‹ Mélanges Henri Weil [microform]. Recueil de mémoires concernant l'histoire et la littérature grecques dédié à Henri Weil ... à l'occasion de son 80e anniversaire; ouvrage contenant un portrait en héliogravure, une phototypie hors texte et plusieurs illustrations dans le texteChapitre 27 sur 96 · L ELPÉNOR DE GŒTHE 103 102 GEORGES DALMEYDA · texte numérisé non relu

L ELPÉNOR DE GŒTHE 103 102 GEORGES DALMEYDA

| Ἔ : ne l’a pas plus tôt révélé : c'est que de ce secret dépendait l’exisfils, montrera semblable patience, au lieu d'écouter avidement le : Fe ἐν Ke

Σ tence de la mère οἱ du fils ; le faire connaître, c'était, suivant les secret de son double deuil ? Il faut renoncer à ce subterfuge, tout expédient qu'il est; une scène entre Polymétis et Antiope s'impo-

sait au poète : « Lykus, dira le courtisan, est le meurtrier de ton

paroles de Polymétis, déchaîner un monstre capable de les déchirer. Aussi la fidèle servante ne parlera-t-elle qu’au jour où son silence,

VOS AR loin de sauvegarder la vie d’Elpénor, la mettrait au contraire en mari ; 1] eût été l'assassin de ton fils, si, chargé par lui d'accomplir

ce crime, Je n'avais eu pitié de l'enfant, que des bergers ont recueilli. La crainte m'a fait jusqu'ici garder le silence, mais

péril. Ceci ne peut donc donner lieu à aucune objection sérieuse. En ce qui regarde certaines paroles d'Evadné, tendant à faire croire qu'elle ignore la substitution d'enfants, il est facile de voir qu'elles

aujourd'hui je veux délivrer ma conscience, en te faisant tout RS ot Ἔα | J J EE sont dictées par les circonstances. Si elle parle d'Elpénor comme

connaitre. » Cette révélation doit éveiller chez Antiope un double

HN CE : , « proche parent » ἀ᾽Απίϊορο, c'est qu'en public elle ne peut s’exprisentiment : d'abord la Joie, l'espoir de retrouver ce fils qu'elle πὴ , x er | "ἘΣ ΣᾺ Le mer autrement, et que le détail explique aux jeunes suivantes pleurait : puis le désir de la vengeance, précis, cette fois, et d'au- ; εὐ ας εἶδ, γὴν 1 à *: x Le : l'affection maternelle que leur maîtresse ἃ prodiguée dès l’abord à tant plus violent et implacable. Sa première pensée sera d'employer LR ἃ me PES s τὰ ! NES à l'enfant. J'ai peine à croire qu'en elle-méme Evadné donne pout Polymétis à la recherche de son enfant : lui seul peut retrouver sa

trace, et cest à ce prix qu'elle lui pardonnera. Le chargera-t-elle aussi de révéler à Elpénor les crimes de son père? On ne saurait

raison aux sentiments d'Antiope ce fait qu'Elpénor est fils de Lykus ! Il est plus juste d'admettre qu'il y a dans l'expression de ses idées une sorte de #ransposition. La situation la contraint souvent d’exprimer sa pensée de manière à ne pas éveiller les soupçons. C’est ainsi, par exemple, que doit être interprété certain passage, qui pourrait, autrement, nous donner quelques scrupules. « Si c'était

l'admettre, car mème en un pareil moment elle ne peut, — si violemment agitée qu'on la suppose, — oublier le serment qu’elle ἃ fait prèter. Au milieu de sa fureur, elle entrevoit donc la situation tragique où va se trouver un innocent; d'autre part, elle ne saurait empêcher que le secret ne soit quelque jour, — et bientôt, sans doute, — connu d'Elpénor. Elle se hâtera donc de le relever de ce

son propre fils, dit-elle, comme le jour présent la récompenserait de ses soins maternels ! » Ne concluons pas de ces paroles qu'Evadné ignore comme les autres le secret de la substitution : c'est une réflexion qu'elle fait pour elle-même ; elle pense tout haut, mais sait qu'on l'écoute. Sa pensée pourrait done se traduire : « δὲ elle savait qu'Elpénor est son fils, comme cette journée la paierait de ses peines ! »

serment : c'est le seul parti qu’elle puisse prendre. Mais cette scène tournera contre son attente : le secret lui échappera, et le jeune homimne, désespéré, ne verra contre un pareil déshonneur d'autre

recours que la mort. C'est ici qu'interviendra le personnage qui sait la substitution et qui peut seul mettre fin à la tragique méprise. Ce personnage est Evadné, dont le rôle serait, sans cela, tout à fait insignifiant dans la pièce!. Α la vérité nous manquons de preuves certaines (en est-il sur ce point, et l’autre hypothèse n'est-elle pas toute « subjective »?); mais nous avons des présomptions et des indices ; la mélancolie d'Evadné, l'expérience triste et désenchantée qu'elle semble avoir de la vie, son aversion pour Lykus, ce silence qu'elle gardait à certaines questions de la reine, silence volontaire, obstiné, et conseillé par la prudence, ainsi qu'elle-même le laisse entendre. On demande pourquoi, connaissant le terrible secret, elle

On à vu plus haut, par quelques exemples, le danger des reconstitutions trop précises. Il faut donc se garder de déterminer, — ou d'inventer, — le détail de la révélation. De quelque manière que les enfants aient été substitués, que ce soit par la nourrice d'Elpénor ou par la femme blessée dans l'attaque et restée en arrière, Evadné connait le secret et le révèle. Elle est sans doute en possession de la petite chaine que portait le fils d'Antiope ; en même temps qu’elle la montre à celle-ci, elle lui fait comprendre comment le même signe semblait se retrouver sur le corps des deux enfants : il ne se voyait en réalité que sur Elpénor. La scène de reconnaissance est ! L'article de ἃ. Kettner (Preuss. Jahrb., vol. LXVII, p. 149-172) n'est pas sous nos le point culminant du drame : elle précipite l’action, mais n'en

yeux, mais son hypothèse, qui est la nôtre, est insuffisamment réfutée par Schlæsser. à . diste ε1] ῇ 0 Li ἃ Du C'est aux objections de ce dernier qu'il est fait allusion plus bas. amene pas Iimmediatemen a πη. Un oupIie dus souvent que

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