‹ Mélanges Henri Weil [microform]. Recueil de mémoires concernant l'histoire et la littérature grecques dédié à Henri Weil ... à l'occasion de son 80e anniversaire; ouvrage contenant un portrait en héliogravure, une phototypie hors texte et plusieurs illustrations dans le texteChapitre 87 sur 96 · RE RH EE · texte numérisé non relu

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D'autre part, il y a plus de sénilité, plus de fatigue, quelque chose de plus émacié et de plus douloureux dans le type si pathétique de Sans-Souci. Je sais bien qu'il faut tenir compte de l'imperfection des œuvres des coroplastes, de l'insuffisance des retouches qu'ils faisaient subir aux petites têtes sorties de leurs moules; mais, Ces réserves admises, il n'en est pas moins certain que l'original de l'Homère de Smyrne offrait un caractère plus placide, une moindre recherche de l'émotion et de l'effet. Ce serait peut-être un motif pour le considérer comme le plus ancien des deux, pour le faire remonter franchement jusque vers le milieu du 11° siècle. Si nous ne possédons aujourd’hui que deux types d'Homère, il est incontestable que l'antiquité en connaissait un bien plus grand nombre, puisqu'on mentionne des statues du poète, depuis le milieu du γ᾽ siècle avant Jésus-Christ, à Olympie!, à Delphes*, à Argos”, à Athènes !, à Smyrne*, à Cosf, à Chios?, à Colophon$, à Alexandrie * et à Constantinople 19, Entre ces divers types, il se fit une sélection : celui qui l'emporta, qui fut adopté, à l'époque alexandrine et grécoromaine, pour les bibliothèques, est le seul dont nous ayons conservé beaucoup de répliques, celui de Sans-Soucr.

En parlant des « bustes d'Homère pour bibliothèques », nous songeons à un passage bien connu du XXXV: livre de Pline ἢ: Non est prætereundum et novitium inventum. Siquidem nunc er auro argentove aut certe ex φρο in bibliothecis dicantur ili, quorum ènumortales animæ in locis tisdem loquuntur : quin immo etiam qui non sunt finguntur, pariuntque desideria non traditos vultus, sicut in Homero id evenit. Quo majus (ut equidem arbitror) nullum est felicitatis specimen, quam semper omnes scire cupere, qualis fuerit aliquis. Asinii Pollionis hoc Romæ inventum, qui primus, bibliothecam dicando, ingenia hominum rem publicam fecit. An priores

Paus., V, 26

2 Paus., X, : Η

3 ÉuiEN, Var. Hist., IX, 15.

4 Lucien, Demosth , 2. Vit. X'oral., Isocr. (WESTERMANX, p. 248, :

? STRABON, p. 646.

6 Cf. Loœwy, Inschr. griech. Bildhauer, p. 252. I reste très douteux que Boo; soil l'auteur de la Statue d'Homère à Los.

7 ‘Ourperov, Corp. inscr. græc., 2221.

8 PLur., Vif. Hom. (\VESTERMANN, p. 25, 711).

9 Even, Var. Hist., XI, 21

16 CurISTODORE, "Exgo., 311-350 ; CEDREXUS, 1, 648.

14 Puixe, Hist. nat. XXXV,2, 9.

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cœæperint Alerandriæ οἱ Pergami reges, qui bibliothecas magno cerlamine instituere, non facile dixerim. Le scrupule de Pline n’est évidemment pas fondé, si tant est qu'il soit sincère : jamais Pollion n'aurait songé à décorer une bibliothèque avec des bustes de grands hommes si les princes d'Egypte et d'Asie Mineure ne lui en avaient pas donné l'exemple.

Pour être presque célèbre, l'expression pariunt desideria non traditos! vultus est cependant loin d'être claire. « Les regrets prêtent des traits à des figures que la tradition n’a pas transmises, » traduit Littré *. Mais. est-ce bien de cela qu'il s’agit? Desideria n’exprimet-il pas seulement, avec une nuance d'affectation, le besoin créé par le manque d’images authentiques ? En tous les cas, Pline n'a pu prétendre que le type idéal et convenu d'Homère date de l’époque de Pollion. L’eût-il dit, que notre connaissance de l’art permettrait d'affirmer le contraire. Mais il ἃ bien marqué une des causes, sinon la cause principale, de la multiplication de ces images. La science iconographique des modernes, fondée presque exclusivement sur des bustes découverts en Italie, est l'obligée de ce Pollion dont, par une fatalité étrange, elle ne peut pas citer encore un portrait certain.

Salomon REIxacu.

! Vulg. traditi, qui ne donne pas de sens, * Puixe, éd. Littré, t. 11, p. 463.

DEUX FRAGMENTS D'HYPORCHÈMES ANONYMES

>’armi les plus curieux débris de la poésie lyrique grecque, il faut compter les fragments d'hyporchèmes que nous ἃ conservés Plutarque dans le chapitre final de ses Questions de Table! et dont le dernier vers est également cité par Athénée?. Malgré l'extrême corruption du texte, l'allure si hardie, le langage si coloré, le rythme si entrainant de ces vers suffisent pour justifier les éloges que leur décerne Plutarque. Depuis Schweighäuser* et Bæœckh , ces fragments sont attribués à Simonide, et il ne semble pas que cette attribution ait jamais été contestée”. Cependant 11 suffit, Je crois, de lire avec attention le contexte de Plutarque pour se convaincre que le seul poète lyrique auquel il soit impossible d'en faire honneur est précisément celui-là.

Voici, en effet, la suite des idées.

A l’occasion de danses exécutées par des enfants devant Îles convives du banquet, le maitre du logis, Ammonius, expose les éléments de l’art orchestique. Il explique et éclaire par des rapprochements empruntés au langage ce qu'il faut entendre par les

D DO termes techniques de cet art (φοραί, σχήματα, δείξεις), puis 11 institue

Συμποσιαχῶν προδλημάτων, IX, 15 (t. IV, p. 393 suiv. ; éd. Bernardakis).

2 ArTRÊNÉE, V, p.181 Bt. Il, p. 415, éd. Kaïbel).

Sur ATHÉNÉE, ad locum.

Pindari opera, 11, 2, p. 596-597.

5 Voyez notamment les Poetæ lyrici græci de BErGk, 3° éd., ΠῚ. p. 399 suiv. (n°s 29-31) ; l'Anthologia lyrica, éd. de Hircer-Crusius, p. 238 (n°° 14-16); l'Histoire de la Liltérature grecque de MM. A. et M. Croiset, Il, p.339; WiLamowirz, Simonides der Epigrammaltiker, dans cage Nachrichten, 1897, p. 322. Je ne connais pas la dissertation de STEINMANN (Pétersboürg, 1845) sur le passage de Plutarque, citée par Bergk.

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une comparaison entre la danse et la poésie. C'est à la danse, dit-il, qu'il faut appliquer ce que Simonide dit moins heureusement de la peinture : qu'elle est une poésie muette (comparaison classique, et que Plularque cite encore ailleurs) !. On le reconnaît bien dans le genre hyporchématique, où les deux arts sont si étroitement associés : la poésie fournit les couleurs, la danse le dessin de la composition. L'auteur continue en ces termes :

« Celui qui semble avoir le mieux réussi dans les hyporchèmes et s'y ètre montré plus expressif {πιθ ανώτατος) que partout ailleurs, fait bien voir que chacun de ces arts a besoin de l’autre (swvent les neuf premiers vers, qui mettent en scène un cheval, un chien de chasse et une biche). Ne semble-t-il pas que ces vers provoquent les mouvements de la danse, qu'ils tirent, comme avec des ficelles, les mains, les pieds ou plutôt tout Le corps des danseurs, qui, en entendant prononcer et chanter ces paroles, ne peuvent rester en place? Le poèle lui-même, d’ailleurs, ne rougit pas de vanter son talent pour la danse aussi bien que pour la poésie, lorsqu'il dit... (suit la dernière citation). Mais aucun art n'est tombé dans une décadence aussi profonde que la danse. » Et le chapitre et l'ouvrage se terminent par de vives doléances sur la vulgarité de la danse contemporaine, où Je crois reconnaître le style du même musicologue conservateur, auquel Plutarque, dans son dialogue De la Musique, a emprunté tant de récriminations analogues sur le déclin et la prostitution de la musique nouvelle. Le chapitre tout entier doit être pris, #utatis mutandis, dans les Mélanges de Table d'Aristoxène*.

On voit maintenant l’origine de l'erreur où sont tombés Schweighäuser, Bæckh et, après eux, tous les historiens du lyrisme grec. Ils ont été dupes d'une espèce de suggestion ou d’illusion d'optique. De ce que le point de départ des observations de Plutarque sur l'hyporchème est une comparaison empruntée à Simonide, ils ont conclu

l De gloria Atheniensium, ch. TT (11,459 Bernardakis). Pourquoi ce texte ne figure-t-il pas dans le recueil des fragments de Simonide ?

? Σύμμιχτα συμποτιχά, ouvrage cité par Athénée, XIV, p. 632 A (p. 90, Müller, F. ἢ]. G., 1, 291) — Il en serait autrement si, comme le croit M. Eumaxuez (De saltalionis disciplina apud Græcos, p. 91-98), tout l'exposé technique de Plutarque se rapportait à

comme partie de la danse ni par Platon, ni par Xénophon, ni par Aristote — me parait tout à fait insuffisante pour justifier cette thèse.

DEUX FRAGMENTS D'HYPORCHÈMES ANONYMES HS

que les vers cités par Plutarque comme échantillons du genre hyporchématique doivent eux-mêmes appartenir à ce poète. Avec tout autant ou tout aussi peu de raison auraient-ils pu les attribuer à Ibycos, parce que Plutarque, dans les dernières lignes du chapitre, cite deux vers de ce lyrique. Mais, en vérité, loin qu'il y ait un lien étroit entre l’allusion au dicton de Simonide et les extraits d'hyporchèmes, Plutarque {Aristoxène) n’a cité ce dicton que pour le combattre aussitôt et y substituer une comparaison de sa façon, que viennent appuyer les fragments lyriques. Si, comme le suppose trop ingénieusement Bæckh, Plutarque avait voulu combattre Simonide par ses propres armes, il n'aurait pas manqué de le nommer en toutes lettres comme auteur des fragments cités : sans cela la réfutation aurait manqué de pointe. Bæckh ἃ eu si bien le sentiment de cette nécessité qu'il a inséré le mot αὐτός — le « susnommé » lui-même

— dans la périphrase, énigmatique pour nous, qui désigne l'auteur inconnu !. Mais une pareille insertion dépasse les droits de la critique : ce n'est plus ici interpréter un texte, cesl le refaire.

Cette correction audacieuse serait tout au plus défendable si Simonide était mentionné par ailleurs comme un poète d'hyporchèmes fameux. Mais précisément aucun autre fragment des prétendus hyporchèmes simonidéens ne nous est parvenu, aucune allusion n'y est faite nulle part, et, dans l'énumération des œuvres de Simonide que nous donne Suidas, la classe des hyporchèmes ne figure même pas?. Il faut en conclure ou que Simonide n'avait jamais écrit d'hyporchèmes, ou que ceux qu'il avait composés ne jouissaient d'aucune célébrité; et, de fait, l'exubérance et la vivacité, qui semblent avoir été la loi du genre, devaient convenir assez mal au talent élégant et tempéré du poète de cour par excellence.

, . CORTE ΩΝ “" “Ὁ EN τ LA sure FORTS PE ne 7 \ of: VEVOVÉVEL l'JLécrit : δηλοῖ δὲ, ἃ αὐτὸς μάλιστα χατωρθωχέναι δόξει ἐν VROGANHATE καὶ οἐς Ὑξνο

: ἔ ΟΣ τε Ἂς τρί SAS : x Ἔ à : :: s χ ἃ ΡΊΟΤῚ τὸ ZtLUwWYICELOY πιθανώτερος ἑαυτοῦ χτλ. « Intellige Simonidem, cuius nomen ex Superi ri τὸ μων

Græco usu (!) suppletur, nisi ipsum Simonidis nomen ex( idit.… » | PACE: θρῆνοι, ἐγκώυια, ἐπιγράμματα, παιᾶνες χα! τραγωιοίᾶελ. χαὶ

2 Suidas, v. Σιμωνίδης... φθόρος ce aer ere

χλλα: à la rigueur les hyporchèmes pourraient être Compris Sous

rubrique... s'ils étaient connus d’ailleurs.

Peut-être devrais-je m'en tenir là et me contenter de proposer aux futurs éditeurs des Poetæ lyrici græci de reléguer Îles prétendus restes des hyporchèmes de Simonide parmi les /ragmienta adespota. Mais la curiosité des lecteurs ne serait sans doute pas satisfaite de ce résultat purement négatif; après avoir appris de qui nos vers ne sont pas, elle demandera à savoir de qui ils peuvent bien être. Cherchons donc, sinon à résoudre, du moins à circonscrire ce nouveau problème, et, pour opérer sur une base plus solide, essayons d’abord d'améliorer le texte, fâcheusement corrompu, de la citation de Plutarque !.

χαὶ ποιητικὴν (Libri : ποιητική) χοινωνία

- : ᾿΄ Π LES ’ - ᾿ πασὰ γα' ί, χα! μάλιστα μιμούμεναι περ' τῶν ὑπορ-

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ἀνὰ Δώτιον aveu

1 Je prends pour base le manuscrit E de Paris (fonds grec, n° 1672), que j'ai collationné à nouveau (on sait que le n° 1671, qui, en général, est la source de 1672, ne renferme pas les Questions de Table). Bernardakis a, en outre, collationné le Parisinus 1680 et le Vindobonensis 148, qui, d'après Dôühner, serait, pour cet ouvrage, la source commune de tous nos manuscrits. Le signe «2» indique les mots ajoutés à la lecon des manuscrits.

DEUX FRAGMENTS D HYPORCHÈMES ANONYMES

Variæ lectiones :

4 Libri : ἀπέλαστον, corr. Meineke. Hartung : ἀδάμαστον.

2 Libri : ἀμιχλέαν ἀγωνιῶν, corr. Wyttenbach.

& διώχων)] Après ce mot le manuscrit E porte τὸν μὲν, la vulgate ἡ τὸ comme pour relier deux citations différentes. Wilamowitz ἃ reconnu que les deux fragments n’en font qu'un. Τὸν μὲν fut probablement, à l'origine, une glose marginale correspondant à τὰν à (£) du vers 8.

5 ot(a)] libri οἷος, corr. Th. Reinach (Bergk: of ë χύων). — Libri ἀναδώτιον ἀνθεμόεντα παιδίον, corr. Wyttenbach.

6 Libri: χεράσασα. corr. Wyttenbach. Bernardakis : χεροέσσᾳ τε (77).

7 Libri: εὑρέμεν μανύων, corr. (7) Th. Reinach. Schneidewin : εὑρέμεν ματεύων Hermann : εὑρέμεναι χύων. Ebpéuev (εὖρεν ὃν) me paraît être une glose marginale corrigeant ἕτερον du vers 9. — On pourrait, à la rigueur, conserver μανύων puisque l'un des animaux (ἵππον, v. 1) est du masculin; mais il est plus conforme au génie de la langue et à l’ensemble du tableau d'accorder le participe avec le second sujet, χύνα.

8 Libri στρέφοιαν, corr. Wyttenbach. — Schneidewin : τὰν à τὰν δ᾽ EX’ ἐπ᾿ ady. Bergk : τὰν μεθέπ᾽ αὐγένα στρ.

9 εὖρεν ὃν] Th. Reinach (ou : εὗρε Fôv) ; libri ἕτερον. — κατ᾽ oïuov] Th. Reinach; libri: πάντα ἕτοιμον. — Schneidewin : σφέτερον (Hermann ἔτειρεν, Hiller Crusius ἔτειρ᾽ ὃν, Bergk ὑγρόν re) χάρα πάντ᾽ ἐπ᾽ οἶμον. Hartung: ἑτέρωσε πάντ᾽ ἄτολμον. [ci encore πάντα parait être un addition écrite primitivement en marge de la ligne suivante, où 16 l'ai mséré.

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