‹ Mélanges Henri Weil [microform]. Recueil de mémoires concernant l'histoire et la littérature grecques dédié à Henri Weil ... à l'occasion de son 80e anniversaire; ouvrage contenant un portrait en héliogravure, une phototypie hors texte et plusieurs illustrations dans le texteChapitre 40 sur 96 · N TOYA · texte numérisé non relu

N TOYA

AP ΞΕ ETITIIP Δ ΠΝ Εν . TOY NIO

Waddington ἢ ἃ pas tenté la restitution des lignes 15 et suivantes. Gardner propose : τῶν ὑπομενόντων [π|͵(ολιτ)ῶν παρὰ Aix. On m'ac-

1 D'après les notes manuscrites de Le Bas, qui sont conservées à la Sorbonne, dans la bibliothèque de l'Université. Je n'ai malheureusement pas retrouvé d'estampage.

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cordera sans peine qu'il faut lire τῶν ὑπομενόντων [β]οηγῶν παρὰ Δία. ὕπο seule lettre avait échappé à Cockerell, le B qui était la dernière de la ligne; quant à la confusion de [Ὃ et du 6, il est à peine besoin de la signaler. Enfin le verbe ὑπομένειν se construit très régulièrement avec un substantif!.

La troisième et dernière partie de l'inscription est moins bien conservée. Le Bas, qui devient maintenant notre guide, avait sauté, semble-t-il, deux lignes de la fin du décret, mais il nous a conservé tout ce qu'il a pu déchiffrer de la liste. Cockerell, au contraire. n'a pas pris la peine d'en copier les huit premières lignes, et nous devons regretter cette négligence, car il suffit de comparer les deux copies des dernières lignes pour voir qu'il aurait lu plus de mots que Le Bas. Les restitutions que j'ai proposées sont douteuses : Je crois pourtant ne pas me tromper en reconnaissant une liste chronologique de βοηγοί. En tête vient le nom du magistrat éponyme, le Stéphanéphore (1. 19), puis le nom du βοηγές. Α la ligne 27, au lieu du stéphanéphore, on nomme le prophète, mais la raison de cette différence est facile à saisir : le βοηγός de l’année n’est autre que le fils du prophète. La même année le père et le fils ont supporté les frais, l’un d’une lourde fonction, l’autre d’une liturgie dispendieuse, et le fait était sans doute assez peu fréquent pour qu'il valût la peine de le noter. À la ligne 20 on m'accordera que la restitution ῥηγός (BOHOOZ Le Bas) est certaine, mais Je suis fort embarrassé du mot qui suit. Les lignes de la liste étant plus courtes que celles du décret (voir 1. 29-30), j'avais d’abord pensé à lire Ber-2c Efrénxes] Eri{véxlou, mais la copie de Le Bas mérite plus de respect,

et je propose en hésitant βοηγός, ἐργ[ὠ]νίης χτὰλ. De l'expression (βοηγίας) ἐργώνης je rapproche celle ἀθ χορηγιῶν μισθωτής, que nous avons rencontrée plus haut.

Il resterait, pour en finir avec ce décret, à le dater, et cela nous est actuellement impossible. Nous ne connaissons aucun des noms propres qui y sont cités, et les copies de Cockerell et de Le Bas sont trop peu soignées pour qu'on puisse prendre en considération la forme des caractères épigraphiques. Autant que je puis connaitre l'histoire de Didymes, d'après les inventaires et les comptes, je suppose que notre décret n'est pas antérieur au n° siècle avant Jésus-Christ.

! Cf. une inscription de Mylasa, LE Bas-WapniNGtoN, n° 403, 1. ὃ :... ὑπομεῖναι πιστάτης τῶν ἱερῶν χαὶ δημοσίων ἔργων.

Le mot βοηγία s'étant rencontré pour la première fois dans une inscription publiée par Chishull, c’est à lui que nous en devons la première explication. « Boxyéx, dit-il, à. e. Boum seu Taurorum venatu! ». Suit une assez longue note sur les τχυροχαθάψιχ, sorte de courses de taureaux, qui se donnaient en Thessalie, à Éphèse, etc. L'explication de Chishull est enregistrée par Bœckh (ad n. 2858), mais 1] ne l'adopte pas et se contente d'exprimer un doute. On la retrouve dans le Thesaurus Estienne-Hase, où ἡ βοηγίχ devient τὰ

βοήγια par la volonté de Schneider. Je crois l'explication fausse et J'en propose une autre.

Si nous réunissons tous les renseignements fournis par les inscriplions, nous voyons que la βοηγία est célébrée auprès d'une statue ou d’un autel de Zeus ‘Yés15. Il n’y a pas à Didymes de sanctuaire de Zeus Ὑέτιος, et c’est dans l'enceinte de Zeus Soter que se dresse cette statue ou cet autel; dans la même enceinte est exposée la liste des βοηγοί. La βοηγία a donc lieu en l’honneur de Zeus. C’est une

ἱερουργία qui revêt la forme d'un concours, et le vainqueur consacre

généralement une phiale à Apollon Didyméen en souvenir de sa victoire.

En quoi consistait cette fête et d'où venait ce nom de βοηγία 2 nous l’apprendrons peut-être en consultant des inscriptions découvertes dans une île voisine de Didymes, à Cos. Ce sont d'importants fragments d’un calendrier religieux?. Le 20 du mois Batromios (au printemps), a lieu, chaque année, un sacrifice en l'honneur de Zeus Polieus; la victime est un bœuf qui a été choisi la veille en grande solennité. Une estrade (τράπεζα) a été dressée sur l’agora, et le prêtre de Zeus y ἃ pris place, ayant à ses côtés les iso οποιοί. Aux alentours de l'agora étaient les citoyens groupés par tribus,

1 Antiquilates Asiaticæ ... 1728, p. 94, n. 1. ? W.-R. Parox et E.-L. Hicks, Inscriptions of Cos, n° 31, p. 81. — Cf. I. ne Prorr et L. ZIEHEN, Leges Graecorum sacrae e titulis collectae, 1 (1896), n° 5, p. 19.

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Pamphyliens, Hylléens et Dymanes, et chaque tribu ἃ amené son troupeau ; elles ont en effet à présenter des bœufs, et la présentation a lieu de la façon suivante (1. 10-16) :

is τοὺς χαλλίστους αἱ μέγ χα τούτωγ χριθῇ

! δ > dAéte mans de ΡΣ AR τούτων" χοιθ =12" 2 #2 LÉ UT, AAELS νους ΞΛ ad 0] A! ER ZA νι... 20» 7.2? 1 v.— χ' LE U. {9 ,

“νι , La , IS τὶ | 25 A, ἀτεροὺυς CE r « , ᾿ ᾿ " = ᾿ , r u , ΄ eo é ἐλάντω ἐς τὰν ἀγορὰν χα! ἐπελάντω χατὰ TAITA, α' μέγ χὰ τούτωγ χριθῇ τις

2 DS 4 PP ΚΒ ps ὦ Les dis οἱ PL α' LE UT, τρῖτον ἐπελᾶντω AA ἀτεροὺυς΄...

C'est done en poussant des bœufs vers l’estrade (ἐλάντω) que les tribus les présentent au juge du concours, c'est à dire au prêtre. Il se peut que chaque tribu ait 3 fois 3 bœufs à présenter, soit un défilé de 27 bêtes; il se peut mème qu'aucune de ces 27 bètes ne donne satisfaction au juge : alors chacune des χιλιαστύες (la tribu en compte 3) devra présenter un bœuf. Enfin la victime est choisie! Les hérauts la ramènent sur l'agora et l’éleveur l'offre solennelle-

ment à la cité 1.

En résumé, le choix de la victime donne lieu à un concours entre les tribus et, s'il y a lieu, entre les χιλιαστύες ; l'éleveur de la bête primée l'offre au dieu et supporte, par conséquent, les frais du sacrifice. J'ai tenu à citer quelques lignes de ce texte intéressant, parce qu'elles nous fournissent l'explication de nos termes milésiens. Βοῦς ἐλαύνειν, C'est proprement le fait du Ser-3:, et nous arrivons enfin à une définition précise : le £ery2s παρὰ Aix Ὑ τιον est le citoyen qui amène ou pousse des bœufs, parmi lesquels sera choisie la victime destinée à l'autel de Zeus. La présentation a lieu auprès de la statue de Zeus ὋὙἰέτιος, et le sacrifice est offert à Zeus Soter. Elever des bœufs de sacrifice, c'est s'imposer une lourde dépense, et l’on comprend que les βοηγοί milésiens aient tenu à se vanter de cette forme particulière de leur générosité. Aussi bien, dans les considérants du décret que nous avons rapporté plus haut, il est dit qu'il ne s'en était pas présenté depuis longtemps.

Nous ignorons encore bien des détails de la fête milésienne. Quel était le Juge du concours ? Sur quoi fondait-il son choix? Prenait-il simplement l'animal le plus beau, ou bien la victime se désignaitelle elle-mème par quelque mouvement, quelque acte particulier, comme dans la fète athénienne des Diipolia, où nous retrouvons la

l'Jbid., 1. 23-96.

sera somme ᾿

Gsr{xl? De toute façon, nous avons le droit de rapporter à notre fête milésienne la glose suivante d'Hésychius : Διὸς ῥοῦς 5 τῷ Au

- “πον ξστιν CE

e AYETSE AT), = - »».»" “νυν vdes L 4 Ἰὼ “dti -

compléter la glose en ajoutant que la fête était célébrée à Didymes, dans l'enceinte sacrée de Zeus Soter.

Dans une courte note sur le calendrier de Cos que nous venons de citer, F. Bechtel établit entre les τχυροχαθάψιχ thessaliens et la fête du 19 Batromios, à Cos, un rapprochement qui n'avait pas tenté les premiers éditeurs, Hicks et Paton?. Pour lui, « ce n’est pas dans le culte de Poseidon qu'il faut chercher le point de départ (Ausgangspunkt) des ταυροχαθάψιχ, mais dans le sacrifice, accompagné de cérémonies caractéristiques, qui était offert chaque année à Zeus Polieus ». Ce qui caractérise la fête populaire thessalienne, c'est la chasse au taureau ; ce qui caractérise le sacrifice de Zeus Polieus à Cos, c'est, selon Bechtel, la chasse aux bœufs (das Jagen von Rindern). Les ταυροχαθάψια, conclut-il, sont un exercice de sport qui ἃ son origine dans un vieil usage du culte de Zeus.

Je ne suis, pour ma part, nullement convaincu de l'exactitude du rapprochement entre les deux fêtes de Cos et de Thessalie. Je ne vois dans le programme du 19 Batromios rien qui ressemble à une chasse ni à un sport. Tout s'y passe dans le plus grand ordre et dans le calme qui convient à la vigile d’une fête solennelle; les bœufs de sacrilice défilent sans doute avec l'allure placide de nos bœufs gras, οἵ pas un instant l'agora de Cos n'a l'aspect d'une arène thessalienne ou espagnole ! Pousser des bœufs devant soi, ce n'est pas chasser au taureau, et quand Bechtel applique à la fête thessalienne l'expression das Treiben von Stieren, à la fète de Cos l'expression das Jagen von Rindern, il fait bel et bien une confusion

1 Cf. PorPayre, de abstinentia, 11, 30. Les Diipolia étaient encore célébrés à Athènes du temps de Porphyre, à la fin, par conséquent, du mr siècle de notre ère. Voir O. Baxo, de Diüpoliorum sacro Atheniensium, dissert. in. de Leipzig (1873), p.13 suiv.

ΣΕ. Becarez, Kleine Aufsäütlze dans les Nachrichten von der künigl. Gesellsch. der Wissensch. zu Güllingen (1890), p. 34-36.

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qui retire toute valeur à son raisonnement. Nos inscriptions de Milet nous ont fourni le terme qui convient exactement à l'acte décrit dans l'inscription de Cos : c'est le mot βοηγί.

Résumant les observatior s qui précèdent, nous conclurons en ces termes :

La βοηγία est une des cérémonies caractéristiques du culte de Zeus à Didymes (Milet ), à Cos et à Athènes.

Nous l'avons retrouvée à Didymes dans le culte de Zeus Soter et de Zeus Hyétios! ; — à Cos, dans le culte de Zeus Polieus et de Zeus Machaneus?; — à Athènes, dans le culte de Zeus Polieus.

Enfin il n'y a rien de commun entre la βοηγία et les ταυροχαθάψια ὃ

B. HaAcussouLLiEr.

! Le culte de Zeus Ὑέτιος s'est également rencontré à Cos. Inscriptions of Cos, n° 382, p. 310 : décret rendu par le χοινὸν τῶν συμπορενομένων παρὰ Δία Ὑ ἕτιον en l'honneur de deux officiants du χοινόν.

* Inscriptions of Cos, n° 38, p. 89, 1. 10-12 : ἑνδεχάται᾽ Δηνὶ Mayavir βοῦς κρίνεται τὸ ἅτερον ἔτος ἐφ᾽ οὗ χα ἔωντι Καρνεῖαι, χαθάπερ τοῦ Βατρομίου τῶι Ζηνὶ τῶι Πολιῆι... CF. Prorr et ΖΙΕΗΕΝ, Leges Graecorum sacrae, n° 6, p. 25.

* Pour les mêmes raisons, il n y a rien de commun entre le βοηγός et le ταυραφέτης de Caryanda (Le Bas-WappixGTox, n° 499, 1. 5).

LES « ÉLEUSINIENS » D'ESCHYLE

ET

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