygin, Μελανίππη ξδεσμῶτις. Mélanippé a été rendue mère par Poseidon, et, pour l’en punir, d'après Hygin, son père lui fait crever les yeux et la jette aux fers!. Le titre δεσμῶτις suggère l'hypothèse que l'héroïne était amenée sur la scène enchaïnée, c'est-à-dire probablement, d’après le vieil usage du droit attique, dans le ξύλον ou la ποξδοχάχχη ?.
Revenons maintenant à notre papyrus.
La scholie relative à ces vers doit se lire ainsi :
Le “ / γγον ξύλον τ
1 Cf. P. DECHARME, Euripide et l'esprit de son théâtre, p. 310 suiv., 226 suiv.
? Pourux, VIII, 71; Harpocr., Suin. : ποδοχάχχη ξύλον εἰς ὃ ἐν εἱρχτῇ τοὺς πόδας ἐμόδάλλοντες συνέχουσιν. C’est une disposition solonienne, d'après Lysias {in Theomn., I, 16) et Démosthène (in Timocr., 105)
σπτοῦ van νὰν ταις μας. σοὶ ον μονα ρνη tt οὐ
νά κοτ φᾶν φ nm
ER Que naduenenrs doter
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Le πεντεσύριγγον ξύλον, comme instrument de supplice, était déjà connu d'après Aristophane : τουτονὶ δῆσαί ᾿ἐχέλευσ᾽ ἐν πεντεσυρίγγῳ Ξύλῳ (Chevaliers, 1049 et scholies; cf. Nuées, 592 : scholies sur Plutus, 476-606). Mais, puisque Pollux emploie la forme plus rare du mot, πεντασύριγγος, avec un alpha, on peut conjecturer qu'il avait peut-être en vue le passage même qui nous occupe. Dans la ποδοχάχχη, c'étaient les pieds qui étaient enchainés; dans le χλοιός, c'était le cou et les mains. lei ces deux procédés de supplice sont combinés de façon à torturer complètement la victime’. La meilleure description de cet engin est celle de Lucien, Toxaris, C. XXIX: πονήρως εἶχεν οἷον εἰχὸς ER χαθεύξοντα χαὶ τῆς νυχτὸς οὐδὲ π λὲν γὰρ ἡμέρας
| es x ἦν, etc.
? restitution du sens des deux vers placés en regard de la scholie est ainsi assurée :
Se = :--
Derrière AIOINA les éditeurs, il est vrai, ont marqué un T; mais ce prétendu T peut bien être considéré comme la partie gauche d'un [1 ".
Le malheureux est maintenant traité comme Mélanippé ellemême : comme elle, il est mis aux fers et doit subir la grêle des mauvaises langues.
Et maintenant nous savons aussi qui est le malfaiteur qui subit ce châtiment. C'est le Misogyne, c’est l’homme qui ἃ condamné mainte femme à des supplices cruels et injustes, ne fût-ce que sur la scène, Euripide, le poète de la Mélanippé. Comme dans le conte libyen d'Eschyle, il est dit ceci: τάδ᾽ οὐχ ὑπ᾽ ἄλλων, ἀλλὰ τοῖς αὑτῶν
εσθα. Les tortures de sa Mélanippé, il doit maintenant ses lui-mème en sa propre personne. Autour de lui,
1 D'où l'image atrocement expressive πεντεσύριγγος νόσος employée par Polyeucte, ap. Aristor., Rhet., IE, 18.
? Si le τ est certain, on pourra lire: νῦν οὖν ἄποινα tlaÿra δεδεμένος τελεῖ] | χατὰ τὴν Μελανίπίπην πεντασυρίγγω ξύλῳ.
jouissant de son mal, se groupe un bataillon de femmes qu'il a maltraitées dans ses tragédies ; elles le houspillent de leurs sermons el de leurs railleries. Maintenant, vers 3, on peut lire
χαχουμέναις γὰρ ν᾽ ηλεῶς ἐν δράμασιν AT.
Mais dans quel temps et dans quel entourage le poète a-t-il placé cette scène ? On ne saurait douter que dans la coutume juridique des Grecs de pareilles exhibitions fussent tout aussi possibles et traditionnelles que dans le supplice du pilori usité chez les peuples modernes!. La cage d’infamie, où en Allemagne l’on exposait les femmes querelleuses, les voleurs de fruits, les trompeurs et Îles adultères, se retrouve, comme l’a déjà vu Grimm, dans le cophinos béotien ; et, dans cet ordre d'idées, il est remarquable que précisément le père d'Euripide se serait vu, dit-on, infliger ce supplice (Nicozas de Damas, fr. 113, FHG, IL, p. 458: Βοιωτῶν ἔνιοι τοὺς τὸ
! couv ἄγοντες χαθίσαι χελεύουσιν, εἶτα χόφινον
πεπονθένχι χαὶ ὁ Edoumièeu πατὴρ, Bor-
WTÈS ὧν τὸ γένος “ : ποίοις, bien que ces traits aient pu ètre intro-
duits dans un tableau de la vie réelle, on n'aurait pas pu y trouver de place pour les héroïnes de la tragédie d'Euripide. Ce sabbat de fantômes ne pouvait apparaître que dans l'au-delà, dans le monde infernal 8. Euripide, qui de son vivant, comme poète, a si mal traité les femmes, est mort, et maintenant (νῦν οὖν) il expie cruellement ses péchés d'intention dans l’autre monde.
Nous sommes donc en présence d'une Nékyia comique. Comme Virgile escortant le Dante, un habitant de l'enfer guide ici, parmi les ombres et les pécheurs, un nouveau venu, qu a, suiv sé toute vraisemblance, conduit sous terre une malice littéraire. C'est une mise en scène qui rappelle vivement les Grenouilles d'Aristophane. Très probablement notre fragment appartient à la même époque, aux derniers temps de l’ancienne comédie.
1 Cf. G. Grimw, Deutsche Rechtsalterthümer, 85 6d., p. 125. Peut-être dans la Mélanippé elle-même le poëte avait-il introduit un chœur de femmes entourant et bafouant l'héroïne enchainée.
5 Ici encore on croit sentir la main de la comédie. En tout cas, on est en présence d'une invention contemporaine, non d'une construction due à des littérateurs postérieurs, comme le croit Wilamowitz (Herakles, 1, 9).
8 Cf. Wacusmurs, Corp. poes. ep. ludib., II, 40, dont le raisonnement s'applique aussi bien ici qu'au cas de Timon. ÿ Pi
oo μμὐὐὐ ϑὐφμμμμμμννὐθνασονα
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Or précisément Aristophane a traité un thème tout à fait analogue à celui des Grenouilles dans une autre pièce, qui, malheureusement, ne nous est connue que par de minces fragments : le Gérytadès. Le fragment décisif doit être transcrit ici (Arnéxée, XII, p. 551 À — Arisrorx.. fr. 149; I, p. 428 Kock).
A Kai sis νεχρῶν χευθῶνα χαὶ σχότου πύλας ἔτλη χατελθεῖν ; Β. Ἕνα τίν᾽ 1 ἀφ᾽ ἑχάστης εἰλόμεθα Aou γενομένης ἐχχλησίας, οφοίτας Aa! θχμὰ ροῦντας. Α. Εἰσὶ γάρ τινες
᾿ ὑμῖν ἀδοφοῖται:; Β. Νὴ Aix;
La 1