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288 P. MASQUERAY LA SYMÉTRIE ET LES PARTIES ÉPISODIQUES DE LA TRAGÉDIE GRECQUE 989
une strophe dochmiaque. Voici quelle est, dans nos éditions, l'éten-
sages de nos tragédies où l'égalité dont je parle est indiscutable
due de tous ces discours opposés deux à deux :
Sans entrer ici dans le détail des longues discussions que ce passage a soulevées ?, il est naturel d'admettre que, dans le texte primitif, Etéocle, en répondant au messager, employait chaque fois le même nombre de trimètres que lui. La riposte avait la même vigueur que l'attaque. Le parallélisme des situations provoquait le parallélisme de la forme. La symétrie devait être absolue. Elle ne nous a été conservée dans son intégrité que pour les seconds et les sixièmes discours. Nous ne pouvons plus essayer de la rétablir pour les autres. Il suffit de savoir qu'elle existait. La logique le veut”, et elle a raison contre le texte actuel.
Il faut encore citer un cas assez fréquent d'égalité. Il présente quelque analogie avec celui des Sept. Deux personnages sont en scène: l'un soutient une opinion, l’autre la combat. Ce sont des plaideurs qui défendent chacun une cause opposée. Souvent les deux discours qu'ils prononcent se font équilibre. Voici les pas-
l Sept contre Thèbes, 375-676.
2? Cf. Rirsca, Jahrb. f. Phil., vol. LXXVIE, 1858, p. 761-801. Article réimprimé dans ses Opuscula, 1, p. 300-364. — C. Prien avait parlé de cette symétrie deux ans auparavant dans ses Beiträge zur Kritik von Æschylus Sieben vor Theben, Lübeck,1856:; mais il avait entendu exprimer cette idée à Ritschl, dans une de ses Vorlesungen. — Depuis, cette question ἃ été bien des fois débattue. — Voir le Philologus, vol. XXXI, p. 733 suiv.
3 Un cas d'égalité semblable se trouve dans la parodos de l'Agamemnon. Le récitatif anapestique est composé de deux parties égales, qui ont chacune 32 éléments. La première, 40-71, contient une description de la guerre, la seconde, 72-103, parle de la situation “50 vieillards, de leurs espérances et de leurs craintes. Mais là encore le parallélisme des pensées est évident. Cf. H. Wei, Die Gliederung des dramatischen Recilativs bei Æschylos (Neue Jahrbücher, 1859, LXXIX, p. 723 suiv.).
Antigone, 639-680 : Créon : vers.