L. BENLŒW
rinifé à cart 5] e l’itacisme, nous mots primitifs: Mèmie :eñ:écartant la question d
; mots ἔτοιμος, deux, Ὅμηρος, qui constatons; -yar. exemple, :que les mots ἔτοιμος, 42812, ὐμῆρος, ἢ
r e® " > > 5 Le 1C \ 6 S chez vous soit des ‘dactyles, étaient des amphibraques (τὸ dan
l’ancienne langue. = Vous êtes forcé de lire, en appuyant sur les syllabes accentuées,
le premier hexamètre de l'Odyssée :
et le deuxième :
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: τυ: PT Mais, alors, que devient le rythme dactylique du premier h | : | ᾿ δ L L] E λα : pus pr da mètre, dès qu'il se termine par un mètre choriambique -uu-, et K | : af L] , ες uisque sa chute est figurée par deux marche du deuxième, puisq
LC ù |’ et la dactvles -uu-uu? — La chute brachycatalectique, où l'accent et tit ' la règle pour
quantité coïncident (<uu-u), qui est devenue presque ΤῊΝ | è à l'épo : : joue aucun rôle dans les l'hexamètre à l’époque d'Auguste, ne -
Σ - = ᾿ « ν ? ᾿ ᾽ ( - V. pc et: Je hexamètres grecs. On lit dans l'Iiade |
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| ‘oupe s’avançant au Le poète a voulu peindre le spectacle d’une troupe 5 avançant à
eur s Nhar ieuse nt combat : il V à réussi par le pur cffet de syllabes harmonieuseme 1 .Ψ
ombinées. De mème, dans le vers où il nous montre la tempête € es.
déchirant les voiles d’un vaisseau en détresse (0d., IX, ΤΊ):
τριχθά τε 22 τετραχθὰ διέσχισεν τς ἀνέμοι Ι i-di | ient par des moyens matléil néglige les soi-disant accents, et il oblient pa \
dans Sophocle (Antig., v. 1):
VERS ANTIQUES ET VERS MODERNES
ou dans Aristophane {Oéseaux, v. 1706) :
OO sir δαὶ γον τῦνε pm. si Sa RAVT ἀγαθὰ πράττοντες, ὦ μείζω Λόγου,
Nous trouvons toujours le même résultat : l'accent ou subordonné à la quantité, ou négligé dans la facture des vers.
Or ce n'est pas seulement dans la poésie, c’est aussi en prose que les Anciens tenaient compte de préférence des valeurs quantitatives. Qui ne connaît pas la clausule ὥσπερ νέφος, dont le grand effet provenait seulement du choix de la dernière syllabe de ὥσπερ se brisant pour ainsi dire contre la première de γέφος ? C'est ainsi que Démosthène impressionna vivement les Athéniens. en peignant les frayeurs que la prise d'Elatée par Philippe de Macédoine avait répandues (Couronne, ὃ 169) :
> NA? , ps = . ξ 7] ἦν | fus δ᾽ ἀγγέλλων τις ὡς τοὺς πρυτ νεις | ὡς Ἔλά-
Hermogène (livre I, περὶ τοῦ γοργοῦ τοῦ λό" ») croyait reconnaître ici un mouvement trochaïque, rythme propre à exprimer des sensations violentes. Pas un mot de l’accentuation proprement dite, quoique Denys d'Halicarnasse déclare que l'accent syllabique puisse monter Jusqu'à la hauteur d’une quinte, hauteur à laquelle, certes, n'atteint plus notre accentuation actuelle. Les valeurs prosodiques restenten prose tellement identiques à celles que nous trouvons dans la poésie que les syllabes longues même des enclitiques gardent leur longueur. Denys d'Halicarnasse {De comp. verb., 18), en expliquant celte proposition de Démosthène τοσχύτην ὑπάρξαι μοι rap ὑμῶν εἰς τουτονὶ τὸν ἀγῶνα, nous dit qu’elle commence par deux palimbacchii suivis d’un crétique, ce dernier étant évidemment formé des syllabes μοι rap 0. Le crétique est suivi d’un spondée : μῶν εἰς. Mais alors naît la question : comment se combine en prose, aussi bien qu’en poésie, ce tissu enchevôtré d'accents et de valeurs prosodiques? Foster répond dans son ouvrage bien connu, On Accent and Quantity : on
l Accenlualion des Langues indo-européennes. p. 162, 163.
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n'a qu’à se placer devant un piano, et on se convaincra que rien n est plus facile que de munir d'un accent grave (par exemple w{) une syllabe longue équivalant à deux brèves, comme de donner à une brève le son aigu, à la quinte au dessus (sol). Ajoutons que, d'après une observation faite par Guillaume Grimm dans son ouvrage sur les Runes. les anciens peuples, plus rapprochés des débuts de leur civilisation et aussi de leur langage, parlaient avec plus de lenteur.
Comment donc pouvait-il se faire que celte organisation si fortement établie de mots composés d'éléments matériels fixes et de notes musicales, nécessairement plus vagues, se décomposät, que le cantus obscurior de l'accent l’emportät, et que la quantité prosodique allàt s'affaiblissant de plus en plus ? Gette transformation à un caractère organique, comme nous l'avons affirmé jadis!. Il arrive sans doute, quelquefois, que des langues soient bouleversées à la suite d’invasions et de conquètes, comme en Perse, ou remplacées. comme en Bulgarie. Dans les populations néo-latines le changement religieux si profond amené dans les esprits par le christianisme a pu hâter la destruction des anciens systèmes compliqués des grammaires primitives. Tout le monde sait qu’il y ἃ eu des évèques ne craignant pas d'encourager leurs ouailles à commettre des solécismes. M. Weil nous décrit la lente décadence de l’idiome latin commencant par l'affaiblissement de la quantité sous l’action de l'accent. Ce dernier a d’abord anéanti la longueur par position ἡ Ja fin du mot, ensuite dans toutes les syllabes autres que la syllabe accentuée. Au temps de Servius, vers [6 1v° siècle, la voix ne marquait plus et l'oreille ne distinguait plus avec netteté les voyelles des syllabes longues et les voyelles des syllabes brèves, et l'accent seul se faisait bien sentir dans la prononciation usuelle.
Dans la Grèce les traditions se sont maintenues quelques siècles de plus, la nationalité ayant résisté plus longtemps dans l'Hellade proprement dite, à Athènes surtout (et quelque peu peut-être à Alexandrie), aux flots des barbares venus du Nord. On ne fait mention des fameux vers politiques qu'au 1x° siècle, et ils ne paraissent franchement acceptés qu'au χη". Donaldson ‘History of the literature of ancient Greece, WE, p. 392) croit reconnaître dans les Chiliades de Tzetzès des tétramètres iambiques catalectiques comprenant à
1 Accentualtion indo-européenne, p. 296, et Accentualion latine, p. 252.
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peu près quinze syllabes, dont la quantité est réglée par l'accent surtout. Toutefois Foster, toute réflexion faite, aime mieux y voir sé trochées irréguliers, et Eustathe, en parlant de ces vers, dit : ue τροχαϊχὸς δυθυός. Byron, qui, comme on sait, est allé en Grèce et qui yest mort en défendant Missolonghi, nous a communiqué dans ses Romaic extracts quelques pièces composées en vers
politiques :
CR + ΕΗ Atæmé 1) Δ} x £ : xs d Εἰπέ μοι, ὦ φιλέλληνα, πῶς φέρεις τὴν σχλαχξίαν
tr sp “-- “ρα Δ pm m5 Γ LP 4 χαὶ τὴν ἀπαρηγόρητον τῶν Τ᾽ούρχων τυραννίαν : «οτος Eole ΟΝ ἘΝ . ͵ πῶς ταῖς ξυλαῖς nat ὑῤρισμοὺς χαὶ σιδηροξεσυίαν, παίδων, παρθένων, γυναιχῶν av Ac:
EST ΝΣ “") “ . PR 4 + DS ἀπόγονοι ἐχείνων τῶν λλήνων,
τῶν ἐλευθέρων χαὶ σοφῶν χαὶ τῶν φιλοπχτοίξων : ͵ σόφων ZA τῶν ιλὸπ χτοιῦὼν , On connaît ce chant de guerre composé par Rigas, qui périt essayant de soutenir les Grecs :
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Δεὺτε “-- SD 2 Le od c ς 4 Φνὶς RALCGES τῶν υλλήνων ᾿ Γ τ" ἧς ἤλθεν, ἂς φανῶμεν ἄξιοι ἐχεῖ = T ὑμιξν αξίιοι ξΞχξίνων Ὁ ὩΣ N 5 ι ᾿] , ποῦ μὰς οωσᾶν τὴν ἀρχην᾿
“ PNA à , ? NN ας ΤΟ τ σωμεν ανορ
σωμεν TATO!
Les premiers vers semblent prouver que Rigas s'est inspiré surtout de notre Marseillaise. Ces vers sont réglés, comme la poésie de tous les peuples modernes, par l'accent seul. Mais cet accent avait, dans les siècles passés, un son bien différent de celui qu'il affecte aujourd'hui, et ce son même affectait des nuances différentes, dont les Anciens ne se rendaient pas bien compte eux-mêmes, ou bien auxquelles ils n'attribuaient aucune importance ; et c’est là la raison principale pour laquelle nous ne pouvons essayer de reproduire l’ancienne prononciation grecque et latine. Les Romains savaient déjà que leur accentuation était plus raide, plus immobile, plus uniforme que
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celle des Grecs !. Horace était sous le charme irrésistible du langage hellénique : Graecis dedit ore rotundo Musa loqui. L'os rotundum impliquait probablement une allusion à la douceur des accents grecs. Lorsqu'Horace s'incline devant le génie sans égal de Pindare : Pindarum quisquis studet aemulari, i semble reconnaitre qu'il serait vain de lutter avec la variété des rythmes et la richesse des motifs musicaux du grand poète grec. Nonobstant, H. Weil ἃ clairement réfuté la thèse de God. Hermann, de Bentley et de Ritschl, qui auraient voulu assigner à l'accent dans l’ancienne poésie latine la supériorité sur la quantité. Il paraît constant que jusqu au siècle d'Auguste, et même cent ans plus tard, la langue latine avait conservé un caractère musical qu'elle perdit certainement au nr et au 1v° siècle. Les observations si fines de Quintilien sur les elausules, ou chutes des périodes, prouvent que les oreilles des Romains de son temps étaient encore bien plus sensibles aux combinaisons prosodiques qu'aux effets que l'accentuation la plus énergique pouvait produire. Cette accentuation paraissait d'ailleurs plus difficile à observer que la quantité prosodique?. Mais n'est-il pas curieux de lire dans Cicéron que Caïus Gracchus faisait soutenir Sa VOIX, lorsqu'il parlait en publie, par le τονάριον, petite flûte destinée à maintenir l'intonation de l'orateur, à l'empêcher de trop élever la voix, comme de la laisser tomber trop subitement’. $e figure-t-on de nos jours les Thiers, les Berryer, ou plus près de nous MM. Méline, Jaurès, Deschanel, Bourgeois, se faisant accompagner à la Chambre par un flûtiste ? Quel effet produiraient ces notes de musique légèrement voilées ? Non, l’accentuation, pour nous servir des Lermes de Jac. Grimm ne présentait pas encore à Rome cette vivacité prosaïque du langage au son plus dur qui aide l'intelligence, dirige la pensée, ce qui constitue l'essence même de l'accent. Le latin parait avoir eu encore, au 11° siècle avant notre ère, cette harmonie, cette douceur qu’il devait perdre quelques générations plus lard et qu'il lui était impossible de conserver plus longtemps au milieu des irruptions réitérées des barbares du Nord. [n'en paraît pas moins remar-
1 QuinricieN, XII, 10, 33. — Cf. WEiL et BENLOEW, p.8.
2 Adhuc difficilior observatio est per tenores.
3 Qui inflaret celeriter eum sonum, quo illum aut remissum excitaret, aut ἃ contentione revocaret. Cic., de Orat., I, 60.
4 Grimm, Deutsche Grammatik, vol. 1, p. 20.
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quable que Grecs modernes et Italiens semblent découvrir dans les formes primitives de leurs langues, même dépouillées des grâces du rythme, cetle grâce que nous essayons vainement d'y retrouver. Lorsqu'un savant professeur de l'Université de Pise nous assure qu'il faut lire, en tenant compte des accents seuls, des vers de Virgile comme ceux-C1 :
Itäliam fdto proôfuqus Lavinäque vénit,
ou bien :
Conctrrunt, haéret péde pés, densüsque viro vir,
nous nous inclinons; mais nous osons demander si, dans ce cas, l'étude des auteurs, surtout des poètes de l'antiquité latine comme de l'antiquité grecque, est autre chose qu'une curiosité archéologique ? En lisant les beaux vers de Virgile, d'Homère et de Sophocle, une espèce de scansion prosodique nous aide à retrouver, — au moins le croyons-nous, — quelque chose de la jouissance esthétique qu'on éprouvait à Athènes et à Rome. Un helléniste bien connu de la génération qui précéda la nôtre ne voulait voir dans les vers de Pindare qu'une prose rythmée. Mais celui à qui 1] a été donné d'entendre une seule fois le vieux philologue Bæckh débiter les premiers accords, comme qui dirait entonner l'ode
qui commence ἀναξιφόρψιγγες ὕμνοι, OÙ qui ἃ appris assez de grec
4 ‘it
pour pouvoir réciter une strophe du premier chœur de l’Antigone :
᾿ r τέρων AC,
celui-là ne se préoccupe pas des accents qui marquent l'unité des mots, et ne sont pas identiques aux notes musicales, que l'on ne connaît pas ou que l’on ne peut reconstituer que rarement ; mais 1] ressent quelque chose du frisson sacré dont une poésie unique dans le monde ἃ jadis pénétré les âmes. C’est par cette poésie que nous recevons l'éducation d'une forme belle, idéale, dont nos grands
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maitres ont su s'inspirer et dont, malgré tout, leurs descendants essaient de conserver les nobles traditions.
Je crois que nous ne désirons pas nous laisser glisser sur la voie
banale où tout maitre de langues plus ou moins exercé peut nous guider: il faut appliquer à notre enseignement classique le mot qui a été dit d’un Ordre célèbre : Sit ut est, aut non sit.