Ε. POTTIER
appartenant à l'époque intermédiaire entre la Guerre de Troie et le siècle de Pisistrate, pourvues d'une plaque assez large, sur laquelle on pouvait graver à la pointe (comme sur les fibules de Béotie!), ou incruster en métaux précieux (comme sur les poignards de Mycènes?), ou exécuter au repoussé (comme sur nombre de bijoux archaïques 5), le sujet décrit par le poète. Rien de plus naturel aussi, rien de plus fréquent dans la bijouterie gréco-orientale que Îles scènes d'animaux combattant, saisissant leur proie, dévorant, etc., qui constituaient pour les orfèvres un répertoire de motifs à la fois varié et usuel. Je traduirai done : « par devant, l’agrafe était décorée d'un sujet. »
Ἔν προτέροισι x: L χύων ἔχε ποιχίλον ἐλλόν. — M. Helbig s'est encore occupé de ce passage, et il y est revenu à deux reprises. d'abord dans la première édition de son livre‘, puis sous une forme différente dans la seconde”. L'idée qui domine dans ses commentaires est que le sujet ainsi décrit par Homère ne se trouve sur aucun monument de l'art archaïque, ni oriental, ni occidental®; au contraire, le groupe du lion dévorant un cerf est un des motifs Les plus ordinaires de la décoration gréco-asiatique. Par conséquent ou bien l'imagination du poète a travaillé sur ce thème connu pour en changer la donnée primitive, ou mieux encore la transformation est due aux artistes grecs eux-mêmes imitant un modèle étranger et l’altérant. M. Helbig concluait : « Aussi peut-on s'attendre à découvrir peut-ètre quelque jour un monument qui montrera le chien et le faon réunis dans la pose exacte que décrit l'Epopée’. »
Cette restriction prudente ἃ disparu de la nouvelle édition où se trouve formulée avec plus de précision l'idée de voir ici tout autre
| Penror, ibid., p. 250-256. — Voyez l'article Fibula de S. Reinacu dans le Dicf. «des Antiquilés de M. SaGLio.
2 PerRoT, VI, pl. XVII, XVIII, XIX.
3 Jd., p. 960-973. Comparez, pour une époque postérieure, les plaques de bronze au repoussé publiées par M. HozuEaux, Bull. de Corr. hell., 1892, pl. X, XI, XIV, XV. Voyez la thèse de M pe Rivoer, De ectypis quibusdam æneis, Paris, 1896.