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dithyrambe de Bacchylide est à l'unisson de ce sentiment, on le voit : et il faut convenir que, vue dans cette lumière, la pensée de cette petite pièce est on ne peut plus gracieuse ; On ÿ admire la finesse délicate, la fraicheur géniale de celte grande époque de la poésie, où la banalité n'existait pas encore.
Cela nous mènerait à indiquer pour ce dithyrambe la date de 469 (archontat d'Apséphion, d'après Plutarque), qui rentre bien dans le temps de la productivité du poète; nous avons, dans ce même manuscrit, le chant composé par Bacchylide pour la vicloire olympique de Hiéron de Syracuse, en 468.
Voila donc trois dithyrambes composés par Bacchylide pour Athènes, dont deux chantés par des chœurs athéniens. Nous ignorons si d’autres chants furent par lui composés pour la même ville, comme son oncle Simonide en fit pour des grands événements, comme Pindare en fit aussi. Mais ces dithyrambes athéniens, que nous connaissons aujourd'hui, s'accordent avec une épigramme de lui, où il se montre en rapport étroit avec les ἀγῶνες μεουσιχοί d'Athènes
(Anth. P., VE, 315).
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Le dernier dithyrambe, intitulé Ἴξας, fut composé pour Sparte, probablement pendant le séjour du poète dans le Péloponèse, où il vécut en exil, d'après Plutarque: Il avait pour sujet Île mythe d'Idas et de Marpessa, un mythe messénien que Sparte put s approprier comme les os d'Idas et ceux de son père Aphareus, qu'elle prétendait posséder (Pausan., 1, 11, 11; 15, 1). En effet nous voyons que lé poète entame d'emblée le mythe comme concernant Sparte, dont le nom ouvre le chant. Mais il nous reste si peu de
ce dithyrambe que nous ne pouvons pas mème imaginer comment
1 On pourra combler comme on voudra la lacune métrique du second vers ; mais Koavawy doit ètre respecté. La substitution de Kagbatéwv, qu'on à proposé, ne pourrait que faire clocher autrement l'épigramme par la superfluité qui en résulterait de ce Krtw
du dernier vers.
ce mythe y était présenté. Nous savions par les scholies de Pindare (Isthm., 4, 97) que 16 poète l'avait traité dans ses poésies ; nous savons maintenant que c'était dans les dithyrambes. Le mème mythe fut exposé en entier par Simonide, selon 165 scholies de l'ILiade (1., 556), qui résument l'histoire telle qu’elle était contée par ce poète ; il est assez probable que chez lui aussi elle fut le sujet d'un dithyrambe.
Le premier dithyrambe, intitulé Λντηνορίδαι ἢ ᾿᾿λένης ἀπαίτησις, n'a aucun préambule, ni, par conséquent, aucune indication de la ville pour laquelle il fut composé. Si on doit juger d’après le mythe qu on y traite, on peut penser qu'il fut aussi composé pour Sparte, ou, ce quirevient au même, pour Thérapné et les Μενελάεια. On remarque la belle gnomé sur la concorde qui conclut le dithyrambe dont elle est évidemment le but, pendant que l'histoire elle-même, comme dans tous ces dithyrambes, reste sans conclusion. On y reconnait l'auteur du bel éloge de la paix dans un péan dont Stobée nous ἃ conservé une portion (fr. 13 Bergk); seulement, dans celui-là, l'éloge est fait directement et dans le style lyrique des péans; ici un mythe encadre la gnomé comme il le fallait dans un dithyrambe, et celle-ci est présentée dramatiquement comme un discours de Ménélas. Cet avertissement salutaire, mis en telle évidence dans cette pièce, peut bien se rapporter à des faits politiques, à des discordes, à des menaces de guerre d’une ville à l'autre, que nous pourrions essayer de définir, l’histoire ἃ la main, si nous savions posilivement pour quelle ville au moins la pièce fut composée.
Le second dithyrambe, auquel M. Kenyon ἃ donné letitre ozxAñs, a un prélude dans lequel, ainsi que cela se voit dansl'avant-dernier et le dernier, la ville pour laquelle Ja composition est faite devait être mentionnée; mais la partie où cela ἃ dû se trouver, ainsi que le titre, est perdue. D'après le mythe, la fin d'Hercule, qui en est le sujet, les conjectures qu'il y aurait à faire seraient si nombreuses qu'il νὰ αἵ mieux ne pas en faire du tout. L'épiphonème moralisant qui conclut la pièce, avec allusion pathétique à la catastrophe qu'on suppose connue, rapproche singulièrement ce dithyrambe des chœurs tragiques.
Ici, je m'arrête,ayant épuisé ce que j'avais à dire pour déterminer la classe de ces chants, qui, comme Servius nous le dit, sont bien des dithyrambes. Ainsi, grâce à ce papyrus, que l'Egypte nous ἃ
restaient ΜΝ
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conservéet rendu, nous apprenons ce que nous étions bien loin de savoir, ce que c'est qu'un dithyrambe, du moins comme texte poétique. C’est là, sans contredit, ce qu'il ya de plus nouveau et de plus précieux dans cette belle découverte des poésies de Bacchylide.
D. CouPpARETTrI.
Florence, mars 1898.