HISTOIRE DE LA TOMME DE TERRE
fugiés au Saut Saint-Louis l'ont apportée avec eux, peutêtre même dès 1684 ou à peu près à cette date.
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Il résulte d'un document authentique, découvert par un savant lorrain, M. Henri Labourasse, que ce légume était déjà abondamment cultivé au Val-Saint-Dié, Vosges, en 1679, et que, dès 1719, il était si répandu en Lorraine que le duc Léopold en réglementait la dîme par une ordonnance qu'on peut consulter dans les archives du parlement de Nancy.
Les habitants du Youthon-Haut furent, en 1785, judiciairement dispensés de la dîme des pommes de terre et ce fut uniquement parce qu'ils prouvèrent qu'ils cultivaient ce tubercule depuis plus de quarante ans, terme légal. Bien mieuix, ils démontrèrent qu'ils le cultivaient bien avant 1740, tout comme leurs voisins des Vosges et l'on a ru plus haut que la pomme de terre était dîmée en Lorraine depuis 1719, ce qui prouve qu'elle y était cultivée d'une façon assez générale pour que la dîme valut la peine d'être revendiquée en jaistice par les décimateurs.
En 1729, la picote ravage le Canada. Disette générale dans le pays. On mange des patates pour la première fois, faute de mieux, dit un écrit du temps.
En 1737, nouvelle famine. La Mère Duplessis de Sainte- Hélène écrivait à ce propos : "Les habitants sont réduits à manger des bourgeons d'arbres, des pommes de terre et autres choses qui ne sont point propres h la nature des hommes".
En 1740, le Portugal, l'Espagne et l'Angleterre connaissaient la patate sucrée — peut-être est-ce là le commencement du mauvais Avhiskey. La patate a une forme oblongue
HISTOIRE DE LA POiESŒ DE TERRE
le plus souvent. Sa couleur est bleuâtre. Elle est assez molle. Son goût est sucré. Elle fait de l'alcool pour différents usages et on en tire une sorte d'eau-de-vie exécrable. Très peu considérée comme met de table (11).
Peter Kalm, professeur suédois, étant en Pennsylvanie, Tannée 1749, s'exprime de cette manière: "A G-ermantown on se livrait à la culture de la pat-ate des Bermudes, ou patate sucrée qui était connue, à cette époque, en Portugal, en Espagne, et même en Angleterre, mais non en Suède. Les Espagnols font une sorte d'eau-de-vie avec la patate sucrée".
Kalm en emporta plusieurs échantillons, qu'il se proposait d'introduire dans son pa5"s, mais le navire ayant fait eau dans une tempête, ils pourrirent tous. Le même savant continua son voyage jusqu'à Québec. Il fait alors une nouvelle observation sur ce sujet:
"Peu de gens connaissent la pomme de terre, et l'on n'y cultive ni l'espèce commune (solanum tuberosum) ni la patate des Bermudes (convohulus batatas). Les Français du Canada, lorsqu'on leur demande pourquoi ils ne plantent pas de patates, répondent qu'ils ne lui trouvent
11. Les anciennes peuplades de l'Amérique, du moins celles qui avaient des notions d'aorriculture n'ont pas manqué de se fabriquer des boissons alcooliques. Les Indiens de la Guyane, renrarque Watterton, savaient tirer de leur cassara une espèce d'eau-de-vie très forte ; mais les breuvages fermentes les plus usités étaient ceux des Mexicains et des Péruviens. Au Mexique, ce fut le pulque ou jus fermenté de maguey, agave américain, alors en honneur. Les anciens Mexicains ont aussi connu la bière de maïs ou chicha, aiissi répandue au Pérou, en Bolivie, etc. . . .
iBuilock. dans son Histoire Z'niverseUe (les Voyages:, dit que les peuples de l'Amérique centrale ajoutaient des patates dans ces différentes boissorLS qu'ils préparaient par mastication. Cette remarque est aussi indiqiiée dans un intéressant ouvrage du professeur Mantegazza. (Quadri âella natura timana, vol. II, Milano, 1871).