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5. n écrivit au ministre de la marine que les Forg'es sont dans un bon état.

l'acier dont les grainâ sont trop gros. Les bombes ne sont pas selon les règles (6).

6. A la date du 25 arril le président du conseil de la marine avait écrit à MM. de la Galissonnière et Hocquart qu'on avait fait l'essai de trois canons fa'briqués aux Forges et que la matière a été reconnue propre à faire de l'artililerie, mais les canons ont été mal fabriqués ; il ajoute que maître Gouvernet n'a pas les connaissances voulues pour une pareille opération, mais que, la paix sigTiée, on verra à y envojer un maître-fondeur compétent dans cette ligne.

Quant aux bombes dont se plaignait le ministre, il est bon d'ajouter qu'elles donnaient entière satisfaction dans tous les ménages canadiens. Mon grand'père m'a souvent dit que ces "canards" venaient des "Cyclopes". On api^elait ainsi autrefois les vieilles forges.

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L'INDUSTRIE DU FER. — OLIVIER DE VEZAIN. — VISITE DE PETER KALM AUX FORGES. — MARTEL DE BELLEVILLE. — NOMS DES HABI- TANTS AU REGISTRE DES FORGES, 1749-1751.

Il n'est ^ère d'industrie plus comp'liquée que celle du fer; c'est au point que la matière qui coûte un eou en sortant de la mine vaut une piastre lorsqu'elle est devenue propre à d'usage. La dépense que la manipulation entraîne va toute au profit des ouvriers. iCeux-ci constituent plusieurs branches de main d'oeuvre qui sont autant de métiers différents les uns des autres. Au bas de l'échele, c'est-à-dire les opérations premières, les frais sont minimes; plus on procède plus c'est dispendieux.

L'extraction de l'or nécessite de grands déboursés, mais une fois le métal mis au jour c'est de l'or — il a presque sa pleine valeur marchande. Le fer tire son mérite de la fabrication.

L'antiquité n*a pas connu l'usage du fer, mais les ouvriers de cette époque lointaine possédaient le secret d'une composition métallique qui s'est perdu. L'analyse de quelques ooitils découverts de nos jours a donné une petite quantité d'étain avec du cuivre, ce qui ne fournit pas la dureté voulue. Or, la trempe de leurs instruments égalait celle de nos bons aciers puisqu'elle leur permettait d'extraire et de tailler la pierre la plus serrée, tel que le granit, le porphyre et jusqu'aux diamants. Ce qui est plus curieux, c'est que l'art en question existait en Egypte, au Mexique et au Pérou, trois contrées qui n'avaient aucoin rapport ensemble. Il a donc fallu que la même découverte fut faite par trois nations, isolément, sur des

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points du globe éloignés les uns des autres de plus de mille lieues.

Dans le premier établissement des forges Saint-Maurice, en 1737, le minerai se trouva en grande abondance près de la surface du sol et il ne le cédait en qualité à aucune des veines d'Europe pour la flexibilité du métal. D'abord, les différentes veines furent mises en oeuvre avec très peu d'habileté, mais en 1739 on fit venir de France un artisan qui réunissait la connaissance des différentes branches de manufacture de fer fondu et travaiMé à une connaissance suffisante de Tart d'exploiter les mines.

Il est connu que l'on tirait la mine à la porte même de l'établissement; cela se pratiquait encore en 1867. Le gros ruisseau qui passe en cet endroit est la décharge de savanes remplies de fer; son eau est très claire avec un fort goût de rouille. En 1737, ce lieu était pavé de minerai de fer, comme le rang Saint- Félix l'était lors de mon séjour en 1869.

Il y a dix-huit espèces de fer. Le nôtre est "fort et mou", pouvant être battu, allongé, aplati, étendu et réduit en fils très minces sans se rompre, ce que ne possède pas le "fer fort dur". Il est facile à travailler à froid et à chaud et convient surtout à la fabrication des objets qui exige une grande ductilité jointe à beaucoup de résistance, comme les fers et clous de cheval, les jantes et essieux de roue, ile fil de fer, etc.

La mine, ai-je déjà dit, est presque à fleur de terre. On lève le gazon. Aussitôt les grains couverts de rouille apparaissent, depuis la grosseur d'un pois jusqu'à celle d'une fève, mêlés au sable à peu près par moitié. La couche varie de six à quinze pouces. Cette épaisseur est remuée à la pelle et la séparation des grains se fait au moyen d'un treilli ordinaire. On porte ensuite le minerai au lavage qui se fait dans une dalle de deux pieds de largeur formant un canal à pente

inclinée où passe une branche du gros ruisseau des forges. De là la ''mine pure" est envoyée à la fonte.

C'est une grande affaire qu'un haui^foumeau. Il est bâti de pierre dure et revêtu par dedans de briques réfractaires. Une fois allumé il brûle durant deux ou trois ans à toute ardeur, dimanches et fêtes, jours et nuits, et lorsqu'il manifeste un défaut, une faiblesse, on le laisse éteindre, il est démoli et un autre construit à sa place. Qui n'a pas m le monstre en activité ne saurait croire ce qu'il a d'effrayant. Regardez par les lunettes qui sont au bas et vous verrez la masse liquide, couleur jaune rouge, puis blanche, puis cramoisie qui se tord dans le feu que tourmente une soufflerie dô tempête.

Dans le haut de la construction est plaeé le chargeur qui verse de temps en temps dans le gouffre le contenu d'un panier rempli de minerai, de sable, de fondant et de charbon de bois pour nourrir le feu. Lorsque la quantité de fer en fusion atteint la hauteur voulue, les ouvriers pratiquent ime ouver-^ ture par laquelle le liquide se précipite et coule vers des rigoles préparées à l'avance dans un sable mouillé que l'on ramène avec de longues grattes pour recouvrir le métal et le laisser refroidir à l'abri de l'air. Lorsque vient le temps de le déblayer, on le casse à coups de masse par tronçons qui prennent le nom de "gueuses". Dans cet état, il est livrable au commerce pour couler des poêles, des marmites ou pour être transformé en barres, etc., au moyen du martelage. Il n'est pas besoin de réfléchir longtemps si l'on veut se rendre compte de la variété d'industries dans lesquelles entre le fer. Aux forges Saint-Maurice cette limite était restreinte et je ne crois pas qu'on ait jamais dépassé, du temps des Français, la production des ustensiles qui nécessitent le moins d'outillage. Toutefois, cela com^portait sept ou huit branches du métier

ayant chacune à sa tête un honune expert; c'est même faute d'avoir sous la main de tels artisans que l'on tâtonna une dizaine d'années en perdant beaucoup 'd'argent. Supposons la mine mal lavée, le charbon imparfait, le fourneau défectueux, les "charges" irrégulièrement servies, la gueuse est mauvaise et c'est à recommencer. Ensuite, le moulage des poêles, des chaudrons étant inégal ou fautif sous quelque rapport, À en résulte des pertes de toutes sortes, tant pour la main d'oeuvre que pour la vente. La création d'un tel établissement, vu l'ensemble des choses dans la colonie, était des plus difficiles. On avait beau s'en tenir aux ouvrages qui sont au bas de l'échelle dans l'exploitation de ces produits, les olbstacle-s restaient nombreux et parfois formidables. La disparition d'un seul ouvrier, par suite de décès ou autrement, paralysait tout le système. C'était bien pis, dans les cormneneements, lorsque les spécialistes manquaient, car le pays n'en fournissait pas. Et comment ajouter, par exemple, une forge ou fabrique de fers ronds lorsque déjà on avait tant de peine, sans profit, à faire les barres ordinaires. Et les aciers dont la trempe est de toute importance, ne pouvaient pas sortir de la fonderie ou des ateliers qui martellent sans polissage les pièces destinées aux charrons et aux autres constructions. Je me demande si l'on faisait des clous autrement que pour les besoins strictement locaux. Enfin, ce qui paraît bien certain, c'est que les poêles, les marmites et le fer en barres constituaient la principale prod^iction de l'éta'blissement(l).

A l'aide du gros ruisseau qui saute en descendant la pente des forges pour tomber dans le Saint-^Iaurice, on

1. Le 5 mai 1745, on voit dans la correspondance du ministre de la marine à Hocquart, qne les Forg'es fournissent des clou.s à la France. De nouvelles commandes sont données.

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obtenait des forces motrices pour les souffleries du hautfoumeau, celles de la fonderie et la forge du marteau mécanique, n n'y avait pas de laminoir, que je sache. La soufflerie était à air froid, ce qui donne les meilleurs résultats, mais la fonte du métal s'opère plus lentement qu'avec l'air chaud. La nature du fer de Saint-Maurice est la malléabilité, la souplesse; il se plie aisément; l'air chaud de la soufflerie le rend cassant.

Aux foTges iSaint-Maurice on ramassait, je ne sais où, un certain sable indispensable pour la première coulée. Il fallait aussi casser en petits morceaux très menus un calcaire .particulier pour servir de fondant. Avec cela n'oublions pas le charbon de bois qui joue un rôle marquant dans les hauts-fourneaux. Voici en quoi consiste la production de cet élément. Les charbonniers coupent du bois dans la forêt, l'apportent à la "vente" qui est un endroit choisi par le chef de la bande à cause des conditions que ce travail exige, et l'on empile les rondins d'après une méthode, toujours la (même, de manière à former une construction remplie de vides en tous sens, haute et large comme une maison d'un étage ou un étage et demi. Le tout est recouvert d'écorce le plus hermétiquement possible. Alors on allume le feu et le bois cuit à Tétouffé durant plusieurs jours. Les hommes sont attentifs à suivre les progrès de la température intérieure sur le bois qui sècihe; pour cela on enlève les écorces à tour de rôle, afin de constater Tétat des choses; on gouverne le foyer pour qu'il fournisse une chaleur intense sans communiquer le feu à l'édifice. Lorsque tout est cuit à point, il ne reste du bois que le charbon et celui-ci est léger comme une plume, selon le terme adopté.

Le naturaliste suédois Peter Kalm qui visitait le Bas- Canada en 1749 était aux Trois-Rivières le 3 août de cette

annce. Il partit ce jour-là à cheval, visita les Forges et fut de retour en ville avant le coucher du soleil. Bien qu'il ne fasse pas mention de k route, nous savons qu'elle devait être parfaite pour les voitures et sur un terrain partout très favorable, mais traversant d'un bout à l'autre une forêt compacte, sauf de rares éclaircies de peu d'étendue sur deux lieues de parcours (2).

Le minerai, dit-il, est très riche et se rencontre en paquets libres de la grosseur des deux poings. Ces petites masses sont comme des éponges remplies de trous qui renferment de l'ocre, terre jaune, argileuse, diversement colorée par l'influence du fer. C'est de la terre à peinture. On en trouve un grand dépôt à la Pointe-du-Lac, d'où la compagnie des Forges tirait alors et plus tard beaucoup de minerai de fer. iCe minerai, dans les environs des Trois-Rivières, n'est pas tout par mottes, comme le dit Kalm, on le trouve "en sable'' ou grains, sous la mince couche de terre végétable et celle-ci étant levée on le ramasse à la pelle, mais il faut le laver au crible pour le séiparer de la terre qui ne manque jamais d'y être mêlée.

Le minerai est mou. On peut l'écraser entre les doigts, Il y a des veines de dix-huit pouces d'épaisseur, mais toujours de six pouces pour le moins. Elles reposent sur du sable blanc. Une légère couche d'humus les recou"VTe. C'est

2. Tout le district ouest des Trois-Rivières, depuis Yamachiche et la Point€-du-Lac jusqu'aux chûtes Shawini^ran, et même pllus loin, était couvert d'épaisses forêts. Vers l'aunée 1800, une femme qui demeurait à la Pointe-du-Lac. s'étant aventurée dans le bois, du côté du nord, ne retrouva pas son chemin et périt sans secours ; l'affaire fit prrand bruit aux alentours des Trois-Rivières et des Forg^es. On pouvait aHors s'égarer facilement dans ces vastes régions couvertes d'arbres, où le paisible cultivateur engerbe ses blés ou fauche ses foins de nos jours.

une substance douce, flexible et solide, tenace, souple à l'extrême, moins susceptible de prendre la rouille que bien d'autres fers connus et, sous ce rapport, il semble exister une grande différence entre elle et les produits de l'Espagne en ce qui concerne Femploi dans la, construction des navires. On charge ce minerai sur des traîneaux l'hiver, et en été sur des charrettes pour l'amener aux fourneaux des Forges.

Avec le minerai, il tombe dans le fourneau une proportion de pierre à chaux broyée que l'on se procure dans les environs des Forges. (Jest le fondant destiné à durcir le fer qui est généralement doux comme il a été dit. Cette pierre à chaux est grise. On emploie aussi dans le même but de la marne argileuse (terre à pipe) qui se trouve dans le voisinage.

Le pays, n'étant qu'une vaste forêt primitive, donne en abondance le sapin et autres arbres toujours verts pour fabriquer le charbon des forges. Le charbon des hauts-fourneaux est fait avec le bois des arbres à feuilles décidues — qui renaissent tous les ans.

Il y a, sous un même toit, deux grandes forges auxquelles sont adossées deux forges plus petites. Les soufflets en bois "et tout le reste" re3<semblent aux forges suédoises. Les hautsfourneaux sont près des forges et là encore, c'est une copie de ce que notre voyageur avait vu dans la Suède. ISTi lui ni ceux qui raccompagnaient ne savaient que nos ouvriers étaient les petits-fils des hommes que le ministre Colbcrt avait envoyés en Suède apprendre le métier.

Dans les London Documents, VI, 581, il y a un rapport que M. Stoddart écrivit au gouverneur Clinton, de New- York, sous la date de 1750, disant qu'il y a cinq forges en activité à Saint-Maurice et qu'on lui a fait savoir qu'on y coule des

canons. Il ajoute qu'il possède un des moules de ces canons, ce qui est assez curieux il me semble. Il dit plus : il s'est procuré l'un de ces canons manqué à la coulée. On lui a assuré que l'établissement occupe quatre cents traTailleurs . Ce rapport vaut ce qu'il peut valoir.

Parlant des poêles du Saint-Maurice qui remontaient à 1750, John Lambert disait en 1808 que les plaques mesuraient deux pouces d'épaisseur. Kalm remarque les procédés suivis aux forges Saint-Maurice et les déclare identiques à ceux de la Suéde. C'est, entre autres choses, la soufflerie à vent froid {cold hîast) qui opère la fusion avec lenteur mais donne un meilleur fer qui est plus flexible, moins sec que celui obtenu par la soufflerie chaude.

Ejalm mentionne des canons, des mortiers de divers calibres, des chaudrons, des poêles "très répandus dans la colonie'^ que l'on coule aux Forges (3), du "fer en barres", ce qui veut dire peut-être en gueuses ou sa.umons : fer coulé dans le sable par morceaux pour l'usage des mouleurs et de la forge. Faute de savoir le métier, ajoute-t-il, on n'a pas réussi à y faire de l'acier.

On s'accorde à dire que le revenu des Forges ne courre pas la dépense et le roi com'ble le déficit annuel. La maind'œuvre est rare parce que les habitants des campagnes environnantes ne s'y prêtent pas, aimant mieux se vouer exclusivement à l'agriculture et c'est la campagne qui fait vivre les Trois-Rivières quoique les Forges aident la ville dans une certaine mesure. On a dit à Kalm que la direction des Forges s'y prenait gauchement pour se procurer des travailleurs.

3. Ni Kalm, ni les autres visiteurs de ce t-emps. ne mentionnent lies fournaises appelées "coquett-es" qui devaient être, alors très en vogue. Après 1800 ou environ, ces foumaices. semblent avoir perdu ileur renommée.

Officiers, conducteurs, surveillants, employés, commis (il y en a quatorze), intendant et autres vivent dans l'abondance et sont très bien logés. Lambert, recueillant en 1808 la tradition locale, dit que plus de quatorze de ces personnes avaient fait leur fortune aux Forges, de 1740 à 1760, mais le mot fortune ne saurait être pris au sérieux. Ce qui est certain c'est que, en ce temps-là, comme de 1760 à 1850, les gens des Forges ont toujours vécu largement. Les notes de Kalm sont écrites sans ordre ni suite. Je les ai remaniées pour le mieux. Terminons par nos propres remarques.

Les "gens des forges" ont consente jusque vers 1850 une foule d'habitudes traditionnelles. Ainsi, l'on communique les ordres autour du haut-fourneau par des sonneries exécutées sur des feuilles de tôle suspendues et frappées à coups de gourdins. Pas de cris, aucun appel vocal mais trois sons, plus ou moins, parfois cinq, eapacés d'une certaine manière et ,tout le monde comprend. Le masque d'amiante sur la figure, le devant du corps protégé par une armeture de gros cuir, quelques-uns surveillent la fonte en ébuUition. Ceux qui travaillent plus près du fourneau ne portent qu'un simiple caleçon (4). Des outils de tailles gigantesques sont suspendus

4. Ceci nous rappelle que le Dr X.-E. Dionne (nous avait communiqué à ce sujet ime note des plus curieuses. Vers 1750, les habitants des For,ges avaient l'habitude de travailler eu simple chemise, sans "culottes", jîendant Tété, pour éviter la ■grande chaleur de la saison jointe à celle de la forge, et que les missionnaires, surpris de voir violer les règles de la bienséance, avaiient dû oonda:mner cette (mauvaise habitude. 11 ne semble pas que la chose se soit aggravée, car le Dr Dionne .n'a rien trouvé de phis sur cette affaire.

Mais ce que l'on connaàt de certain, c'ét^iit Je défaut des "gens des Forges" de t-rop sacrer, de se quereller et de se dire parfois des injures, ce qui ne veut pas dire qu'ils étaient de mauvaises moeurs; au contraire, cette ix>pulation était très morale et durant les vingt-trois années de la tenure du registre des Forges, il n'y a pas une seule naissance illégitime.

au centre de la voûte par de minces chaînes de fer. Ce eont la '^demoiselle*', le "gentilhomme", le "prince", et lorsqu'on les met en branle il faut voir avec quelle précision la besogne s'exécute ! Un immense ''gentilhomme" s'attaque à la bouche inférieure du fourneau, l'ouvre en un clin d^oeil et la matière en fusion, blanche, avec des teintes orangées, se met à descendre dans les avenues (préparées pour la recevoir. I/édifice est comiplètement ouvert sur trois côtés; cependant, la chaleur y est intense. Tout le monde sort jusqu'au moment de faire jouer à distance les longues grattes qui vonl^ recouvrir la fonte déjà brunissante, car en ce moment elle n'est pas encore "gris de fer".

A ce travail on est vite sali, surtout ceux de la forge et de la fonderie", mais le ruisseau est là et rien n'est propre comme les "gens des forges''. Les femmes ont "toutes l'air de sortir d'une boîte". Leurs maisons reluisent. Quand à^, la santé générale, on ipeut dire que personne ne meurt aux Forges parce que l'on y boit de l'eau qui coule sur des lits de fer. Le sang est merveilleusement beau, tous les individus sont forts et souiples, pleins de gaieté, aiment la vie — et fiers, ah ! très à pic soir leur dignité ! Je parle de longtemps, car dès 1850 les traditions se peKlaient; il ne doit pas en rester beaucoup aujourd'hui. Je me rappelle que M. Mc- ODougall ayant proposé de remiplacer les feuilles de tôle par dea cloches et des tuibes acoustiques, ce fut un scandale; on ne change pas de religion, voyez-vous ; ce qui était bon ÇxyuT nos pères est bon pour nous, etc. Je suppose que le téleîphone est à présent installé dans toutes les parties des usines actuelles- Les traditions ne sont plus qu'un vague souvenir et je reste peut-être le seul à les rappeler..

Le 14 juin 1749, aux Trois-Kivières, mariage de Pierre-

François Olivier de Vezain • 'grand- voyer de la province de la Louisiane et le premier envoyé par le roi pour établir les forgée et fourneaux de Saint-Maurice dont il a été le premier directeur."' Il épouse Marie- Josephte Duplessis-G-atineau, fille de Jean-Baptiste, bourgeois des Trois-Eivières, lieutenant de milice, et de demoiselle Charlotte Le Boulanger- Jean-Baptiste Duple^sis-Gatineau était seigneur du fief Gatineau, près dTamachiche. En 1750, Marie- ■Josephte se fit accorder une augTnentation de cette terre et en 1765, par son testament devant Dielle, aux Trois-Rivières, «lie légua tous ses biens à sa cousine-germaine Marie-Madeleine Du$>lessis.. Cette dernière, en 1768, (passa le tout '^à ses neveux et nièces, enfants de monsieur maître Olivier de Vezain" et, en 1771, le sieur Jacques Perrault "procureur de Pierre-François Olivier de Vezain, au nom et comme tuteur de ses enfante mineurs donataires de demoiselle Madeleine Duplessis", vend la dite augmentation du fief Gatineau à François Lemaître Duhaime (5).

Au registre des Forges, en 1749, le frère Luc Hendrix •est le seul prêtre agissant. Il y a "Monsieur Cressé, seigneur de Nicolet et directeur des Forges"'. Aussi Jean-Nicolas Eobichon et sa femme Denise Chaput.

Jacques, fils de Jean Aubr}', arrivé en 1738, épouse en 1749, Antoinette Beaudet, Canadienne; nous connaissons de oe ménage trois enfants.

Le 7 juin 1750, aux Trois-Rivières, Jean-Urbain Martel de Belleville "directeur des forges Saint-Maurice" est parrain de Charlotte Manseau dit Lajoie, des Forges.

Le 11 juin, registre des Forges, Jean La Tuilière, directeur des Forges, est parrain d'un enfant d'Antoine Milot,

5. R. Bellemare. 1rs Ba'^rs de Vllifitnire d'Yamachiche, donine tous les documents concernant ces fiefs.

LES FOIKJES SAINT-MAUPJCE 109

contremaître, et d'Amable Boisjoli. Marraine: demoiselle Louise Hertel de Eouville, Le frère Hyacinthe (Louis- (Claude Amiot) fait le baptême, Antoine Milot, dont le père était marchand à ]\Iontréal, venait de se marier à Lavaltrie avec Amable Griveau dit Boisjoli. Jusqu'à 1758 au moins ce ménage est resté aux Forges, Milot étant toujours contremaître. En 1756, Milot se remaria avec Marie Biais, veuve de François Godard, déjà mentionnés.

Le 20 septembre 1750, le frère Valérien GaiLfin. commissaire provincial desservant par intérim "la paroisse des Forges", fait un baptême. Peu auprès, Denis Baron, prêtre, dessert par intérim (6). Ensuite Hyacinthe Amiot.

Marie Dubeau, veuve Cardinal, qui figure au registre ,des Forges en 1744, me paraît être la même qui épousa Jean-Baptiste Ferron en 1750. Mgr Tanguay(7) nommie la femme Dubeau et Bibeau. Ce ménage demeura aux Forges(8) jusqu'à 1761 où il alla s'établir à Yamachiche(9) et la descendance y est encore.

Joseph Aubry, arrivé en 1738, étant décédé, sa veuve Josephte Chèvrefils se remaria le 21 septembre 1750 avec Antoine Lafond, à la Baie-du-Febvre, et ce ménage demeura toujours en ce dernier lien.

Luc Imbleau (origine inconnue), employé aux Forges, se maria vers 1750 avec Geneviève Contant, née à Champlain en 1729. Jusqu'à 1759, ce ménage fait baptiser cinq enfants. La descendance est encore parmi nous.

Le registre de la chapelle des Forges donne en 1751 les

6. Le Père Denis Baron (ou Barras) était à la Pointedu-Lac depuis 1744, probablement, et en 1751, il fut curé à rile-aux-Coudres.

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