‹ Mélanges Henri Weil [microform]. Recueil de mémoires concernant l'histoire et la littérature grecques dédié à Henri Weil ... à l'occasion de son 80e anniversaire; ouvrage contenant un portrait en héliogravure, une phototypie hors texte et plusieurs illustrations dans le texteChapitre 57 sur 96 · LES JEUX PYTHIQUES D'APRÈS 1, « ÉLECTRE » DE SOPHOCLE · texte numérisé non relu

LES JEUX PYTHIQUES D'APRÈS 1, « ÉLECTRE » DE SOPHOCLE

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ΠΠ. — Y avarr-iz À DELPHES UxE ΓΆρφεσις τῶν ἵππων COMME À OLYMPIE ?

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Sophocle fait courir la course par dix chars; c'était peut-être le chiffre ordinaire pour cette course. Le poète énumère ces dix concurrents, en attribuant à chacun deux un numéro d'ordre, qui est, comme la plupart des critiques l'ont admis, son numéro de classement, quand tous sont en ligne pour le départ :

YA

\ Sr , « a »

Deux de ces vers ont été l’objet d’une correction de la part de Nauck; au vers 703, ce savant remplace ἐν, qui serait impossible d'après lui, par ἐπί: au vers 708, il écrit τέλος Βοιωτὸς ὃ. à. ἔ. Nous n'avons pas à défendre ces deux corrections, qui n'ont pas été favorablement accueillies par la critique. Cependant on ne peut nier qu'il ne se trouve dans les deux passages visés par Nauck quelque chose qui ne s'explique pas bien clairement ou qui du moins n'ait pas été encore clairement expliqué. Les raisons qu'on a données jusqu'ici pour rendre compte des mots ἐν τούτοισι au vers 702 οἱ du mot ἄλλος au vers 708, sont telles quon ne peut eguère s'empêcher de voir chaque fois là des chevilles. En est-il véritablement ainsi? Ces mots, considérés comme inutiles, n'ont-ils pas quelque valeur et quelque importance ? Remarquons d’abord que ces mots se rapportent aux deux concurrents qui, dans le classement opéré par le sort, ont obtenu les numéros 5 et 10. Pour tous les autres concurrents, le poète se borne à dire leur numéro d’ordre et quelquefois à donner des indications sur l’attelage: il ne juge pas même utile, dans cette longue énumération, d'employer une

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de ces particules conjonctives d’un usage si fréquent en grec ; pour le sixième seul il met le mot ξέ. Pourquoi alors a-t-il ajouté les mots χἀχεῖνος ἐν τούτοισι à la mention du ciaquième, et les mots ἄλλος... à la mention du dixième? Nous connaissons assez bien la marche générale du concours, mais beaucoup de détails nous échappent. Nous savons que les places étaient tirées au sort, mais 1] pouvait y avoir autre chose encore dans ce classement. L'hippodrome d'Olympie, par exemple, avait cette célèbre ἔλφεσις τῶν ἵππων, que Pausanias a décrite en détail et dont cependant nous avons tant de peine à comprendre l'objet!. Nous savons au moins une chose. L'Aphésis a la forme d’un éperon ; de chaque côté de cet éperon sont des stalles qui doivent recevoir, chacune, un char ; les concurrents sont donc distribués en deux groupes, placé l’un à droite de l'éperon, l'autre à gauche. Ne peut-on supposer que les vers de Sophocle, en particulier les vers 703 et 708, nous révèlent un fait semblable ? Ils nous apprennent peut-être qu'à Delphes aussi les concurrents étaient partagés en deux groupes et rangés des deux côtés d’un monument tel qu’un autel, une borne, etc... La valeur de l’expression ἐν τούτοις, au vers 703, consiste précisément à indiquer une réunion, un groupe. Îl en est de même du mot ἄλλος. Ce mot ἃ souvent un sens équivalent à nos expressions : en outre de, en plus de. Dans le Philoctète, le vers 38 :

peut se traduire: « Εἰ de plus voici des haiïllons qui sèchent. » Le même sens se trouve dans cette phrase de Platon, Phèdre, p. 110 E : nai λίθοις χαὶ YA χαὶ τοῖς ἄλλοις ζῴοις τε nat φίτοις. Il nous suffira du reste de renvoyer à Krüger, 50, #, 11.

Nous ne savons pas à quelle époque a été construite l'Aphésis d'Olympie ; mais, même en admettant que ce monument appartienne à uné époque relativement récente, rien ne prouve que la distribution des concurrents en deux groupes n'ait pas été pratiquée avant la construction de cette Aphésis. D'ailleurs nous ne préten-

1 Nous avons, nous aussi, essayé une explication de l’Agects d'Olympie; cf. article Hippodrome, loc. cit., p.197 suiv. ᾿

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