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justice. Mais je veux te dire que, bien loin d'avoir songé à faire justice, tu ne l'as tué que pour plaire à un lâche, qui est maintenant ton amant » (558-562).
Ainsi se trouve indiqué le double objet du discours : 1° une réfutation, faite elle-même à un double point de vue, de la thèse de Clytemnestre ; 2° l'accusation qu'Électre prétend opposer à la défense de sa mère. Alors que, tout d’abord, pour obtenir le droit de parler (555), Électre feignait ironiquement de vouloir maintenir le débat sur le terrain où Clytemnestre l'avait placé, elle se met tout à coup à brandir le trait qui menace son ennemie dans les fibres les plus sensibles de son orgueil. Elle va le tenir suspendu, laisser espérer qu'il ne partira pas, en attendant qu'elle le lance tout à l'heure avec un redoublement de cruauté.
Elle revient donc au premier point, et elle introduit la discussion par une nouvelle injure, pleine de raffinement : « Demande à Artémis pourquoi elle a mis mon père dans la nécessité d’immoler sa fille à Aulis. Mais Artémis ne peut rien avoir à faire avec loi!. C'est moi qui vais parler. » [οἱ Électre, feignant la personne bien informée {566 ὡς ἐγὼ χλύω 3), raconte pour le chœur (d’après les Chants Cypriens et Ag., 127 suiv., 187 suiv.) une version qu'elle oppose à celle de sa mère et qui doit excuser son père (566-576).
L'argumentation n’est pas très forte, mais Électre ne tient pas particulièrement à s’attarder sur ce terrain choisi par sa mère. Elle trouve toute cette discussion inutile, car la version de sa mère fûtelle vraie, celle-ci n'oserait pas en conclure qu'elle ἃ puni à bon droit le meurtre par le meurtre, puisqu'elle proclamerait ainsi la légitimité du meurtre contre elle-même (577-583).
Les commentateurs n’ont point saisi que, de celte façon, Électre ἃ
développé tour à tour inversement les deux points de la première partie de sa proposition : ton aveu du meurtre est infâme εἴτ᾽ οὖν
L Vers 565 xeivns γὰρ οὐ θέμις μαθεῖν. M. Kaibel ἃ eu tort de ne point admettre l'excellente explication proposée pour ce vers par M. de Wilamowitz : Artémis, la pure déesse, ne peut avoir de rapport avec la criminelle adultère qu'est Clytemnestre. On verra plus loin que la nouvelle invocation d'Artémis (626) a également une portée toute différente de celle que lui a donnée M. Kaibel.
2 Rapprochez le vers 1068 de l'Électre d'Euripide où, dans une situation identique, Électre fait également la personne bien informée : οὐ γὰρ ὡς ἐγὼ σ᾽ ἴσασιν εὖ. — Sophocle devait naturellement prêter aux deux femmes des versions contradictoires Ni l’une ni l'autre ne sont entièrement de bonne foi: ceci pour répondre à la querelle que M. Kaïbel semble faire à Sophocle à propos de ce passage.
διχαίως εἴτε un. Elle démontre le μὴ ξιχαίως dans les vers 566-576, et l’infamie de l'acte de Clytemnestre résulte nécessairement de son injustice. Vient ensuite le εἴτε ξιχαίως : admettre la Justice du meurtre est encore une honte pour Clytemnestre, puisque cela implique sa propre condamnation (577-583). Euripide, lui, avait compris le raisonnement, puisqu'il fait dire au chœur, après un plaidoyer analogue de Clytemnestre : Δίχαι ἔλεξας ἡ lun à αἰσχρῶς ἔχει (Εἰ... 1051).
Électre arrive enfin à la partie positive de son discours. Elle ne réfute plus, elle attaque ; elle reprend le trait cruel qu’elle a réservé au début, et elle ne cessera plus d’accabler son ennemie avec une hardiesse et une véhémence croissantes.
Et γὰρ θέλεις, δίδαξον ἀνθ᾽ ὅτου τανῦν αἴσχιστα πάντων ἔογα δρῶσα τυγγᾶνε'ς,
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ἥτις ξυνεύδεις τῷ παλαυναίῳ, mel) οὗ