HÉRODOTE, VII
2 Pixpare, Pyth., 1, 155, avec la scholie afférente, cité p. 208, n. ὁ: BACCHYLIDE, V, 51 :
ὑμνεῖν χυχνοπλοχάμου θ᾽ ἔχατι Νίχας χαλχεοστέρνου τ᾽ "Aÿros Δεινομένευς ἀγέρω -
exécutés en arrière des offrandes de Gélon, des murs de soutènement élevés presque jusque sur la base elle-même ; on en voit la trace, on en retrouve les assises le long des faces nord et est. C'est alors, en effet, que fut comblé un péribole, dont nous avons retrouvé l'enceinte antique en appareil polygonal au-dessous de la base des Thessaliens, celui de Néoptolémos sans doute. Il était placé en arrière de la base de Gélon et devait avoir son entrée sur la gauche de cette basef.
De même, en avant, le dallage de la Voie Sacrée a été refait, à une date assez basse, à l’époque impériale, semble-t-il; et les banes de marbre qui sont placés en cet endroit sont une addition très postérieure, établie sur des fondations plus anciennes et étrangères.
A l’ouest, règne un long soubassement du même calcaire noir bleu que le soubassement des trépieds; il ne fait pas corps avec la base de Gélon et est moins élevé de quelques centimètres; mais il y est exactement parallèle et en est si voisin qu'il s’y cale et qu'un trou d'encastrement chevauche de l’un sur l’autre. Il se développe sur une longueur de 3°,50, du nord au sud, et se continuait peutêtre davantage ; la largeur dans l’état ne peut être déterminée, car ilest en partie démoli et semble avoir reçu successivement plusieurs affectations.
Si l’on veut joindre aux deux socles encore en place ceux dont les débris ont été recueillis aux environs, on devra les disposer en avant, utilisant pour eux les fondations conservées sous les bancs de marbre ou sur les côtés, en leur assignant le soubassement de l'ouest, au pied duquel a été découvert le socle C, et un autre symétrique, qui aurait été démoli, à l’est. La démolition est d'autant plus admissible que, outre les travaux de voierie, la base des trépieds latéraux se trouva sans emploi après les pillages des Phocidiens, qui enlevèrent les trépieds ; elle était, par conséquent, exposée à plus de danger; on remarquera que les socles eux-mêmes sont tous les deux brisés.
Mises en avant, si basses qu'on les suppose, les offrandes de Polyzalos et Thrasyboulos auraient masqué celles de leurs frères aînés ; le secondaire eût caché le principal.
La composition symétrique de deux appendices balancés est beau-
1 Voir le plan de M. Tournaire. Sur les remblais, cf. BCH,1896, p. 648, 690.
ἰὴ. cost "- D. DS di μα ot su
9290 THÉOPHILE HOMOLLE
coup plus satisfaisante ; elle a contre elle la disparition complète du soubassement oriental et la forme allongée du soubassement ouest, trop grand pour un seul socle et presque suffisant pour deux. Toutefois on ne doit pas oublier les remaniements subis par cette partie du sanctuaire. Si l'on préfère adopter, pour les deux socles CD, le soubassement occidental, les trépieds ne seront pas en ligne avec ceux de Gélon et de Hiéron, mais placés perpendiculairement en retour d'angle. Ce piédestal aurait eu sa façade non point au sud, mais à l'ouest, et la situation était, en effet, très favorable. si l’on place de ce côté l'entrée du téménos de Néoptolème. C'est là qu'aurait été gravée la dédicace métrique conservée par le scholiaste de Pindare, par l'Anthologie, et le Lexique de Suidas.
Les offrandes syracusaines, groupées en un même lieu, auraient donc constitué soit un ensemble, formé d'un corps central et de deux annexes latérales, soit deux ensembles contigus, distincts, mais dépendants l'un de l’autre. Elles auraient été faites sur un même modèle, mais successivement. Au trépied de Gélon, se serait ajouté d’abord celui de Hiéron, sur une même base agrandie, pour le recevoir ; puis Gélon aurait commandé deux trépieds nouveaux et fait élever au même lieu une base nouvelle, ou deux appendices latéraux, pour associer à sa gloire ses deux frères puinés et faire rentrer dans le rang le trop orgucilleux Hiéron. IL n’y a rien là que de conforme à la douceur de Gélon, dont on vante l'amour fraternel, et à l’ambition impatiente de Hiéron.
On aurait souhaité pour cette hypothèse une démonstration tout à fait rigoureuse; on se doit contenter de probabilités et de vraisemblances. La dédicace métrique, sur laquelle elles reposent pour une bonne part, nous est arrivée sous deux formes, en deux épigrammes de quatre vers, dont les deux premiers seuls sont communs ; et, là encore, 1] existe une variante d’une certaine gravité : le scholiaste de Pindare donne τοὺς τρίποδας θέμεναι; l’Anthologie, τὸν τρίποξ᾽ ἀνθέμενα!, οἱ cette leçon est reproduite dans Suidas avec les deux vers de l’Anthologie. Les éditeurs modernes ont, en général, fondu les deux épigrammes en une de six vers, se réservant de rejeter l’un ou l'autre distique, ou même l'épigramme tout entière.
Les raisons pour lesquelles on en a contesté absolument ou l’antiquité, ou l'attribution à Simonide, ne m'ont point paru décisives, ni celles qu'on ἃ tirées du texte lui-même, ni celles qu'on ἃ cru
trouver dans nos découvertes de Delphes, alors qu'elles n'étaient pas encore achevées!. Je crois avoir montré que l'archéologie fournit, au contraire, des arguments favorables.
Passant au détail du texte, la pluralité des trépieds dont nous avons retrouvé les bases, conformément aux assertions de Théopompe etde Bacchylide, nous permettra de donner raison au scholiaste contre Suidas et l’Anthologie et d'établir la leçon τοὺς τρίποξας. En rentrant ainsi dans la vérité du fait, nous débarrasserons aussi le texte d’un dorisme singulier dans le contexte, l'apocope de ἀνά dans ἀνθέμιεναι.
De cette remarque résultera, si je ne me trompe, une présomption favorable au scholiaste de Pindare, qui paraît avoir puisé à de bonnes sources ses renseignements sur l’histoire des tyrans de Syracuse.
Donc, à moins de raisons sérieuses, j'admettrai aussi comme bon le second des distiques cités par lui. On l’a jugé plat et rejeté comme tel; à ce compte, on trouverait pas mal à éliminer dans les œuvres authentiques de Simonide, qui n'a pas eu, semble-t-il, la prétention de mettre de l'esprit sous chaque mot. Aussi bien mon sentiment est autre, et cette allusion à l'alliance libératrice, par laquelle la Grèce a été sauvée, ne me paraît manquer, en termes si simples qu'elle soit exprimée, ni de fierté, ni d'adresse politique.
Elle est contraire à l'histoire, dit-on encore, et jamais Gélon n'a
fait alliance avec les Etats grecs. Sans doute, si on l’entend d’une
convention diplomatique ; mais, à en juger par les résultats, quelle alliance eût pu être plus intime et plus efficace que cette action simultanée, cette double victoire en un mème jour aux deux extrémités du monde hellénique! C'est bien ainsi que l'opinion populaire interpréla les faits et les encadra dans la légende, déjà formée du vivant des tyrans et, sans doute, encouragée par eux, qu'Hérodote a recueillie, que Pindare a exprimée en termes magnifiques. Quelle assertion plus conforme aux prétentions, aux intérèts, à la politique de ces souverains, hellènes d’origine et désireux de Jouer un grand rôle dans l’hellénisme !
Une objection, que je m'étonne de n'avoir pas rencontrée, c’est la possibilité d'un emprunt à Hérodote, qui réduirait la poésie à une
l HAUVETTE, Epigrammes de Simonide, p. 125.
2 A καρ σ' A DA φν τινων
THÉOPHILE HOMOLLE
œuvre d’érudit. « ΠΠολλὴν à παρασχεῖν... χεῖρ᾽ ἐς ἐλευθερίην,» écrit le
poète. « Βώθεξ τε τοῖσι ἐλε: σι τὴν λλάξα χαὶ συνελευθέδευ. ᾿Αλὴ
γὰρ γενομένη πᾶσα ἡ Ἑλλὰς y Le μεγάλη συνάγεται, » dit à Gélon l’ambassadeur de Lacédémone. Mais l'expression n’est point sirare, ni la
ressemblance si textuelle qu'on doive croire nécessairement à un plagiat ; le sens du mot χεῖρ n'est pas non plus absolument identique : dans Hérodote il s'applique à un corps de troupes, ici je l’entendrais plutôt d'un secours au sens métaphorique.
Tout au contraire, il ne me parait guère douteux que le distique
intercalé, sur l'autorité de Suidas et de l’'Anthologie, ne soit une
interpolation.
Outre que l’épigramme de six vers est beaucoup moins usitée que celle de quatre, les vers ajoutés ont l'inconvénient de couper la phrase, de la surcharger et de l'alanguir, sans compensation manifesle dans la plénitude du sens ou l'éclat des expressions.
La mention exacte du poids de l’offrande ἢ ἃ rien qui doive offusquer, bien qu'elle ait aussi paru peu poétique; outre que cette particularité n'est pas indifférente à propos de mélal précieux, la mise en vers de ces détails précis est un petit tour de force que ne dédaignaient pas les épigrammatistes.
La difficulté consiste plutôt dans le chiffre même, dans l'embarras de la construction, dans l'obscurité de certains mots et de la formule même, enfin dans quelques erreurs matérielles. qui semblent révéler la prétention et l'ignorance d’un pédant.
On ne peut établir entre le chiffre et tous ceux qui nous sont donnés par notre inscription ou par Diodore aucun rapport d'égalité, ni de divisibilité par 10, comme dime. ou par 100 comme dixième de la dimet.
L'emploi de la livre d’or parait emprunté aux habitudes romaines et byzantines. Les poids qui nous sont authentiquement connus par l'inscription de Delphes sont le talent et la mine,
La préposition ἐξ avait étonné plusieurs archéologues, dont Bæckh ; elle n’est pas aisée à remplacer, et on l'a justifiée: mais il n en reste pas moins une singulière cascade de génitifs, compléments, appositions et compléments de compléments, dont les rapports sont mal établis.
! Voir à ce suit Preger, Hauvette, où la littér
alture antérieure est résumée, et en particulier Horu, Gesch. Siciliens, E, p.210 et 417.
L'on ne voit pas non plus sur quoi est prélevée la dîme et la dime
de la dime.
est une croix pour les commentateurs. Ce mot nous est donné par deux sources différentes, et j'admettrais difficilement la correction Δαρειχός. Ce serait une allusion bien détournée à l'alliance médo-carthaginoise, si l’on désigne par là le butin fait à Himère; ce serait une inexactitude, car on ne voit pas qu'on ait pris, ὯΙ reçu en contributions de guerre tant d’or monnayé, et l'on n'a pas employé de la monnaie d'or, mais des lingots achetés en Grèce, à la confection des trépieds de Delphes!.
Il faut donc s’en tenir à Δαρετίου ou Λαρετίου, qui seraient deux formes équivalentes par abréviation ou synonymie de l'adjectif Διαμχρέτειος, rebelle à la mesure du vers. Par une forme ou l'autre se trahira la vaine ingéniosité du versificateur érudit. Ce n'est pas par énigme qu'un poète contemporain aurait loué la reine Damarété, quitte à la rendre méconnaissable sous un nom d'emprunt. |
L'introduction de Damarété ne me parait pas moins le fait d’un érudit, qui jugea faire tort à la gloire de la famille si, à tous les Deinoménides, il n'ajoutait pas aussi la reine, la généreuse initiatrice des dons volontaires durant la lutte, l'heureuse négociatrice de la paix.
Ces événements sont racontés au long dans Diodore, qui parle aussi de la monnaie Damarétienne et qui semble la prendre faussement, comme l’auteur du distique contesté, pour une monnaie d'or.
Je retrouve enfin dans le même texte le τάλαντον, la λίτρα, les chiffres de cent et de cinquante, dans lesquels notre poète semble s'être plus ou moins embrouillé. |
Enfin Diodore aussi ne parle que d’un trépied, comme l’offrande est réduite à un trépied dans l’Anthologie et dans Suidas, seuls garants des vers en litige. | | |
Il me paraît donc très probable que le distique est l’œuvre d’un faussaire, qui voulut, à force d'érudition, compléter un texte plus ancien, qui vivait à l’époque impériale et prit ses renseignements soit à Diodore, soit à une source dont Diodore avait aussi fait
usage.
l'ATHÉNÉE, VI, p. 232 B.
224 THÉOPHILÉ HOMOLLE
Cette amputation faite, je ne vois ni dans le style, ni dans les faits aucune raison de nier l'authenticité de l'épigramme ; et, si on la croit antique, contemporaine de Gélon, si, comme nous avons essayé de le faire, on reconstitue le monument sur lequel elle était gravée, Je pense que l’on pourra, sans scrupule, l’attribuer à Simonide, qui fut l'ami des tyrans de Syracuse.
Delphes nous ἃ fourni les ruines du monument ; la poésie les rapproche, les explique, leur donne un nom et une histoire : elle prend à son tour, grâce aux faits, une clarté nouvelle et se purifie, au contact de la réalité, de tous ses éléments étrangers et corrompus.
Théophile Homo.
BACCHYLIDEA
Dans les notes qu'on va lire sur les poèmes et fragments récemment découverts de Bacchylide, je me propose de traiter principalement, mais non exclusivement, certains points d'intérêt mytholo-
gique.
Ι. Dans le premier fragment ‘p. 195 Kenyon), qui appartient au début de l'ode I, le poète racontait le mythe d'Euxantios. Minos, à la tête d'une armée crétoise et de cinquante navires, descendait dan, un pays dont le nom est perdu. Là il épousait la vierge Dexithéa : pour la protéger, il lui laissa « la moitié de son armée », à laquelle il distribua « ce pays de hauteurs escarpé£es » (πολύχρημνον χθόνα. fr. 1, v. 12). Il retourna ensuite en Crète et, le dixième mois. Dexithéa mit au monde «un fils glorieux, Euxantios ». La haute dignité à laquelle Euxantios était destiné semble marquée par le mot πρύτανιν (v. 19); le reste du contexte est perdu (c'est le même
mot qui, dans IX, 43, λινοστέλων πρυ... dénote la prééminence d'Epaphos, fils d'Io, en Égypte). Dans IT, 8, le poète appelle Céos οὐξαντίδχ νᾶσον. et Céos est sûrement la πολίχρημνος χθών à laquelle 1] fait allusion dans le fragment 1 comme lieu de naissance d'Euxantios. Cette description convient suffisamment à Céos, οἱ elle est de celles qui pouvaient naturellement se présenter à l'esprit de Bacchylide, dont la ville natale Iulis était située sur une colline escarpée, l'emplacement de la moderne Zéa.
D'après le scholiaste d'Apollonius de Rhodes (1. 186), Euxantios fut le père de Miletos. La source utilisée par le scholiaste est peutêtre Aristocrile, auteur d'un ouvrage sur Milet, qui mentionnait les
αὐξαντίδαι (MüLLer, Frag. histor., IV. p. 331). La renommée des
226 R. C. JEBB
Milesia vellera suggère une relation entre Εὐὐξαντίδαι οἱ ξάντης, carminator, « cardeur de laine ». De pareils noms patronymiques étaient souvent portés par des corporations héréditaires où l’'exercice d'un art ou d'une profession se transmettait de père en fils. Mais il est facile de concevoir que, lorsque les Euxantidai de Milet furent devenus un clan opulent et distingué, ils aspirèrent à l'honneur d’une généalogie héroïque. Wilamowitz ἃ remarqué (Gütt. gel. Anz.. 1898, n° 23, p. 128) que Εὐξάντιος est une « formation singulière ». Il soupconne que le sens en est: ὁ χατ᾿ εὐχὴν ἀντίος ἐλθών. Il pense que, dans la forme originaire de la légende, Dexithéa, « celle qui reçoit un dieu, » devint mère non par Minos, mais par un dieu, Zeus ou Apollon, dont la bienheureuse apparition fut rappelée par le nom Euxantios donné aux rejetons de cette union.
Des interprétations forcées de noms propres traditionnels sont chose fréquente däns la mythologie grecque populaire. Mais est-il probable qu'Euxantios ait été un nom inventé pour exprimer l'idée : & χατ᾽ εὐχὴν ἀντίος ἐλθών" Je ne puis le croire. Il est infiniment plus vraisemblable qu'Euxantios est un nom suggéré par le patronymique Euxantidai et inventé à seule fin de pourvoir d'un ancètre héroïque les fils des bons cardeurs de laine. Gette hypothèse est confirmée par l'obscurité relative où demeura le mythe d'Euxantios. Cette légende, autant que nous sachions, ne jouissait que de ce qu'on peut appeler une circulation locale, à savoir à
Milet et à Céos. Les savants alexandrins en avaient sans doute :
connaissance. Hérodien nous ἃ conservé une partie d'un vers de Callimaque : ua τὸ μὲν γενεῆς ÉdSavriècs. Mais il n'y ἃ aucune raison de supposer qu'ils puisaient leurs connaissances du mythe à d'autres sources que celles qu'avaient fournies Céos et Milet elles-mêmes ; je veux dire le poème de Bacchylide, l'ouvrage en prose d'Aristocrite, et peut-être d’autres mythographes du crû. Il est remarquable et significatif qu'Apollodore, d'ordinaire si complet et si précis sur chaque personnage mythologique de quelque importance, se contente de mentionner Euxantios comme un fils que Dexithéa eut de Minos, et n'a pas un mot de plus à dire à son sujet (I, T, 2).
Pour me résumer, voici Ja conclusion à la quelle je suis amené. Les Euxantidsi étaient un clan milésien dans lequel la profession de cardeur de laine était héréditaire. Céos avait une ancienne légende locale, qui faisait de cette ‘île le lieu où Dexithéa s'unit à Minos.
BACCHYLIDEA 227
mi md À
Minos était aussi associé dans la légende avec Milet; c'était une combinaison facile d'appeler Euxantios le fils de Minos et de Dexithéa, et d'en faire l'ancêtre des Euxantidai milésiens. Le mythe devait être bien accueilli par les Euxantidai eux-mêmes, auxquels Il fournissait une lignée si illustre. Il flattait aussi l'amour- 3 : 2 6. 7-0 2 ὃ . 2 ΄ Ψ .
propre des Céens,.qui embellirent encore la légende en faisant d'Euxantios le père de Miletos.
IT. La légende d'Euxantios n'est pas le seul lien entre Céos et Milet, dontune trace probable peut être trouvée dans ces poèmes. L'ode ΧΙ, adressée à un vainqueur métapontin, se termine par une invocation à Artémis :
Dans le texte, tel qu'il est donné par le manuscrit, il ΠΝ ἃ pas de verbe pour πρόγονοι. et ce mot lui-même est singulièrement vague. Il doit désigner les ancètres des Métapontins (impliqués par le mot Μεταπόντιον, V. 116); mais ceci est assez obscur, et certarnement inélégant. Feu le professeur Arthur Palmer ἃ proposé de lire 2552
ἐμοί au lieu de ἑσσάμενοι. Ti n'a invoqué aucun argument à l'appui
de sa conjecture. Mais, après un examen attentif, je suis disposé à
croire que la correction est exacte, du moins en ce qui concerne ἐμοί; le verbe qui précède doit-il ètre lu ἔσσχν ou θέσσαν, c'est là un point qui implique une discussion métrique, où je ne désire pas entrer 1e1. C'est à Strabon que nous devons le renseignement qui confirme le mieux l'opinion de Palmer. « Métaponte, » dit Strabon, « fut fondée, dit-on, par des Pyliens, qui partirent de Troie avec Nestor» (p. 264). Il nous dit aussi qu'à Céos, près de la ville de Pœaessa, existait un sanctuaire (ἱερόν) d'Athéna Νεξουσία (ainsi nommée de la rivière Nédon en Elide), et que ce sanctuaire passait pour avoir été
228 R. C. JEBB
fondé par Nestor à son retour de Troie (p. 487). Le fait qu'une pareille tradition se soit conservée à Céos jusqu'à l'époque d'Auguste est très significatif. Nous savons qu à Milet existaient des Nélides, qui prétendaient descendre du Pylien Nélée, un des fondateurs mythiques de cette ville. Athènes aussi avait ses Nélides et Cos ses Nestorides. Mimnerme de Colophon nous dit que sa race (ἡμεῖς) avait émigré de la « Pylos de Nélée » vers l'Asie Mineure (fr. 9). Effectivement les héros pyliens figuraient dans de nombreuses légendes concernant la fondation de villes et de temples ioniens sur les côtes et dans les îles de la mer Egée. À Céos, comme dans tant d'autres contrées ioniennes, il doit certainement y avoir eu des
familles qui réclamaient une origine pylienne. Aucune autre hypothèse ne peut expliquer le sancluaire céen d'Athéna Nedousia et la longue persistance de la tradition qui en attribuait la fondation à
Nestor.
Lorsque Bacchylide décrit le bosquet sacré de l’Artémis de Métaponte comme une fondation de ses ancêtres (+25v2v21... ἐμοῦ), 11 fait allusion aux héros pyliens qui passaient pour s'être fixés à Métaponte, et qui étaient aussi les ancêtres légendaires d'une partie de la noblesse de Céos, à laquelle appartenait la famille du poète. C'est un parallèle exact au passage où Pindare, parlant des Egéides qui étaient venus de Sparte à Théra, les appelle «mes aieux» (πατέρες inst, Pyth., N, 74). Un poète grec du v° siècle, qui écrivait des odes triomphales ou des encomia, était fréquemment mis en relation avec des hommes qui attachaient un grand prix à une lignée héroïque. Il y en avait beaucoup de semblables parmi les patrons de Simonide et de Pindare. Un poète qui pouvait se vanter d'être un Egéide ou un Nestoride possédait, aux yeux de ces hommes, un titre de plus à leur faveur. En outre, les mythes héroïques fournissaient au poète lyrique la source la plus attrayante de ses ornements poétiques. Si sa propre lignée pouvait être retracée jusqu'à des héros, la nature même de sa tâche littéraire contribuait à vivilier chez lui le sentiment de cette descendance. Rien de plus naturel que de voir Bacchylide, comme Pindare, exprimer ce sentiment. Dans le cas de Bacchylide, cette gloriole était d'autant plus à sa place que les ancètres auxquels il fait allusion reliaient les traditions de Céos à celles de Métaponte d'une manière honorable
pour les deux cités.
BACCHYLIDEA 229
I. Le fragment de onze lignes qui forme le début de l'ode XX présente un intérèt considérable pour la mythologie. Il nous raconte comment, « dans Sparte l'antique, les vierges aux cheveux d'or chantaient une chanson comme celle-ci, quand Idas, au cœur hardi, ramenait Marpessa, » après avoir échappé à l'arrêt de li mort, grâce à Poseidon, qui lui donna « des chevaux prompts comme le vent ».
Idas et Lyncée, fils d'Apharée, étaient des héros messéniens. Arène, nom d'une ville de Messénie mentionnée dons l'Iliade, leur élait associée soit comme nom de leur mère, soit comme [6 lieu d'origine de leur père (Αρήνηθεν, Arouz. Ruon., 1, 152). Le trait principal de la légende était la querelle mortelle entre les Apharétides et les Dioscures. Dans la version suivie par Pindare, la cause de cette querelle était l'enlèvement par les Dioscures de bétail appartenant aux Apharétides. Idas tua Caslor; les frères Messéniens furent alors poursuivis par Pollux, qui les atteignit près du tombeau de leur père Apharée; là il tua Lyncée, tandis qu'Idas périt par la foudre de Zeus. Il nesl pas difficile de reconnailre l'élément symbolique caché dans ce mythe. Les Apharétides sont les offensés, mais après une lutte les Dioscures l'emportent. Comme l'indiquent le nom et les attributs de Auyz255, les Apharélides étaient à l’origine des dieux messéniens de la lumière, comme [68 Dioscures à Sparte. Les représentants de Sparte commencent la dispute ; ensuite le vengeur de Castor poursuit les frères jusqu'à la tombe de leur père, et, aidé par Zeus, les écrase. Que la légende ait été façonnée par les vainqueurs ou par les vaincus, Île sentiment qui l'inspire réflète l'histoire de la Messénie. Aucun lieu ne pouvait ètre mieux consacré par la piété naturelle que le tombeau d'un père. Zeus avait décrélé que la force l'emporterait sur le droit, et la cause des Messéniens avait suecombé sur le sol qui lui était consacré, le sol de leur patrie.
Dans l'histoire de Marpessa, le Messénien Idas apparait comme rival d'Apollon. Marpessa était fille d'Evénos (Eÿrves), roi en Étolie. Idas l'enlève à son père à l’aide d'un chariot ailé, que lui a donné Poseidon. Evénos le poursuivit, mais en atteignant le fleuve étolien Lycormas, et en découvrant qu'il ne pouvait pas rattraper les fugitifs, il tua ses chevaux et se noya dans la rivière, qui désormais prit le nom d'Evénos. Idas amena Marpessa à Messène ; Apollon l'y rencontra et tenta de lui enlever Marpessa ; mais Idas, intrépide,
930 Β. C. JEBB
tendit son are contre le dieu archer. Zeus intervint alors et permit à Marpessa de choisir entre ses prétendants. Elle choisit Idas, craignant qu'Apollon n'abandonnât son épouse mortelle une fois devenue vieille (APoLLODORE, [, 7, 8 suiv.).
+ Simonide avait raconté cette histoire (Schol. 11., IX, 556) : d’après le sommaire donné par le scholiaste, Simonide nommait Arèné en Messénie comme l'endroit où Idas amena Marpessa, et cependant il désignait Idas comme Λαχεξαιμόνιος τὸ γένος... A première vue, la chose est surprenante, quand nous nous rappelons que tout le mythe des Apharétides était essentiellement messénien. Théocrite, fidèle en ce détail (mais non sur d’autres points) à la légende ancienne, parle de Μεσσάνιος "ls (XXIT, 208). Pausanias cependant jette un nouveau jour sur la question. Il vit la tombe des Apharétides à Sparte et remarque qu'on se serait plutôt attendu à la rencontrer en Messénie {Π|. 13, $ 1) ; mais, ajoute-t-il, les malheurs des Messéniens et leur long exil du Péloponèse avaient obseurci leurs traditions locales. Il était devenu loisible à tout peuple qui le voulait (τοῖς ἐθέλουσιν) de réclamer ces traditions pour lui-même. En fait, les Lacédémoniens avaient usurpé la légende messénienne. C'est ce qui ressort bien d'Ovide. Il place la scène de la fatale rencontre entre les Apharétides et Pollux dans Aphidna de Laconie (Fastes, V, 708), ville qui, d’après Etienne de Byzance, était la patrie de Leucippe et de ses filles.
Considérons maintenant le texte du fragment, qui est ainsi CONÇU :
Σπάρτα ποτ᾽ ξανθαὶ Auxedx|
YETO χχλλιπα
χύραν θοχσυχαρ Μάρπησσαν tol
ἵππους τέ οἱ ἰσαν] ὡς ὁ ἃ PP
BACCHYLIDEA 231
La « chanson chantée autrefois par les vierges lacédémoniennes aux cheveux d'or » était évidemment üne espèce d'épithalame en l'honneur d'Idas et de Marpessa. Nous nous rappelons l’épithalame d'Hélène (Tuéocurre, XVII), et c'est sûrement ἃ Lacédémone, non en Messénie, que, d'après cette chanson, Idas amenait Marpessa. Le sens général des six premiers vers est suffisamment clair : Wilamowitz propose εὐρυχόρῳ au vers 1 et χόρα! sy au vers 3, Ce qui peut servir au moins erempli gratia. La restitution des vers 7 à 41 présente plus de difficultés. On peut noter quatre points : 4° IL nous faut un verbe qui ait Poseidon pour sujet et ἵππους pour régime ; 2° la place de τε au vers 9 montre qu'il accouplait ἵππους avec un autre accusatif qui s'est perdu; sans doute celui d'un nom signifiant chariot. Cf. Pixnare, Olymp., I, 86, τὸν μὲν ἀγάλλων θεὲς | ἔδωχεν διφρόν τε χρύσεον FT ροῖσίν τ᾿ ἀχάμαντας ἵππους: 3° Pleuron. au vers 10, ne peut pas être réuni avec ἄγετο #72. Le Péloponèse, non l'Etolie, est le pays où Idas amena Marpessa. Le héros Pleuron figurait dans la mythologie comme arrière-grand-père d'Evénos (APoLLODORE, 1, 7, 8), et la ville de Pleuron était proche du fleuve Evénos. Bacchylide doit avoir mentionné ici Pleuron comme le siège du roi Evénos. l'endroit où se rendit Idas dans l'intention de conquérir Marpessa. Il est vrai que Simonide (ScnoL. Iz., IX, 556) avait nommé Ὀρτυγίαν τὴν ἐν Χαλχίξι comme l'endroit d'où fut ravie Marpessa ; mais nous trouvons souvent de pareilles divergences de détail entre des versions presque contemporaines d'un même mythe. ΠῚ semble presque qu'un poète cherchait parfois à marquer son indépendance en modifiant ces petits détails dans l'œuvre de son prédécesseur. Bacchylide doit certainement s'être conformé ἃ la tradition prévalente quand il placait le séjour d'Evénos en Étolie. 4° La généalogie d'Evénos nous est donnée par Apollodore (1,7, 8), qui fait de lui le fils d’Arès par Démoniché, petite-fille de Pleuron. Le mot perdu à la fin du vers 11 était probablement ᾿Αρῆος.
Avec ces données nous pouvons maintenant proposer la restitution suivante comme représentant au moins le sens général du
tel
contexte primitif :
Σπάοτχ ποτ ἐν [εὐρυχόρ:»] ᾽ μὰ 8: δ om
R. C. JEBB
τοιόνδε μέλος χ[όραι ἄδον], γετο χαλλιπά sav | ν θρασυχάρ᾽ διος Ἴδας] πλόχαμον], φυγὼν θανάτου “τέλος, ὡς πόρε δίφρον, 5 Ποσί(ε): ὃ ἅν)
αν ἐμοὺς" ὃ γὰρ € AD ὧν.
DxT| μέν 2 |
Le fragment s'arrête au moment où le poèle va raconter ce qui se passa avant la fuite d’Idas et de Marpessa dans le chariot ailé : comment Idas vint à Pleuron et demanda au fils d’Arès (Evénos) la main de sa fille. L'accusatif υἱέν (si tel est bien le cas de ce mot au vers 11) dépendait probablement d'un verbe dont le sujet était Idas, par exemple ἤτησε χέραν. Les mots du vers 8, φυγὼν θανάτου χτλ.,. sont éclairés par un fait que nous apprend le scholiaste de Pindare. Isthm., IV, 92, à savoir que Bacchylide avait raconté comment Evénos (tel OEnomaos) contraignait tous les prétendants à la main de sa fille de lutter avec lui, probablement dans une course de chars, les tuait quand ils se laissaient vaincre, et bâtit la toiture d'un temple avec leurs crânes. Le récit de ces événements suivait sans doute le passage qui commence avec la fin de notre fragment.
IV. L'histoire de Méléagre dans l’ode V (66-175) est un exemple caractéristique de la manière dont Bacchylide emploie le mythe comme ornement de l'épinikion. Elle est aussi remarquable à d'autres titres. Après une description de la victoire olympique d'Hiéron, le poète dit: « Un homme peut être appelé heureux s'il a obtenu sa part d'honneurs (μοῖραν χαλῶν, visant parliculièrement les victoires dans les jeux), avec une existence généralement prospère, «car nul mortel n'est béni en toute chose » ; nous apercevons là une allusion à la mauvaise santé d'Hiéron. Ensuite, sans préambule, vient le récit mythique : « On dit qu'un Jour Héraclès descendit dans l’Hadès » et là rencontra Méléagre. Le lien entre la victoire d'Hiéron et le mythe est simplement la γνώμῃ : « Nul mortel n'est béni en toute chose. » Méléagre est un exemple d'une
LT
BACCIIY LIDEA 233
jeunesse glorieuse soudainement interrompue par un cruel destin : comme le sort d’Héraclès aussi fut un mélange de triomphes et d'épreuves. Pindare également aurait pu se contenter de relier son thème principal au mythe par une pensée de ce genre: mais Pindare, en tous cas, aurait rendu l'enchaînement plus clair ; il aurait ménagé la transition avec plus d'art et plus de douceur. En ce qui concerne la version qu'il donne du mythe lui-même, Bacchylide ἃ fait quelque usage de l'épisode contenu au IX° chant de l’Iliade ; mais le trait distinetif de l'histoire, la mort du héros par l'effet de la combustion du tison d'Althée, indique une source différente et sans doute plus ancienne. Homère ne dit pas comment périt Méléagre; ce n'était pas nécessaire pour le but en vue duquel ce mythe ἃ été introduit dans l'Ambassade : mettre Achille en garde contre la persistance de sa morne inaction. Mais nous savons par Pausanias (X, 31, 3) que, dans deux autres épopées, la Μινυάς et les ‘Tzix, Méléagre était tué par Apollon : c'était là une fin glorieuse bien appropriée à l'esprit de poèmes épiques qui cherchaient à exalter le héros étolien. Se consumer comme se consumait le tison d'Althée était une mort tragique, mais non glorieuse. ILest probable cependant que le tison appartenait à la plus ancienne forme de la légende. Des poètes épiques qui employaient une vicille chanson de Méléagre comme matière, mais qui trouvaient l'incident du (1500 peu à leur convenance, se contentaient de dire qu'Althée, dans sa fureur amère de la mort de ses frères, prononça une malédiction contre son fils (7/., IX, 567: πόλλ᾽ ἀχέουσ᾽ ἠρᾶτο) : elle laissait aux fèches d'Apollon le soin d'accomplir la malédiction. Le poète tragique Phrynichos (environ 500 ans avant Jésus-Christ) est le plus ancien auteur connu qui ait mentionné le {ison d'Althée ; mais la remarque de Pausanias (X, 33, ἃ #4), que c'était Ἰὰ la première mention du tison dans le drame, implique la connaissance ou la présomption d'une source plus ancienne, épique ou lyrique. Semblablement la manière dont Eschyle fait allusion au tison (Choéphores, v. 603 suiv.) indique que c'était un élément bien connu du mythe. Mais rien peut-être dans la mise en œuvre de cette légende par le poète de Céos n’est plus intéressant qu'un point où il se sépare de Pindare. Quand Méléagre ἃ terminé son pathétique récit, Héraclès répond : « Le mieux, pour les mortels, est de ne pas
. naître et de ne pas contempler la lumière du soleil. Mais il ne sert à
ER GED ne Br D MERE RE €
234 R. C. JEBB
rien de se lamenter sur le passé; ne parlons que de ce qui peut encore s'accomplir. Dans le palais du belliqueux OEnée y a-t-il, parmi ses filles, une vierge de formes pareilles à la tienne ? Volontiers je ferais d'elle ma royale épouse. » Alors Méléagre répond: « J'ai laissé dans ma demeure la belle Déjanire encore étrangère à la déesse séductrice de l'amour. » Là le mythe s'arrête brusquement. Dans tout ceci règne une naïveté qui peut nous faire sourire, mais qui a son charme particulier. Nous croyons reconnaitre le caractère primitif, nous sommes prêts à croire que le poète du ν᾿ sièele avant Jésus-Christ reproduit fidèlement un original archaïque ; mais nous trouvons que Pindare racontait l'histoire autrement. Dans sa version, c'est Méléagre qui proposait à Héraclès la main de Déjanire (Scnoc. [L., XXI, 194). A première vue, le lecteur moderne pourrait être disposé à croire que la supériorité poétique est du côté de Bacchylide; assurément il est juste que la proposition soit faite par Héraclès; est-il compatible avec la dignité ou la délicatesse quelle émane de Méléagre ? Néanmoins une réflexion plus attentive nous montrera, Jose le croire, que la version de Pindare offre un accord plus vrai et plus délicat avec l'esprit du mythe. La signification de la scène dans l'Hadès dépend de l’antithèse des deux grands héros, le vivant et le mort. Il n’y ἃ plus de Méléagre sur terre, mais un Héraclès a succédé à sa renommée ; Déjanire, dans la maison de son père OEnée, est persécuté par un prétendant qu'elle abhorre, le monstrueux Achéloüs ; Méléagre, dans le royaume des ombres, demande protection pour sa sœur impuissante au seul champion vivant qui puisse dignement remplir la place de son frère. Dans cette conception il y ἃ une poésie plus élevée, un pathos plus profond que dans celle de Bacchylide, qui nous montre Héraclès recherchant la main de Déjanire en partie par admiration pour son infortuné frère, en partie par pitié pour lui. S'il était certain que Bacchylide ait été le premier à modifier de cette façon le récit de Pindare, ce fait révèlerait que son appréciation du mythe était passablement superficielle. Mais il peut avoir trouvé les deux versions déjà répandues.
‘ νι L'ode IX, pour un vainqueur de Phlionte, est particulièrement remarquasle par ses allusions aux mythes généalogiques concernant l'Asopus. Les filles d'Asopus, dit le poète, jouissent d’une renommée
BACCHYLIDEA 235
universelle, « les dieux les ont instituées sous d’heureux auspices comme fondatrices de villes imprenables ». Ces filles sont énumérées par Diodore (IV, 72), ce sont Corcyra, Salamis, Ægina, Peiréné, Cléoné, Thébé, Tanagra, Thespia, Asopis, Sinopé, Oinia et Chalcis, liste qui éclaire suffisamment la définition du poète. Il faut particulièrement remarquer que, d’après Diodore, le père de ces enfants est l’Asope de Phlionte, non celui de Béotie. Ainsi les légendes auxquelles se réfère Bacchylide étaient irdigènes dans la patrie du vainqueur.
Dans l’ode ΧΠΠ nous trouvons, si je ne m'abuse, un autre indice de la familiarité du poète avec les mythes locaux de Phlionte,
Ægina y est invoquée comme δ᾽ ἐσίποινα rai ξεῖ, où je suppléerais
£elivou πατρός͵. L'Asope est appelé ξεῖνος, parce que, selon la légende
de Phlionte, il était d'origine phrygienne, étant issu du Méandre et ayant passé sous la mer Égée jusqu'à Phlionte (Paus., IL 5, $ 3: ᾿Ασωποῦ τὸ ὕδωρ ἔπηλυ nai οὐχ ἐγχώριον). Plutarque (De exil., ο. 14) mentionne Bacchylide parmi les écrivains distingués qui ont composé leurs meilleurs ouvrages en exil, ajoutant qu'après son bannissement de Céos il vécut dans le Péloponèse. Peut-on croire que l’érudition locale manifestée dans les odes IX et XIIT atteste un séjour à Phlionte ?
VI. Dans: traitement du mythe de Thésée et de Minos (ode X VIT), le poète n'est pas gèné, comme dans ses odes triomphales, par un autre thème sur lequel la légende héroïque doit être greffée, et ici son talent de narrateur se manifeste dans tout son éclat. Une discussion du poème dans son ensemble excéderait les limites de ce travail; Je ne veux toucher que quelques points.
1° Nous ne savons rien d’un poème plus ancien qui ait pu traiter cet épisode; mais quatre peintures de vases, entre autres la eylix d'Euphronius au Louvre, qui représente la réception de Thésée par Amphitrite (Baccayzine, vers 109 suiv.), témoignent de la popularité dont Jouissait cette histoire à l’époque du poète, car l’activité d'Euphronius se place entre 500 et 450 avant Jésus-Christ.
2° Dans les derniers vers de l'ode, le poète invoque la bienveillance du dieu de Délos pour les chœurs des Céens. La pièce ἃ sûrement été écrite pour une fête d’Apollon à Délos; nous apercevons ainsi la convenance du sujet à l’occasion. La légende racontait que
τὴ on de vue
ROOMS TER js PT ἢ D de A PRE € ie ce εν τῶν, Dr 6e ES
236 R. C. JEBB
Thésée, retournant vainqueur de Crète avec ses compagnons athéniens, toucha à Délos et y institua, en l'honneur d'Apollon, la danse connue sous le nom de l'észvcs. Cette danse était décrite par Dicéarque (environ 320 avant Jésus-Christ) comme un symbole des erreurs de Thésée dans le labyrinthe crétois (PLvrarque, Thésée, 21}. Nous savions déjà, par le scholiaste de Callimaque (Dec., v. 28), que Bacchylide avait écrit pour Délos, comme aussi Pindare (fr. 85 Bergk).
3° Le jeune Thésée, dont l'équipement guerrier est décrit si complètement ailleurs (XVII, 47 suiv.), reçoit ici (vers 14) l'épithète de χαλχοθώραχχ. D'après Plutarque (Thes., 17), Minos avait stipulé à Athènes que Thésée οἱ ses compagnons s'embarqueraient sans armes. En partie pour ce motif, en partie pour une raison métrique, Wilamowitz ἃ proposé de lire λινοθώραχα. par allusion au costume ionien. Mais il me semble plus probable que le texte est correct au vers 14, et qu'une syllabe (peut-être +2) s'est perdue après raser, au vers 37. Bacchylide peut avoir employé cette épithète conventionnelle pour un héros guerrier, sans se préoccuper si elle était ici à sa place. C'est ainsi qu'au vers 95 il applique à Poseidon l'épithèle ἱππίου, quoique le dieu soit mentionné dans ce passage en relation avec son palais sous-marin.
4 Le caractère que le poète attribue à Minos dépend, dans une certaine mesure, de la lecon adoptée au vers 86. Faut-il lire τὰ(χ)εν
(OU τὰξεν) ἔνδοθεν χέχρ ? Cette expression dénoterait naturellement le chagrin ; elle pourrait aussi exprimer la crainte ou la stupeur ; mais
le contexte indique clairement que le sentiment de Minos est de la Joie; c'est dans une intention sinistre qu'il a défié Thésée de demander un signe à Poseidon (v. 51 : ὕφαινέ τε ποταινίαν μῆτιν). Quand Thésée sauta dans la mer, Minos se réjouit en secret, et, au lieu d'arrêter le vaisseau, il ordonna à son équipage de le maintenir en marche. Au vers 120, nous avons une autre indication de la joie de Minos, qui fut brusquement interrompue par la réapparition de Thésée. La vraie leçon du vers 46 est donc. je crois, γὰ(θ)εν.
9° Au vers 125, les χοῦραι semblent être les Néréides : cela résulte de l'épithète 3/x250gcve (donnée par Pindare aux Muses et aux Danaïdes). Une pareille épithète serait très singulière appliquée aux Jeuns filles athéniennes, les captives de Minos sur le vaisseau. Si l'épithète n'est pas purement décorative, il faut concevoir les
BACCIIY LIDEA 9237
Néréides comme assises dans le palais d'Amphitrite, où Thésée les a vues (v. 101). Au vers 130, le terme ἔθεσι comprend les jeunes filles Athéniennes, comme aux vers 43 et 93, et comme χούρους au vers 3.
VIT. Le poète qui, dans l'histoire de Thésée et de Minos, a rendu hommage à l’Apollon de Délos traite la légende de Crésus (HT, 23-62) sous l'influence manifeste de Delphes. La version d'Hérodote, où Cyrus condamna Crésus au bûcher, paraît être celle qui prévalait généralement dans le monde antique. Elle ἃ été suivie au siècle d'Auguste par Nicolas de Damas (Müzcer, Frag. hist, HE, p. 406, fr. 68) dont la source peut avoir été les Λυξιαχά de Xanthos (vers 470 avant Jésus-Christ). L'allusion de Lucien (/e Cog, ch. xxun) atteste que le mème récit était courant à une époque plus récente. Cette version porte la marque de la Grèce asiatique; elle est dominée par la sensation d'une catastrophe écrasante, qui laissa Crésus sans ressource sous l'étreinte du vainqueur perse ; Apollon avait failli au devoir de protéger son fidèle serviteur, et, quand on lui reprocha cette trahison, il put seulement invoquer pour sa défense que les Parques avaient été inexorables. Mais, suivant Bacchylide, c’est Crésus qui, de sa propre volonté libre, décida de monter sur lebûcher. plutôt que de subir le joug des Perses. Zeus éteint les flammes, ensuite Apollon transporte Crésus avec ses filles dans la contrée des Hyperboréens, en récompense de sa munificence sans égale envers « la glorieuse Pytho ». Celte version tient compte à la fois de la dignité de Crésus οἵ de l'honneur d’Apollon ; elle exprime la gratitude οἱ la piété de Delphes. Un écrivain antérieur à Bacchylide avait-il déjà raconté l'histoire ainsi ? Nous l'ignorons. Mais, en tout cas, c'est la forme du récit adoptée par l'artiste d’un vase fameux, l'amphore à figures rouges (Louvre n° 19%) publiée dans les Monumenti dell Instituto, V, pl. XLIV. Cette peinture, qui montre quelque affinité avec la technique des vases à figures noires, ne peut guère ôtre plus récente que 510-490 avant Jésus-Christ; elle est donc
antérieure de quelques décades à l’ode de Bacchylide. Crésus, vêtu du costume royal et tenant un sceptre, est assis dans un trône au
sommet d'un vaste bûcher déjà en flammes (16 ξύλινος δέῃ, vers 49). Il verse sur la flamme naissante le contenu d'une coupe de libation comme pour sanctifier son holocauste. Le serviteur qui
Ὄπ mi PR
Er
(γε pat
DLL Mn Pda dre dr den à ὦ, RE M nn gt RD EEE PE OM εν SRE NT PEUT
nd ER κού ας
238 R. C. JEBB
achève d'allumer ou attise le bûcher porte le nom significatif de
EYOYMOC : l'acte de Crésus est volontaire, une joie fière est le
sentiment qui l’inspire. Dans Bacchylide aussi Crésus ordonne à un
serviteur d'allumer le bûcher (v. 48). Le poète ἃ pu s'inspirer de
l'exemple d’un peintre ou d'un précédent encore plus ancien en
donnant un nom à ce personnage. En ce cas, nous devons lire ᾿Λέροχέμας dans Πέκοροτε, VII, 204).
VIIT. Le fragment d'un dithyrambe composé pour Athènes et intitulé 1Q (XIX) est curieux en premier lieu comme un témoignage d'une phase assez prosaïque dans la manière de notre poète. Il connaissait plus d'une version sur la facon dont Argus avait été tué par Hermès. En pareil cas, Pindare aurait choisi une de ces versions, ignorant ou rejetant le reste; Bacchylide au contraire mentionne les versions divergentes sans décider entre elles (vers 29-36), après quoi 1] se hâte vers le point où il trouve le terrain solide d’une tradition claire et fixée (v. 38 : ἐμοὶ μὲν οὖν ἀσφαλέστατον. χτλ.).
I trouve le terrain quand lo arrive en Égypte et donne le jour à Epaphos (vers 39-42). Au vers 43, remarquons-le en passant, le papyrus porte AINOCTOAQN, non AINOCTOAQN. Le texte des vers 41-46 peut se rétablir à peu près ainsi :
« μῆς » ἢ AIVOGTOAUY ποῦ τὰνιν, ὶ ;
EN
(Agénor, père de Cadmus, était petit-fils d'Epaphos.) L'épithète λινοστόλων suggère en première ligne l’image de prétres égyptiens : dans un hymne à Isis du 1v° siècle après notre ère, la déesse est invoquée comme Αἰγύπτου Gasthsix λινέστολξ (Kaibel, Epig. gr., 1028).
Le mot cependant pourrait être une épithète des Égyptiens en général (ef. Héropote, II, 37).
IX. Les caractères généraux du talent de Bacchylide comme conteur de mythes sont le mieux mis en lumière par les odes V (Méléagre)
BACCIHIYLIDEA 239
ΧΙ (les Prœtides), XNIT (Thésée et Minos) et XVII, ce dithyrambe écrit pour Athènes et si intéressant par sa forme (un dialogue entre Égée et le chef du chœur cyclique) qui raconte les exploits de Thésée sur son chemin de Trézène vers l’Attique. Bacchylide prend les faits fournis par la tradition et les raconte d’une manière directe, concise, lucide et souvent gracieuse. Son style est iei apparenté à celui du récit épique dans sa phase la plus simple, tel que nous le trouvons dans certaines parties de l'Odyssée. Ce qu'il ajoute de son propre fonds consiste principalement en ornements de détails, souvent pittoresques ; nous en avons un bon exemple dans l'ode XVII. ἢ connait l'art de donner à ses personnages de l’éfhos, comme dans les brefs discours de Thésée et de Minos (XVII). Quoique son intelligence de l'esprit des légendes ne soit ni subtile ni profonde, il est sensible à leur pathétique dans ses aspects les plus visibles. Mais il ne sait pas, comme Pindare, jeter une divine auréole autour du passé héroïque; 1] ne sait pas hausser ses légendes dans la région idéale de la poésie supérieure. Nous cherchons en vain cette puissance plastique de l'imagination, cet instinct dramatique avec lesquels Pindare vivifie les mythes de Pélops, de Jason, de Cyrène.
Cependant cette poésie de Bacchylide, si elle demeure en général à un niveau assez modeste, n'en est pas moins une acquisition précieuse et instructive. Elle est foncièrement hellénique ; elle jaillit du cœur de la meilleure époque. La poésie de cette époque et du temps qui [ἃ précédée nous avait Jusqu'à présent été surtout connue par les plus grands maitres : Homère, Pindare et les plus grands des tragiques attiques. Il est bon de posséder dans ces poèmes de Bacchylide un spécimen considérable de la poésie que ces brillants luminaires éclipsèrent, mais qui n’en luisait pas moins d'un rayonnement modeste et génial sur le mème monde. Bacchylide n'imposait pas à son auditoire des exigences excessives. Il pouvait ètre compris de tous. S'il s'élevait rarement très haut, sa grâce facile, ses touches fréquentes de pathétique et de pittoresque, avaient un charme que tous pouvaient goûter. La tradition suivant laquelle Hiéron le préférait à Pindare peut être apocryphe ; mais, si elle est vraie, nous pouvons être sûrs que beaucoup de gens partageaient l'avis d'Hiéron.
Le nom du prince syracusain nous conduit à une observation qui se rattache à cet ordre d'idées. Pindare écrivit des odes triomphales
240 R. C. JEBB
pour Hiéron en 477 avant Jésus-Christ (2° Pythique, pour une fête
thébaine), en 476 (15 Olympique, victoire du cheval Phérénicos), en 474 (3° Pythique, rappelant des succès plus anciens du mème cheval). elen 470 (1° Pythique, course du chariot à Delphes). Bacchylide écrivit pour Hiéron en 476 (ode V) et en 470 (ode IV), célébrant chaque fois le même succès que Pindare ; puis en 468 (ode HI), quand Hiéron remporta la plus importante de toutes les victoires, la course du chariot à Olympie. ἃ cette dernière occasion Pindare garda le silence, quoiqu'il fût encore au zénith de sa carrière et que, la même année, il chantât lavictoire remportée dans la course des chars à mules par Agésias de Syracuse (6° Olympique). Nous remarquons aussi que dans cette ode il adresse à Hiéron quelques compliments qui semblent avoir un ton propitiatoire ; n'était-celà qu'un simple accident? ou faut-il y voir la preuve qu'en invitant Bacchylide à célébrer son plus éclatant succès Hiéron marquait sa préférence pour le poète de Céos, ou désirait lui offrir une compensation pour quelque déconvenue antérieure ? Un passage de l'ode IV (#70 avant Jésus-Christ) mérite d'être remarqué à ce propos. Cette ode, contemporaine de la première Pythique de Pindare, est singulièrement courte; elle n'a jamais compté plus de vingl vers., Au vers 13 la leçon Δεινομένεςς 4° ἐγεραίρομεν υἱόν paraît certaine. Le sens des vers 7-18 (malheureusement 7 à 12 inclusivement sont mutilés) semble avoir été celui-ci : « (Si quelque obstacle ne m'avait arrêté) J'aurais honoré le fils de Deinoménès (Hiéron), » en envoyant (ou en apportant) à Etna un tribu poétique plus digne de lui. Ainsi ce court morceau prend la physionomie d'une exeuse, ou peut-être d'une plainte : quelque événement avait frustré l'intention du poète. Or le vers 8, qui est mutilé, se termine par les mots... ἂς ἀλκέχτωρ. Dans la 12° Olympique de Pindare, écrite en 472 avant Jésus- Christ, deux ans avant cette ode de Bacchylide, le ἐνδομχχας ἀλέχτωρ du vers 14 est le symbole de discordes intestines, comme le ἀλέχτωρ l'est également au vers 801 des Euménides d'Eschyle. Se pourrait-il que ce vers mulilé eût fait allusion aux luttes civiles de Céos qui avaient amené l'exil de Bacchylide (PLurarque, De exil. ,e. 1%) et ne lui avaient pas laissé le loisir ou le pouvoir de célébrer la victoire d'Hiéron dans les proportions où il l'eût désiré? S'il en élait ainsi, la commande adressée par Hiéron à Bacchylide à la prochaine occasion (deux ans plus tard, en 468) aurait été un acte gracieux destiné à
BACCHYLIDEA 241
consoler et à apaiser un poète à qui ses précédents ouvrages avaient concilié la faveur du prince.
Avant de conclure, je voudrais indiquer brièvement un trait saillant du style de Bacchylide, qui est caractéristique de l’ensemble de son œuvre; je veux dire son choix et son emploi des épithètes. Quelques-unes paraissent singulières et peu heureuses. Il appelle Déjanire χλωραύχενα (V, 172) : est-ce que yves désignerait ici le teint olivâtre du Midi? ‘Pe35evs (XVI, 34) est encore un bizarre adjectif pour le farouche torrent étolien Lycormas ; on ἃ proposé δοθόεντι, mais le texte est probablement correct; comparez ἀνθεμέεντι Ἕέρῳ (AVI, 5), ἀνθεμώξεα Νεῖλον (XIX, 39) ; une rivière d'Égine a de même ἀνθεμόεντας ἔχθους (XIII, 55). Quand ailleurs 1] parle de πυριέθειραν ἀστραπάν (A VII, 56), l’épithète paraît mieux convenir au jeu diffus de 1 « éclair d'été » qu'au jet de flamme qui jaillit de la nuée d'orage. Dans XVII, 95, on peut douter si les mots λειρίων.. ὀμμάτων désignent des yeux d'une beauté délicate ou des yeux au regard tendre (SUIDAS : Asto(1)520anues" προσηνεῖς ἔχων τοὺς ὀφθαλμούς). D'autres épithètes trahissent un effort assez laborieux pour varier le répertoire épique ordinaire : telles sont ἀξεισιέέας (V, 155), ἀρέταυχυος (XVIL, 47), πολεμαιγίς (XVII, 7: je ne lis pas πελεμαιτγίς), quoique, dans ce dernier cas, l'association d'Athéna avec Borée donne un peu de sel à l'expression. Dans V, 26, ξυσπαίπαλα χύματα est une expression bien hardie, à moins que le poète n'eût quelque autre garant
que Les δυσπαίπαλοι βῆσσαι d’Archiloque ; nous nous rappelons les vers de Tennyson : « Grimpant à jamais la vague grimpante!. » Ce mouvement des épithètes est plus qu’un simple détail de style dans le sens étroit du terme. Il est caractéristique de la manière dont l'esprit du poète élaborait sa matière, Il lui manquait la force primesautière d'imagination, qui peut évoquer des images splendides par les mots les plus simples, comme lorsque le Jason de Pindare, versant sa libalion sur la poupe du navire Argo avant de quitter [Ὁ] 05. χυμάτων tirs ἀνέμων τε χάλει νύχτας τε nai πόντου χελεύθους. Bacchylide acceptait les matériaux qu'il avait sous la main et les ornait avec une consciencieuse élégance. Il faut avouer que, si une partie de ces ornements est heureuse, il y en a beaucoup de triviaux; cependant, même alors, nous sentons une intelligence
l For ever climbing up the climbing wave.
F ai naiss. SES SEP lt re θα,
R. C. JEBB
vive et gracieuse. Et nous sommes tentés de ee. que nee odes triomphales, ni ses dithyrambes ne rendent pleine 5: à son talent distinctif. Si nous possédions ses scolies et ses L πὸ ς tiques, nous l'y verrions peut-être se mouvoir dans une ΒΡ}.
Ι leUX ἢ ‘opriée à 9 se élégante et facile.
poétique encore mieux appropriée à sa mt g
R.-C. Jens.
FRAGMENTS D'EXERCICES DE RHÉTORIQUE