‹ Mélanges Henri Weil [microform]. Recueil de mémoires concernant l'histoire et la littérature grecques dédié à Henri Weil ... à l'occasion de son 80e anniversaire; ouvrage contenant un portrait en héliogravure, une phototypie hors texte et plusieurs illustrations dans le texteChapitre 33 sur 96 · UN FRAGMENT DES « DÆDALA » DE PLUTARQUE · texte numérisé non relu

UN FRAGMENT DES « DÆDALA » DE PLUTARQUE

dans le passage cité par Eusèbe, un curieux exemple de syncrétisme, « Ceux qui donnent au mythe un sens plus convenable en l'interprétant physiquement, dit l’auteur, confondent en une même personne Lèto et Hèra. » Pour lui. en effet, Hèra est la terre et Lèto (la nuit) est l'ombre produite par la terre, quand le soir elle cache le soleil !. De cette assimilation il donne encore deux raisons : l’une, c'est que la déesse Artémis, généralement désignée comme la fille de Lèto, est aussi quelquefois appelée Ilithyia ; or Iithyia ἃ Hèra pour mère; l’autre, c'est qu'Apollon, fils de Lèto. et Arès, fils d'Hèra, sont deux dieux de pouvoir semblable et de nature analogue. Le premier est le dieu ἀπολύων des maladies ; le second est le dieu ἀρήγων des batailles : on donne le nom d’Arès à une planète de feu ; celui d'Apollon, au plus enflammé des astres. le soleil 2.

Cette identification et ces rapprochements sont-ils d'accord avec ce que nous connaissons des idées religieuses de Plutarque, d’après ses œuvres authentiques ? Après Hérodote sans doute, et comme lui, il croit apercevoir certaines similitudes entre les divinités grecques et les divinités étrangères : Osiris, par exemple, et Adonis, et même le dieu des Juifs, ne lui paraissent être, sous des noms différents, autre chose que Bacchus3. Mais jamais Plutarque n'a confondu ensemble deux divinités helléniques, distinctes par leur légende et par leur culte. Hèra et Lèto avaient beau être. pour des raisons locales, σύνναοι et ἑμοῤώμιοι dans un obscur sanctuaire du Cithéron #!, ces deux déesses ne devaient pas se résoudre pour Plutarque en une seule et même personne.

Entre le texte du fragment des Dædala et les Opinions constantes de Plutarque sur le compte des dieux la contradiction est telle qu'il semble impossible que ce texte soit l'expression fidèle de sa pensée. Ne serait-il donc pas l’auteur de cet ouvrage? Assurément, trois siècles après lui, plusieurs ouvrages avaient déjà été mis sous son nom, qui n'étaient pas de lui ; et Eusèbe. qui croyait à l’authenticité des S/romates?, aurait pu être induit également en erreur pour

De Is. et Os., 35-36. — Sympos., IV, 5, 6.

4 #4 dore ne signale nulle part cette association d'Hèra avec Lèto. Dans les embples, les images de Lèéto set i ‘ordinaire ἃ râté ' ἐᾷ PAR 36 5 θίο setrouvaient d'ordinaire à côté de celles d Apollon et d’Ar- ® Præp. Evang., 1, 7, 16.R. Volkmann a dit très ] * Fes 1, 10, Π, 5 Justement, en parlant de cet extrait. qu'il est « unplutarchisch » (Leben u. Schriften d. Plutarch, 1. ave pr

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les Dædala. Cependant, comme le morceau qui nous en est resté ἃ vraiment le tour et l'allure du style de l’auteur des Morales, et comme l'hiatus! yest presque partout évité, il serait difficile de ne pas le lui attribuer. Ce morceau aurait donc été écrit par Plutarque, bien que les idées qu'on y trouve développées ne soient pas les siennes. Le fait peut s'expliquer. Dans la partie des Dædala qu'Eusèbe nous a conservée. les indices de dialogue sont sans doute assez légers? : n'est-il pas cependant permis de supposer qu'en cet endroit ce n’est point Plutarque qui parle, mais que, comme cela lui arrive souvent, il fait parler un personnage dont il ne partageail pas et dont il réfutait peut-être ensuite les opinions ?

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! Sur cinq pages environ, on y trouve seulement, vers la fin, πλημμυρα ἐλώφησεν. Il n'y ἃ pas de conclusion à tirer du fait que, dans les particules δέ et τε et dans la conjonction οὐδέ, ᾿Ξ n'est presque jamais élidé devant la voyelle initiale du mot suivant. En effet, dans les parties authentiques des Morales, la tradition des manuscrits est très incertaine à ce sujet : l’: est, en pareil cas, tour à tour élidé ou non élidé dans la même page, quelquefois dans la mème phrase. Cette incertitude doit être du fait des copistes. Cf. J. ScneLuexs, de hiatu in Plutarchi Moralibus (Bonn, 1864), p. 9, 11.

? Au καὶ 2, dans la proposition ἵνα un μαχρὰν τῶν ἐνεστηχότων λόγων βαδίζωμεν, Ce dernier mot pourrait n'être qu'un pluriel emphatique, et οἱ ἐνεστηχότες λόγοι indique seulement une question posée, et non nécessairement une discussion entre deux ou plusieurs interlocuteurs. Mais, au 2 3,1 et 3, le mot, deux fois répété, ἐνταῦθα, « ici, » fait penser à une scène de dialogue dont le Cithéron ou Platées serait le théâtre.

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