‹ Mélanges Henri Weil [microform]. Recueil de mémoires concernant l'histoire et la littérature grecques dédié à Henri Weil ... à l'occasion de son 80e anniversaire; ouvrage contenant un portrait en héliogravure, une phototypie hors texte et plusieurs illustrations dans le texteChapitre 66 sur 96 · LA TRADUCTION DE FRANÇOIS TISSARD · texte numérisé non relu

LA TRADUCTION DE FRANÇOIS TISSARD

Une des figures les plus intéressantes de l'humanisme français au début du xv° siècle est celle de François Tissard, d'Amboise, qui ἃ eu l'honneur de publier le premier livre grec imprimé dans notre pays. Son petit manuel classique, intitulé Liber gnomagyricus, est sorti des presses de Gilles de Gourmont, au mois d'août 1507, trente ans après l'édition faite à Milan de la Gramunaire grecque de Constantin Lascaris. La vie et l’œuvre de ce précurseur mériteraient d'être étudiées. On sait déjà qu'il a suivi à Paris les leçons de la Faculté des Arts, qu'il a étudié à Orléans le droit canon et le droit civil, qu'il a été, à Ferrare, élève de Battista Guarini, à Bologne, de Filippo Beroaldo et de Giambattista Pio. C'est à Bologne, où il s'est trouvé en même temps qu'Erasme, qu'il ἃ pris le bonnet de docteur, le 19 mars 1507 (n. st.), très peu de temps avant de rentrer en France !.

Tissard était encore à Bologne, dans toute l'ardeur de ses premières études grecques faites en Italie, quand il dédia à François, duc de Valois οἱ comte d'Angoulême, le 1° avril 1507, une traduc-

l Aug. BerNarp, Les Eslienne et les types grecs de François 1*, Paris, 1856, p. 62; Carlo MaLacoLa, Della vila e delle opere di Antonio Codro detto Urceo, Bologne, 1878, Ρ. 103; surtout Henry Omoxr, Essai sur les débuts de la Typographie grecque à Paris, p. 3 et passim, Paris, 1892. On trouvera, dans ce dernier ouvrage, toutes [65 préfaces de Tissard et le texte presque complet de la dédicace dont il va être question. Dans les travaux annoncés comme prochains sur la carrière littéraire de Girolamo Aleandro,

par MM. Ernest Jovy et J. Paquier, une place sera nécessairement faite à Tissard, dont le rôle a précédé celui de l'helléniste italien.

tion qu'il venait de faire de trois tragédies d’'Euripide. Je voudrais en faire connaître la nature par quelques extraits. Précisément parce qu'on y trouve plus de bonne volonté naïve que de science, j'ai cru intéressant de les mettre sous les yeux du maître vénéré qui représente en France, avec tant d'autorité, les études sur Euripide, que l'humble humaniste y a introduites il y a quatre siècles.

Tissard étudia dans les universités d'Italie, à l’époque la plus brillante de l'hellénisme dans ce pays, qui s'enrichissait alors chaque année de publications nouvelles d'Alde Manuce et de ses émules. La longue dédicace à un prince, qui allait être bientôt Francois [°, reflète de la façon la plus significative les impressions que ressentait un Français enthousiaste et laborieux devant ces merveilleuses études, presque entièrement inconnues dans sa patrie et qu'il se promettait d'y répandre. Elle marque en mème temps qu'il était tout à fait à ses débuts dans ses travaux d'humanisme!. Ce texte devrait un jour être étudié de près et rapproché des préfaces des éditions grecques données par l'auteur et par Aleandro, son successeur, et on pourrait classer alors à leur place dans l’histoire littéraire les notions diverses que ces documents’ apportent sur l'influence italienne dans les débuts de notre hellénisme. Je me contente de remarquer que le travail de Tissard sur Euripide est une des plus anciennes traductions du gree dues à la France. Comme elles sont postérieures de plus d’un siècle aux travaux analogues des premiers hellénistes italiens, ce simple rapprochement suffit à rappeler la distance qui séparait alors les deux pays au point de vue de la culture littéraire.

On ne peut omettre de signaler aussi qu'un autre transalpin, Érasme, venait presque au même moment de traduire deux autres tragédies d'Euripide : Hécube et Iphigénie à Aulis. Cette traduction, composée par lui en Angleterre, était en vers, et c’est à Paris, où il passait pour se rendre en Italie, qu'il en donnait la première édition?. Il faut voir en ce double fait, appuyé par les préfaces des traducteurs, la preuve du grand intérêt qu'inspira Euripide, aussitôt qu'il fut mis à la disposition générale des travailleurs. L'édition

1 « Sunt enim hæ primitiæ nostræ quas tibi dicamus.. »

? Sur cette traduction d'Erasme et les éditions de Josse Bade et d'Alde, voir mon Erasme en l'alie, Paris, 2° éd., 1898, p. 6, 29 et 101. L'édition originale porte à la fin: Ex officina Ascensiana ad Idus septembris. MD VI.

princeps venait, en effet, d'être donnée par Alde en 1503. six mois après celle de Sophocle!. On sait toutefois que quatre tragédies (Médée, Hippolyte, Alceste, Andromague) avaient été imprimées en petites capitales accentuées, à Florence, chez Laurent d’Alopa ; cette édition, due à Jean Lascaris, est sans titre, ni lieu, ni date, et les bibliographes la placent vers 14942.

Cest sur l'édition de Lascaris qu'a travaillé Tissard. Une présomption favorable de ce fait résuite déjà du choix des trois premières tragédies de cette édition, dans l'ordre où elles s'y présentent. Mais l'examen des variantes confirme que ce n'est point le texte d'Alde qui ἃ été suivi (Med., 24, Lase. AATHAONL Ald. ἀλγηδόσι, Tiss. dolori; 42, Lase. TYPANNON, Ald. τυράννων, Tiss. regem ; 81. Lasc. AOTON, Ald. λόγους, Tiss. sermonem ; etc.). Il faut ajouter qu'une dizaine de distiques grecs, transcrits en tête du volume, sont d’une écriture absolument identique à la typographie en capitales accentuées des éditions florentines de Lascaris. Tissard ne s’est pas privé cependant de recourir à diverses sources pour son texte. et il indique lui-même les secours qu’il a cherchés ἢ « Nonnullos doctiorum et amicorum sane ac familiarium, qui mihi essent ab adulatione procul, ut et uicem mihi rependerent consului, ut uiderem quid sentirent, aliam alii sparsim tragædiarum istarum partem ostendens; sed ubi illorum iudicio ab illis partibus, seu ab illis quibusdam codicibus ipsis traditis pro illo genere interprelandi uicium

abesse accepi...* ». Parmi ces codices communiqués à Tissard ligurail très probablement l'édition aldine 1.

Voici la description du manuscrit, qui est l'exemplaire mème de dédicace. Ce volume, qui ἃ perdu aujourd’hui la reliure en velours qu'il avait dans la bibliothèque de Fontainebleau, comprend 107 ff. de parchemin réglé. Le f. 1 présente un fronlispice peint, à encadrement fleurdelisé, au milieu duquel se lit en lettres d’or l'inscription suivante : ap | serenissimum et | Ilustrissimum Principem

| Franciscum | Va | lesium | Valesiorum Ducem et Angolismo | rum

! Elle contenait dix-huit tragédies et manquait seulement de l'Etectre.

# Voir la description des éditions dans LeGraNo, Bibliographie hellénique, Paris, 1885, t. 1, p. 40 et 79.

3 Par. lat. 1884, ff. 8-9.

Ἢ Ila pu y emprunter quelques lecons, telles que celle-ci : Med. 61, Lase. AESII ΤΑΣ, Ald. δεσπόταις, Tiss. dominis. Les quatre vers de l'Hippolyte (éd. Henri Weil, 428-429, 1051-1052) intégralement cités dans sa préface (ff. 5-6) sont identiques dans les deux éditions ; au vers 1052, Tissard donne ἔξη pour δέξη, qu'elles portent (vulg. δέξει).

κι πο τος arcanes détenait cu

Comitem Dominum suum me- | tuendissimum Francisei Tissardi | Ambacær luris utriusque Doc- | toris Trium Tragædiarum | Euripidis ὁ Græco | in Latinum | rrapuc- | ti | 0. Au verso est une prière en dix distiques grecs, transcrite en petites capitales (’EYXH ’EIS ΤῊΝ ‘THEPAFIAN GEOTOKON):

); en face, f. 2, traduction en distiques latins (Erusdem orationis ad Beatam Virginem interpretatio).F. 2", préfacedédicace avec lettre ornée. F. θ΄. argument des trois tragédies en distiques latins. F. 14, Medea. Page encadrée ; la lettre représente Médée tenant des serpents et des herbes; au bas, écusson de Valois- Angoulême soutenu par des dauphins. F. 47, Hippolytus. Page encadrée ; la lettre représente Hippolyte lauré tenant un sceptre et un livre ; écusson entre les figures de la Justice et de la Force. F. 81, Alcestis. Page encadrée ; la lettre représente le roi devant le cercueil d'Alceste; au bas, écusson soutenu par des anges agenouillés. Les trois magnifiques encadrements indiqués ci-dessus, et dans lesquels ligurent, parmi les motifs d'ornements, des fleurs de lis, une tige de lis et des dauphins, ne sont pas de main italienne. L'écriture du manuscrit, quoique influencée par limitation italienne, est cependant aussi de main française. On peut donc supposer sans invraisemblance que le volume ἃ été exécuté en France, au retour de l’auteur. Les noms marginaux des interlocuteurs sont à l'encre d'or, ainsi que des signes, mains, fleurs, rinceaux, placés assez fréquemment aux sententiæ et aux passages notables.

De la traduction même, je ne parlerai pas ici. Tissard explique

longuement, dans le latin entortillé de sa préface, la manière dont il ἃ concu et exécuté son travail!. Le lecteur jugera de l'œuvre de

! Par. lat, 3884, #. 7-8 : « Primum tamen illorum post uotis morem gerendo ut uerbo uerbum fideliter unumquodque redderem, nec constructionibus quibuspiam rudibus nimis ac nimis asperis terrerer, qui non multum eleganter nec sine figura dicendi in latinum possunt ad uerbum uerti, primam tragædiam et secundæ dimidiam state superiori, obsequens illorum uoluntati, traduxeram more Boetii, uiri suo seculo doctissimi, qui rite singula quæque uerba quin et παραπληροματιχὰ (sic) seu repletiua transtulit, quie, ut refert Moscopulus, μέτρον ἢ χόσμου ἔνεχεν mapalauéavovra: quie uidelicet metri uel ornatus gratia ἃ Græcis quidem accipiuntur, apud Latinos uero superuacanea esse omnibus qui similes traductiones uiderint satis exploratum habetur, queque quendam etiam auribus strepitum solent efficere atque sensus quandoque prope inextricabiles uel difficiles reddere, qui tamen apud Græcos clari, luculenti ac dilucidi perspiciuntur. Prodest tamen hac tempestate talis tamque seuera trallatio his qui Græcis insudare decernunt, quandoquidem magis illorum utilitatis esse quibus traducitur quam eorum qui traducunt censeo, quippe qui traducendo nulla prorsus nec uoluptate nec delectatione fruuntur, sed labore et molestia: nullum inest labori solatium, sed magis fastidium, nullum denique in talibus componendis genus dicendi parant, uerum partum magis alienant; tamen amicis obtemperare et publicæ scholas-

cet helléniste débutant par les extraits de Médée publiés ci-après, à la suite d'un argument de la même pièce, en distiques, qui doit être du traducteur. Peut-être pensera-t-on qu'il y avait quelque intérêt à faire connaitre, avec son inexpérience et ses tâtonnements. le premier travail sur un tragique grec tenté par un Français de la Renaissance.

MEDEÆ Euripidis narratio!

Aesonides Peliæ mandata secutus Iason, Ad erudos remis appulit usque Scythas.

Istic bella manu crudeli crebra geruntur, Is Martis tauros perdomat igniuomos.

Terrigenumque secans lernæo dente satorum Ancipiti gladio grandia colla metit.

Aurea proinde rapit (Medea consule) Phrixi Vellera et ignotas perfugit inde uias.

Sic Medea pauens rigidi uitabat Oetæ Iras, ast ipsam surripit ille rate.

Cæruleas porro fugientes quærit in undas Hos pater, Absyrto mox obeunte redit.

Hinc Pagasas urbemque Aesonida uenit Jason,

ticorum neotericorum quidem utilitati consulere quam mihi ipse malebam. Verumtamen ubi primum litteris quibusdam patriis tertio nonas Decembres te desyderare accepissem, mihi uisum fuit longe congruentius illos græcanicos loquendi modos, qui saltem uix latiali sermone tolerari potuissent uel qui duriusculi forent, aliquatenus uariare permutareque, nec unicum tantum, uerum plures ac uetustos codices imitatus, quantum ita non mediocriter poterit demulcere, ac propter graues materias aureasque sententias principe haud indignas uo'uptatem afferre. Namque originem istarum rerum hisce in tragædiis ab Euripide tam claro nobilique tragico et scientia et doctrina et antiquitate (fuit enim sub Socrate philosophiæ moralis inuentore Platonis et Aristotelis condiscipulus) in præsentiarum habes. Quin et non parum quidem hi possent proficere et sine præceptore qui græcarum litterarum studiosi essent, quique hæc latina græcis coniungerent, modo prius aliquantulum et pauxillum quidem illa παραπληροματικὰ (sic) ac constructiones græcas didicissent, quod facillimum profecto unicuique foret, qui graumaticis græcis paulisper operam nauasset. Quocirca satius esse mecum reputans utite delectarent in primis, item utilia quoque quammaxime forent, talia (quæ auribus non concinunt, sed nimis rudia atque aspera sunt) resecare, neu legenti tibi obstreperent, neue ἃ frequentiori lectione distrahereris, tibi quam his efficere quod ad stomachum iudicio meo magis faceret conatus sum. » l Les morceaux suivants reproduisent exactement l'orthographe du manuscrit.

Qui comitatus erat numine semideum.

Nam Minyæ cœtum, diuæ decus Hellados, omnes Huius complebant, lunoque Pallas erat, Fatidica insignem peruexit lolcon ut Argo, Is cum Medea pulchra Hymenæa canit.

Hunce tandem inuasit dominandi dira cupido, Inque ruit casses sorte trahente graues.

Nam Glaucam, imperii causa, deposcit amatam Patrem, mox amplum mittat in imperium.

Proh dolor, hoc sic fata uolunt. Hæc ducitur uxor, Medeæque uetus spernitur inde thorus.

leu male quam capiunt connubia singula binæ Consortes, remanent languida prima nouis.

Infœlix Scythicæ uafras non nouerat artes, Pharmaca non didicit quotque parare modis ?

Vltrices scelerum sæuas non norat Erinnes ?

Et subito spretam credidit immemorem ?

Credidit infælix socerum pulsare Creontem, Et sine iactura, hanc finibus ex patriis. Insipidus, struit hæc magno molimine tentans Impia, nec mihi fas illa referre putem.

Tristia carniuoro tabeseunt regna ueneno ; Tartareis natos immolat atque Deis.

Non horumque patrem funebre efferre cadauer Siuerat, at retinet funera [asonidum.

Pensile pennigerisque draconibus egit auitum Plaustrum et quos secum dira necarat habet.

Euolat extemplo, doctas cupit iret Athenas, Connubii atque Aegeo fœdera pacta petit.

MEDE A

Nutriæ

Utinam debuisset Argos non transuolasse nauis εξ neas! Symplegades Colchorum ad Cam cyaneas! Symplegades,

‘ Les mots aix» et χυανέας, comme plus loin les mots πεσσούς (V. 68) et πρᾶγμα (v. 1419), semblent n'avoir pas été compris de Tissard, qui les ἃ simplement transcrits en latin, suivant l'usage, en cas semblable, des premiers traducteurs de grec.

Neque in Syluis Pelij decidisse unquam Abcisa picea, neque remigasse manus Virorum optimatum, qui aureum uellus Peliæ appetiere. Non enim profecto hera mea Medea ad turres terræ nauigasset lolciæ.

Amore animum perculsa Jasonis Neque certe occidisse persuadens peliades puellas Patrem, habitasset hanc terram Corinthiam, Cum uiro et filijs, placens quidem Fuga ciuibus ad quorum peruenit urbem, lpsaque omnia conferens lasoni :

Quæ maxima sit salus.

Quando mulier aduersus uirum non sit seditiosa. Nunc autem inimica omnia, et tabescunt charissima. Prodens enim ipsius filios dominamque meam Nuptijs lason regalibus incubat, Despondens Creontis filiam, qui imperat terræ. Medea autem infæœlix contempta Inuocat quidem iuramenta, reuocat autem dexteras, Fidem maximam, et deos attestatur, Qualem retributionem ex Iasone consequitur, lacet autem ieiuna, corpus submittens dolori, Toto liquescens lachrymis tempore, Postquam a uiro sensit iniuriis affici.

Neque oculum subleuans, neque soluens absterra, Faciem ; tanquam autem petra uel marina Fluctuatio, audit admonita charos amicos, Nisi quandoque conuertens candidum collum Ipsa ad se ipsam patrem deplorauit charum Et terram domosque, quas prodens abscessit Cum uiro, qui ipsam nunc contemnens habet.

Cognouit autem misera ex calamitate Quale paterno non destitui solo.

Odit sane filios, neque uidens exultat.

Timui autem ipsam ne quid consulat mali.

Grauis enim mens, neque tolerabit male Patiens ; ego noui hane, timeoque ipsi Ne acutum impellat ensem per epar, Clam domos ingrediens ubi stratus est lectus, Vei et regem despondentemque interimat.

Et subinde maiorem calamitatem Capiat nonnullam.

Pæd.

60 Nut.

Pæd.

Ἢ, 151 Nut.

Pæd.

Nut.

Pæd.

Vehemens enim, non facile utique infligens Inimicitias aliquis ipsi bonam uictoriam feret. Sed ii filii ex scholis cessantes

Veniunt, matris nihil intelligentes

Malorum ; iuuenilis enim cura non dolere diligit. Antiqua domorum possessio dominæ meæ, Quid ad ianuas hanc ducens solitudinem Stetisti, ipsa deflens tibi ipsa mala ?

Quomodo abs te sola Medea derelinqui uult ?

Filiorum minister senex Jasonis,

Bonorum seruorum calamitates dominorum Male contingentes etiam mentes tangunt.

Ego enim in hoc prodij doloris,

Vi me desiderium inuaserit terræque et cœlo Dicere uenientem huc Medeæ fortunas.

Nondum enim misera cessat gemitibus ?

Beatum puto te, in principio damnum nec dum in medio. O stulta, si deceat dominis hoc dicere, Quam nihil nouit recentiorum malorum.

Quidnam est, o senex ? non dedignare dicere.

Nihil, penituit et antea dictorum.

Non per barbam lateat conseruam tuam ; Silentium enim, si opus est, de his faciam.

Audiui dicentem, non putans audire,

Pessos adueniens, ubi iam antiquissimi Sedent, honoratam circa pirenæ aquam, Quod hos filios ex terra propellere Corinthia Cum matre, futurus est huius rex terræ Creon ; tamen sermo si manifestus iste

Non noui, cuperem tamen hoc non esse.

Et hæc lason filios tolerabit

Patientes, etsi cum matre dissentiam habet ?

Antiquæ a nouis derelinquuntur aflinitatibus ; Et non est ille his domibus amicus.

Perijmus profecto, si malum afferamus Nouum antiquo, priusquam hoc tolerasse.

At tu (non enim opportunum est scire hoc Dominam) sile et retice sermonem.

Ο filij, audite qualis est erga uos pater.

Periret quidem, non enim dominus est meus, Sed malus existens in amicos deprenditur.

Quid ni? mortalium nuper cognoscis hoc, Quod unusquisque se ipsum propinquo magis diligit ? Aliqui quidem iuste, aliqui autem et lucri gratia, Si hos sane lecti causa non diligit pater.

[16 (bene enim erit) domos intra, filij.

Tu quoque quammaxime hos segregans habe Et non appelle matri irascenti.

lam enim uidi oculum ipsam eferantem lis, tamquam quid facturam : neque cessabit (Iram manifeste noui) priusquam irruerit in quempiam. Inimicis tamen, non amicis faceret quicquam.

(f. 46) Za. Heu heu, amicabile cupio os 1400 Filiorum miser osculari.

Mel. Nunc ipsos alloqueris, nunc amplecteris Nunc propulsans. Zas. Da mihi pér Deos Molle corpusculum tangere filiorum..

Non est. Frustra sermo iactus est.

luppiter, hæccine audis ut repellimur, . Qualiaque patimur ex scelesta Atque puericida hac leæna ?

Attamen, quantuluncunque saltem adest et possum, Hos et deploro et suspicio Obtestatus Deos, quod me Filios perimens uetas

Tangereque manibus sepelireque cadauera ; Quos nunquam ego procreans debuissem Abs te corruptos conspexisse.

Multorum custos luppiter in Olympo, Plæraque autem insperate perficiunt Dei -

Et existimata non exacta fuere :

Inanimaduersorum uero uiam repperit Deus.

Taliter autem abiit hoc pragma.

P. pe Nozuac

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