‹ Mélanges Henri Weil [microform]. Recueil de mémoires concernant l'histoire et la littérature grecques dédié à Henri Weil ... à l'occasion de son 80e anniversaire; ouvrage contenant un portrait en héliogravure, une phototypie hors texte et plusieurs illustrations dans le texteChapitre 88 sur 96 · EA · texte numérisé non relu

EA

av. Bernardakis :

{πάντα > uovovodx αὐτόθεν! τὴν ἐπ᾿ (libri: iv) παραγαλεῖν, rat χαὶ τὼ πόδε μᾶλλον χαὶ ἐντείνειν. τούτων

l Libri: uovovod λειόθεν; corr. Wilamowitz (per litleras). Dohner (7) λέληθεν. Bernardakis λέγει ποθεῖν.

2 Libri : διάθεσιν τὰ ποιήματα χαὶ παραχαλεῖν. Les mots τὰ ποιήματα (« les vers ») sont sans doute une glose. J'ai inséré δοχεῖ pour justifier les infinitifs; Wilamowitz propose de les changer en indicatifs παρακαλεῖ, ἕλχει, etc. Il est possible, en effet, que le scribe ait ajouté ces nu parasites par ignorance de la règle τὰ ζῶα τρέχει.

3 Ces deux mots me paraissent une glose de unpévbots.

‘ Libri : δυναμένοις, corr. Wilamowitz (per litleras).

5 Libri: ὅτ᾽ ἂν δὲ γηρῶσαι νῦν. Blass : ὅταν λέγη" « ῥῶσαι νῦν ἐλαφρόν 47h. » J'ai écrit ὡς οἶδεν faute de mieux, sans pouvoir expliquer la corruption du texte (QCOIAEN devenu QCAINYN). La lecon ὡς δεῖ νῦν (ou νιν) se rapprocherait plus de celle des manuscrits, mais ne justifierait pas le mot ἐγχωμιάζων ἑαυτόν. Peut-être : ὡς δεῖνός ἐστιν ? — Schneidewin : ὅπα δὲ γαρῦσαι σύν τ᾽ ἐλαφρόν κτλ. — Bergk : « ὅταν δ᾽ ἐπ᾽ ἦρος ἀΐω νέον χτλ.»

᾿᾽ « ” ᾿ να τς - TE ἯΣ PR 10 | ἀοιδᾶι ποδῶν μιγνύμεν 4 L mn + - D 11 ν COOL νυν

Variæ lectiones :

. ᾽ » τιν mis . y A νῇ © IT VUUILE Corr. Bergk. 10 Libri : ὄρχημα otùa, corr. Bergk.— Libri : HÉYYouEv, FE οι a à -. - : 2 ΕΣ Je ἦ > ἊΝ γῆν = Sé γέ ᾿ς 5 δος it Libri: Κρῆτα (Athenæus, p. 181 B: Κρήταν) μὲν, Corr. Casau χαλέουσ: (Ath. : χαλέοισι), corr. Schneidewin.

12 Deest in Plut., servavit Athenæus.

Nous avons restitué tant bien que mal nos deux fragments poétiques ; quels indices possédons-nous maintenant pour en ES ner la provenance? Ces fragments, nous dit Plutarque, pps: tiennent à des hyporchèmes, et leur auteur est, de tous les poètes, « celui qui a le mieux réussi dans ce genre* ». La cas one d'Athénée exige également qu'il s'agisse d'un poète très célèbre et d'un morceau présent à toutes [65 mémoires lettrées. Or on sait que l'hyporchème, — qui, pris dans son sens précis, désigne un chant choral accompagnant une danse mimée, exécutée “sRakes ue artistes, — on sait que ce genre très original n'a pas eu en Grèce une abondante floraison. On ne cite que cinq poètes qui l’aient cultivé avec quelque succès: ils s’échelonnent entre la fin du vu sièele et le milieu du χὰ ce sont : 1° Thalétas de Gortyne ; 2° Xénodamos de Cythère; 3° in ps nas de Phlionte : 4° Pindare de Thèbes; 5° Bacchylide de Céos*. C'est parmi ces cinq poètes qu'il faut évidemment chercher l'auteur des vers cités par Athénée et Plutarque. On peut même sans crainte

| L'instrument de musique appelé μολοσσόν (cf. la danse dite μολοσσιχ: y rh p. 29 D) pourrait ètre identique aux flütes dites dactyliques, qui, d'après Pollux (IV, 82), servaient à l'accompagement des hyporchèmes. ἐπε δὸς “« ’ = 2 du suit e (Jet 0 solé : Ἂς γ{: 2 Ὃ μάλιστα χατωρθωχέναι δόξας ἐν Ὑπορχημαᾶσι. A les ane ha ou 6 el | eg pourraient aussi signifier que le poète en question ἃ mieux réussi dans l'hyporchème que dans les autres genres de poésie ; mais le contexte me parait indiquer que μάλιστα se rapporte non aux autres œuvres de ce poète, mais à tous les autres poètes; sans cela la première partie de l'éloge ferait double emploi avec la seconde . DS 3 Je renvoie, pour les textes, à mon article Hyporchema du Dictionnaire des Antiquités, p. 353 B.

DEUX FRAGMENTS D'HYPORCHÈMES ANONYMES 419

éliminer tout de suite les deux premiers. L'œuvre de Thalétas avait péri tout entière, sauf des chants populaires crétois d’une attribution très douteuse ; et il n’est rien moins que sùr qu'il eût écrit des hyporchèmes, quoique certaines traditions le donnassent pour créateur du genre. Quant à Xénodamos, ses hyporchèmes étaient si bien oubliés que Plutarque (c’est-à-dire Héraclide du Pont), dans le 1x° chapitre du De Musica, est obligé d'invoquer l'autorité du vieux Pratinas pour établir leur existenee!. 11 ajoute, il est vrai : « d’ailleurs, il subsiste un chant de Xénodamos, qui est manifestement un hyporchème ». Mais si, dès la fin du 1v° siècle, il ne subsistait qu'un seul hyporchème, ou peut-être même un seul poème, de Xénodamos, ce n'est pas de lui qu’on pouvait dire en termes aussi affirmatifs: qu'il avait, dans ce genre, surpassé les autres, et s'était surpassé lui-même !

Des hyporchèmes de Pratinas nous ne connaissons qu'un seul fragment expressément cité comme tel: c'est la célèbre diatribe contre les usurpations des joueurs de flûte ?: encore a-t-on soutenu, par d'assez bonnes raisons, qu'Athénée s'était trompé et que ce fragment provenait d'un drame satyrique, non d’un hyporchème isolé. Je crois, pour ma part, et malgré les mots Δώριον χορείν, qu'il s’agit plutôt d'un chœur dionysiaque : Pratinas y invoque Dionysos, qu'il appelle θριχμξοξιθύραμῥος, et nous savons que l'hyporchème proprement dit appartenait au eyele de la lyrique apollinique. En tout cas, il ne semble pas que Pratinas ait été considéré comme un des maîtres du genre hyporchématique, et les quelques ressemblances de style οἱ de rythme que j'avais cru remarquer, au premier abord, entre le grand fragment anonyme et le morceau de Pralinas s'évanouissent à un examen plus approfondi. Malgré l’abondance de ses images et la vivacité imitative de ses rythmes, l’anonyme reste bien loin de la fougue tumultueuse et de l'exubérance vraiment rabelaisienne qui distinguent le satyre de Phlionte.

J'incline donc à croire que notre choix ne peut sérieusement hésiter qu'entre les deux grands lyriques du v° siècle, Pindare et Bacchylide. L'un et l’autre avaient laissé des byporchèmes célèbres. Plutarque et Athénée nomment expressément Pindare, à côté de

CF. aussi ArTnexée, 1, p. 15 D.

Fr. 1 Bergk : Ατηΐνέε, XIV, p. 617 B.

MÉNANDRE LE RHÉTEUR, De encomiis, p. 331 Spengel.

Xénodamos, comme un des représentants typiques du genre!, et nous savons que, sur les dix-sept livres que formait le recueil de ses odes, deux étaient entièrement composés d’hyporchèmes?. Aussi les critiques antérieurs à Bæckh avaient-ils rangé nos vers anonymes parmi les fragments de Pindare ; les éloges que le poète se décerne lui-mème, dans le second fragment, leur paraissaient bien cadreravec le caractère quelque peu glorieux du chantre thébain*. Cette attribution n’a donc rien d’invraisemblable, et elle peut même invoquer en sa faveur quelques analogies d'expression t. Cependant, pris dans son ensemble, le style de l’anonyme me paraît différer beaucoup de celui de Pindare. Même dans les fragments, peu nombreux d'ailleurs, de ses hyporchèmes, Pindare reste toujours implexe, prégnant, un peu solennel, rien moins que πιθανός, comme s'exprime notre critique ; l’'anonyme est familier, pittoresque, 16. dirai volontiers réaliste; sa phrase, une fois débarrassée des scories dues aux copistes, se déroule avec une simplicité rectiligne. Ajoutons que, s’il n’est pas prouvé que, dès le temps d’Aristoxène, les epinikia de Pindare jouissaient de la primauté incontestée que leur ont attribuée les critiques ultérieurs, 1l serait pourtant assez surprenant que le connaisseur démarqué par Plutarque les eût sacrifiés aussi complètement à ses hyporchèmes, si rarement cités”.

Les fragments d'hyporchèmes de Bacchylide ne sont qu'au nombre de deux5, mais la manière même dont 115 nous sont parvenus alleste leur grande célébrité. Le premier (fr. 22 Bergk, 14 Blass) se lit, en même temps que chez Stobée, sur une pierre gravée du recueil de Caylus. Le second (fr. 23 — 15) a été cité, en tout ou en partie, par Denys d'Halicarnasse, Athénée, Elien, Lucien, Achille Tace, Lactance, et un grammairien anonyme. L’allure de ce second fragment, la

t PuurarQue, De musica, ch. 1x: — ATnéNéE, 1, p. 15 D. — Clément d'Alexandrie va plus loin et fait de Pindare l'inventeur de l'hyporchème (Sérom., 1, p. 3658).

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