‹ Mélanges Henri Weil [microform]. Recueil de mémoires concernant l'histoire et la littérature grecques dédié à Henri Weil ... à l'occasion de son 80e anniversaire; ouvrage contenant un portrait en héliogravure, une phototypie hors texte et plusieurs illustrations dans le texteChapitre 44 sur 96 · In., ibid., v · texte numérisé non relu

In., ibid., v

3 Tous les critiques ont mis en lumière l'intérêt d'actualité qu'offrait la pièce d'Euripide. Une des dernières dissertations sur ce sujet est celle de M. Lugge: Quomodo Euripides in Supplicibus tempora sua respexerit, Monasterii Guestfalorum, 1887.

l’âme et le corps ; Parthénopée, le modèle des étrangers domiciliés ; Tydée, meilleur soldat qu'orateur. Et, s’il célèbre uniquement ces qualités morales, Euripide a bien soin de dire que c’est avec intention : comment reproduire les circonstances de la lutte où ces guerriers ont succombé, le nom de leurs adversaires, les coups qu'ils ont donnés et reçus ? Ce serait une chose ridicule!. Rien ne ressemble plus à une parodie que toute cette scène ; et quelle œuvre Euripide pouvait-il bien parodier ? La fameuse description des chefs dans la tragédie des Sept contre Thèbes? Mais la situation n’est pas la même : dans les Sept, Eschyle dépeint les Argiens avant la lutte, au moment où les adversaires en présence s’adressentmutuellement des menaces ; dans les Suppliantes Euripide se refuse à décrire les péripéties de la bataille, parce que la mêlée ne permet pas de reconnaitre les exploits de chaque combattant. Pour que la parodie produise tout son effet, il faut qu'elle vise une description de bataille, et je ne crois pas qu'on puisse imaginer rien de mieux qu'un discours d’Adraste dans les Eleusiniens d'Eschyle. Aussi bien avons-nous déjà observé que le poète avait dû composer, avant les Sept, une peinture de la catastrophe finale des chefs argiens : ce morceau trouvait naturellement sa place dans le discours funèbre que nous attribuons à Adrasle.

Ce rôle oratoire du roi d’Argos dans la tragédie des E/eusiniens était-il donc de l'invention d'Eschyle? Le talent d'orateur d'Adraste était déjà proverbial au temps de Tyrtée : on vantait la douceur, la force persuasive de son éloquence, au même titre que la richesse royale de Pélops*?. Platon, voulant désigner les maîtres de la parole, cite Adraste, à la voix douce comme le miel, l’orateur des temps héroïques, à côté de Périclès, l’orateur moderne par excellence 8, Cette réputation reposait sans doute sur les légendes thébaines, sur

1 Eurip., Suppl., v. 846.

Ζ Tyaræ., fr. 12, v. 7-8: οὐδ᾽ εἰ Τανταλίδεω Πέλοπος βασιλεύτερος εἴη, γλῶσσαν δ᾽ ᾿Αδρήστου

: PLar., Phaedon., p.269 A: τὸν μελίγηρυν "AGpacrov ἢ xai Περιχλέα. Ast et Stallbaum estiment que, sous le nom d’Adraste, Platon désigne, d'une manière voilée, Antiphon de Rhamnonte. Mais M. W. H. Thompson, dans son édition du Phèdre (1868), fait remarquer qu'Antiphon n'était pas cité par les critiques anciens comme un modèle de douceur (μελίγηρυν), bien au contraire (Dioxys. Hauic., De comp. verb., p. 52 Reiske), et que Platon lui-même, dans le Ménexène, fait à Antiphon une allusion qui n'a rien de flat-

teur (p. 236 A). La pensée de Platon, dans le passage du Phèdre, est donc bien d’opposer à Périclès un orateur le l’âge héroïque.

LES « ÉLEUSINIENS » D'ESCHYLE 177

ce poème de la Thébaïde, que des allusions éparses chez les auteurs, jointes à limitation du poète latin Stace, permettent de restituer par hypothèse. L’éloquence d’Adraste s'y déployait en plus d'une circonstance, ne fût-ce que pour entrainer les chefs argiens au siège de Thèbes: mais, suivant Welcker!, elle triomphait surtout, à la fin de la campagne, en obtenant des Thébains le droit de relever les morts et de dresser sur le champ de bataille les sept bûchers destinés aux cadavres des Argiens. Telle était la tradition thébaine?, et Pindare, qui nous la rapporte, cite même un mot éloquent d'Adraste, mot emprunté, suivant le scholiaste, à la Thébaïde ellemème. Tandis que les sept bûchers se dressaient dans la plaine de Thèbes, le fils de Talaos, Adraste, fit entendre sur Amphiaraos cette parole : « Je pleure celui qui était l'œil de mon armée, à la fois bon devin et bon combattant! »

La légende athénienne, en attribuant à Thésée le mérite d'avoir ramené les Thébains à des sentiments de justice et d'humanité, réduisit assurément la part d’Adraste ; mais le souvenir des paroles prononcées par le roi d’Argos en l'honneur de ses compagnons ne disparut pas complètement de l'imagination populaire. Du moins Eschyle utilisa-t-il ce souvenir de la façon la plus heureuse, en

prêtant à Adraste le rôle d’orateur dans les funérailles que présidait

Thésée. Mais ce rùle, je doute que le poète l’eût développé en une scène entière si, dans le temps où il composait sa tragédie, l'usage ne se fût introduit à Athènes d'honorer par un discours public, dans une cérémonie solennelle, les guerriers morts pour la patrie. Sans y songer peut-être, il eut le sentiment que le public athénien verrait volontiers sur la scène une représentation anticipée, une image des fêles patriotiques du Céramique, et, dans une tragédie où dominait la pitié pour les mères argiennes, avec une vive admiration pour la générosité d'Athènes et de Thésée, il fit entendre les accents qui

1 WeLckkr, Epischer Cyklus, t. ΠῚ p. 367 suiv.

> M. E. Bethe, dans ses Thebanische Heldenlieder (Leipzig, 1891) n'est pas de cet avis: il croit que l’ancien poème cyclique ne connaissait pas plus que l'Jliade elle-même l'usage de rendre les cadavres après la bataille. Selon lui, c'est Pindare qui, le premier, imagina, pour atténuer la rudesse de ces traditions primitives, des funérailles présidées par Adraste (op. cit., p. 94-99). La démonstration de M. Betre ne me semble pas en ellemème convaincante ; mais en outre elle présente à mes yeux cette difficulté : si la légenae thébaine n'avait pas connu le fait des funérailles accordées aux Sept Chefs.comment, dès le vr° siècle, la légende athénienne aurait-elle pu faire intervenir Thésée dans ce rôle?

3 Prno., OL, VI, 15, schol. : ταῦτα εἴληφεν ἐκ τῆς χκυχλιχὴς Θηδαίδος.

178 AM. HAUVEITE

pouvaient inspirer aux jeunes Athéniens le courage militaire et le svoûment à la patrie. | Ho à ne ἐπιτάφιος me parait sope avoir suivi . pe " réforme des cérémonies funèbres du Céramique, Εν ire le transfert des ossements de Thésée à Athènes. Le ces ne d'Etat, qui avait contribué plus que personne à Es ae Thésée voulut travailler à développer dans Le peup e Τὴ : ments conformes à l'idéal que représentait la légende . παρα renouvelée du héros. Aussi longtemps qu'il fut LABSES τῳ ville, il poursuivit le même but, et l’une des RES sel tions de cette généreuse pensée, la plus durable aussi, fut l'in iscours funèbre. | bergers légende athénienne de Thésée et γέρρα: a place, grâce à Eschyle, dans les souvenirs les to ᾿ Fa démocratie athénienne - elle devint, avec celle de net k Héraclides. une source inépuisable de développements ee de bonne heure les hommes d'Etat qui continuèrent τῷ tra 7. établie par Cimon s'emparèrent de ces lieux Dre et orner leurs discours. Mais alors il ne suffit plus au RUE ν " 6 dire que Thésée avait obtenu de Thèbes, par la RAGE ar ae lion des cadavres argiens : la ville impie n'avait, ἐν τε édé qu’à la force, et il avait fallu une bataille en rip pour la ré KP Cette version nouvelle, quoique déjà dans PRE πε se empruntée par l'historien aux lieux communs τὰ à 2 démonstrative, et c'est de là aussi qu Ste passé dans εὶ or d'Euripide. Mais, après avoir fourni au “pat: Re δε + d'un beau récit de bataille! elle n'a pas pénétré, ce semble, 5 Τ profondément dans les traditions populaires. Elle figure, γα τὸ , dans l'Epitaphios attribué à Lysias ”, et elle n'est pas SATURRE crate, qui l'adopte, suivant les circonstances, plutôt τ -contraire; mais je ne sache pas que, parmi Les ASS e s τ: la lutte du héros contre les Thébains ait Jamais ur cr ἣν ὶ qu'une de ces représentations figurées que [65 2e seb | =. tiraient volontiers des grands modèles de la peinture et de sculpture contemporaines. FER

1 Eurir., Suppl , v. 650 suiv.

2 [Lys] Epit., 1-10.

3 rss Panegyr., +4 suiv.; Panathen., 168-174.

AD TRAGICORUM GRÆCORUM FRAGMENTA

EX ALTERA AUGUSTI NAUCKIT RECENSIONE

Hexrico Weiro, in nulla litterarum antiquarum parte hospiti, iuveni senique præ ceteris fere tragædiam græcam curæ cordique fuisse novimus. Quare rem neque ἀπροσδιόνυσον facturum me existimo neque summo philologo, quem iuxta cum civibus exteri omnes veneramur, fortasse iniucundam, si in hoc gratulatorio volumine solvere conabor quasdam ἀπορίας, quas immortale Nauckir opus, nescio quota vice lectum, nuper relectum mihi obtulit. Hoc unum vereor, ne vir illustrissimus frèseclisenex, cuius aciem mentis non debilitasse tantam senectutem recentissima eius opera testantur, eas difficultates ipse me felicius removeat. Sed enim a tanto viro superari, Cui quæso turpe est ?

Æscayz fr. 492 :

΄ Ne * à e A φοινιχκόπεδόν τ ἐρυθρᾶς ἱερὸν

χαλκοχέρχυνόν τε παρ᾿ Ὠχεανῷ (Ὠχεανοῦ cum Wieselero) λίμναν παντοτρόφον Αἰθιόπων,

ἵν᾽ ὃ παντόπτας Ἥλιος (Ados ?) αἰεὶ

(PT ἀθάνατον χάμιατόν θ᾽ ἵππων

ἰ à Ve ?

180 H. VAN HERWERDEN

Adnotat Nauck ad versum 7 « θερμαῖς num ferri possit dubito ». Procul dubio ferri nequit, sed adiectivum pertinet ad equos cælesti itinere fessos et ealidos, itaque ἵππων θερμῶν reponere non dubito. Non magis versus 3 sanum esse χαλχοχέραυνον animadvertit Hermann, apte coniciensyxhrcuaeavycy; quia tamen μαραυγεῖν, μαραυγία apud recentiores tantum reperiuntur, equidem potius rescripserim p'arrauaevysv τε κτλ.» licet sententiæ convenire etiam excogitatum a Weilio χαλχαστέροπαν Minime negem.

Æschyli fr. 275 :

Felicissima οἱ tantum non certa mihi videtur Nauckii emendatio KENQMACIN pro XEIAQMACIN, neque quomodo Robinson Ellis suam coniecturam τιλήμασιν, vocabulum comico quam tragico sermone convenientius, præclaro invento præferre potuerit intelligo. Miror autem neminem quod sciam hæsisse in σήψει manifeste corrupto, requiritur enim rumpendi aut perforandi aliquod verbum. Vix sufficit τύνψει, sed correxerim aut ξέξει aut potius δρύψει, coll. Ho-

mero ς. 426 ἔνθα x ἀπὸ ξίνους ξρύψει. Verbo simplici et ali utuntur

et Euripides Elect. 150, Hecub. 155.

Æschyli fr. 309 :

L \ ds \ ’ ᾽ / ἐγὼ δὲ χοῖρον χα! μαᾶλ᾿ εὐθηλούψμενον

Sententiæ prospicit Blaydesii coniectura εὐθηλὴ λαῤὼν, sed litteris traditis similius est quod, collato Leonida Tarentino in Anthologia Palatina, VI 203, proponere ausim εὐθηλήμονα. Quot vocabula seriores illi poetæ antiquioribus debeant plurimis exemplis nuperrime nos docuit Bacchylides redivivus in editione principe Kenyonis.

AD TRAGICORUM GRÆCORUM FRAGMENTA 181

Hoc et duo sequentia fragmenta 6 satyrico aliquo dramate sumta videntur.

Æschyli fr. 3354:

Campi magis aprici quam umbrosi esse solent, quocireca Æschylum ita inferos vocasse suspicor. — Cf. Eur. Herc., 607: ἀνελθὼν ἐξ

“ -- e/ ς Σ » - «Ὁ ’ κι ἀνηλίων μυχῶν ἽΛιδου Κόρης τ᾽ ἔνερθεν, οἱ Alc., 851 : εἶμι τῶν χάτω Kiss

SoPHOCLIS fr. 144 :

PO 5.5 , πῶ \ ” , ΄ « | ΄ véu. (1. 6. ἀναγνῶθι) εἴ τις οὐ πάρεστιν ὃς ζυνώμοτεν.

Permirus locus scriptis servandis solium videtur. Vix dubito quin verum 51}:

Sophoclis fr. 234, ubi describitur fabulosa illa uva, quæ in Eubœæa unius diei spatio ad maturitatem pervenire credebatur, duo ultimi versus corruptissimi sic feruntur in libris :

Meineke χλάστου χερὶ sive τέχνη, acule coniecit, mihi magis χερ' placet quam τέχνῃ, licet hæc sit lenior mutalio, neque etiam maiore lenitate abripi me patiar ut utrique præferam χλάστου μένει, quod minus aptum potest videri. [ἢ altero versu pro depravato adverbio χαλῶς nescio fere an reponendus sit dativus commodi βάχχαις,;

ΜΝ à na ---ππ“πΞΞΞῸ "SAR

182 H. VAN HERWERDEN

invitante ὍΝ ad Jhad. Ν 21: χατὰ γὰρ τὰς ἐτησίους τοῦ Διονύσου

10 τῶν VW. υστίδων γυναιχῶν βλαστάν: υσιν αἱ χαλούμιξ ξεναι

Sophoclis fr. 270. Hesychius ἀελλόθριξ᾽ + 9) χαὶ CYvsyeis

Agitur de capillis incompositis itaque aut xx ἀσυνεχεῖς aut χαὶ <> συνεχεῖς Verum est. Quia vero äsuvsyés extare non videtur, hoc probabilius.

Erusdem fr. 403. Hesychius ἀν ἄνδρας. Σοφοχλὴς Ναυπλίῳ.

Admodum mihi suspectum est adiectivum ἀνόρεος, quia nullum

extitit extra compositionem substantivum ἄνωρ. Grammatico videtur imposuisse scripturæ vitium &vOpess pro ἀνέ ρεος sive potius ἀνέριος.

Eiusdem fr. 458. Photii lex. et re: Ξανῶ᾽ χοπιάσω.

’ » Ὕ , #12 1 = An Fr δ᾽ ν ἯΡ ποιμέσιν. πον ς ᾿Αχαιοῖς βουλόμενος

Ex PE ge aie ξανῆσαι᾽ χοπιᾶσαι et Photii Suidæque lexicis, ubi ξανήσει" χοπιάσει, apparet verbum esse ξανᾶν, fatigari, itaque his grammaticis μὰ reddendum esse ξανῶ" χοπιάω, quæ lenior est correctio, aut ξανέσω᾽ χοπιάσω.

Eiusdem fr. 463 :

Aut πορφυρῶν -γένος corrigendum est, aut γένος iunctum cum adiec-.

tivo aliquo (velut ἁλιευτικόν) vel genetivo plurali, lecto in versu vicino, fuit sententiæ subiectum.

AD TRAGICOREM GRÆCORUM FRAGMENTA

Eiusdem fr. 481. 6:

ms € . bu ἂν θνητὸς ἐκ θνητῆς τε φύς UV εὖ φρονεῖν σοφώτερος.

Satin certum putas ineptissime dictum esse εὖ φρονεῖν σοφώτερος οἵ monstrum alere hæc verba? Jovis epitheton latere suspicor, ve

quod suadet versus præcedens. — Cf. Soph. fr. 256, 2; Æsch. Eum., 724; Critiæ fr. 1, 17, p. 771; Pind., Pyth., IV, 33, 291.

Eiusdem fr. 301 :

Les νόστον ἄγοι τὸν νιχομάχ ἂν χαὶ πχυσανίαν [χαὶ] ᾿Λτρείδαν.

Copulam inepte repetitam delere non dubito. In versus paræmiaci exilu si quis spondæo anapæstum, minime tamen necessarium, præferat, substituere possit voculam ποτ΄. — Neutiquam ego cum Nauckio formam magis poeticam νιχομάχαν posthabeo vulgari νιχόμαχον, quæ meis quidem auribus ἢ. 1. minus grata est. — [nsolentius dictum videtur νόστον ἄγοι pro οἶχον (5ῖνο οἴχαξ ) ἄγοι, quod fortasse reponendum.

Eiusdem fr. 321 :

ἤδη γὰρ ἕδρᾳ Le's ἐν ἐσχάτῃ θεῶν.

Siquidem ἧσται, quod pro ἤδη apte coniecit Heimsæth, mutationis facilitate non commendatur, eodem iure rescripseris θάσσει Vel θαχεὶ, maiore fortasse ἵζει, quod primum in ἴδει vel tx, deinde in ἤδη abire facile potuit.

à im NES NÉ R ΝΕ ἐδ" Dmcnsntsannesn ee 2

H. VAN HERWERDEN

Euririnis fr. 439 :

A » ’ χες πολὺ ÔUVGULYWTESOY.

Cf. Aristophanis Lys. 1014 :

οὐδέν ἐστ! θηοίον γυναῖχ ἀμαχύτερον 3 1 « » V) , NS LENS , ΄ οὐδὲ πῦρ, ουὸ OÙ ἀναιδὲς οὐδεμία πόρδαλι:.

Num fortuita hæc verborum sententiarumque conspiratio ?

Eiusdem fr. 438 :

»" ’ -Ὸῳ ΕΒ} \ ὑόριν TE τίχτει πλοῦτος Ἢ φειδὼ

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