HISTOIRE DE LA PO^BIE DE TERRE
Les Acadiens commencent, comme peuple, vers 1636 et, sans être tout d'abord marins, ils eurent bientôt un commerce avec les Anglais établis sur les côtes de l'océan, depuis le Maine jusqu'à la Virginie. A défaut de preuve, je n'ose dire qu'ils reçurent la pomme de terre de leurs voisins, dès les premières années, mais notons que l'agriculture était très en honneur à Port-Eoyal et à la Hêve, donc, si la pomme de terre a été connue des Acadiens entre 1636 et 1680, elle a dû recevoir aussitôt sa place dans les sillons de nos gens. Quoiqu'il en soit, vers la fin du dix-septième siècle, les Acadiens avaient pris la mer, et ils capturaient assez de navires anglais pour tomber par occasion sur un sac de pommes de terre.
Ddéreville, décrivant la vie des Acadiens en 1699, s'arrête sur le blé, le sucre d'érable, le gibier, le poisson — pas un mot de la pomme de terre. Aurait-elle été apportée par les troupes du Massachusetts, après la prise de Port-Eoyal en 1710? C'est possible. Jusqu'ici, vous voyez que je n'ai rien de concluant du côté de l'Acadie. Eetoumons au Canada.
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Le Père Joseph-!François Lafitau, missionnaire au Saut Saint-Louis, près Montréal, écrivait, en 1716 : 'Ttes Sauvages du Canada mangent des pommes de terre." C'est donc qu'ils en cultivaient? Les Ir^quois (10) dont le Père parle ici, il me «emble, aimaitmt le travail des champs. Les Algonquins, peuple des Trois^Eivières et de Québec, avaient quelques petites cultures de blé-d'Inde et de citrouilles. Si la pomme de terre a pénétré en Canada aux alentours de l'an 1700, elle a dû y venir par les Iroquois du lac Ontario qui l'auraient empruntée à la Pennsylvanie — et les Iroquois chrétiens ré-