‹ Mélanges historiques (volume 3)Chapitre 11 sur 68 · HISTOIRE DE LA PO>DIE DE TERKE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA PO>DIE DE TERKE

aucune saveur, et ils se moquent des Anglais qui en sont si friands."

Voilà bien toujours les Anglais dMmérique familiers i\ec le produit qu'ils avaient trouvé dans leurs posoessions des côtes de la mer.

Xous arrivons à l*é\"énement principal que comporte cett;e étude: la proscription des Acadiens en 1755 et l'arrivée en France de plusieurs de leurs familles qui se fixèrent à l'entrée de la Loire sur Belle-Ile-en-Mer. Cette fraction du peuple malheureux apportait dans son ancienne mère-patrie un bienfait que la Providence destinait aux pauvres et aux riches du monde entier et, dans les desseins de Dieu, des exilés sans ressources allaient semer en terre française les premières graines du fruit de l'avenir. Le temps n'était pas éloigné où les disettes les plus affreuses allaient ravager le royaume et où un ministre du roi dira au peuple mourant de faim: "Mange2 de Therbe!''

Ecoutons le vice-amiral A. Thevenard (12), écrivant en 1800 sur ce qu'il a vu :

^'Beaucoup d'émigrés de l'Acadie, qui n'avaient pas voulu rester sous la domination anglaise, furent établis sur Bellelle-en-Mer. On leur fournit des moyens aratoires et une subsistance; on y établit, par leur moyen, la culture des pommes de terre, d'où elle semble se propager sur le continent à l'avantage du peuple."

Xous savons que le premier groupe acadien de Belle-

12. Antoine-Jean->rarie Thevenard. né à Saint-Malo en 1733, mort à Paris en 1815. Entré fort jeune dans la marine, il diritrea en 1754, une expédition destinée à protéarer les jjêcheries de Terreneuve contre' les Esquimaux. Il résida longtemps à Pelle-Ile-en-'Nrev et devint l'ami des proscrits acadiens qu'il encouragea en maintes circonstances.

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Ile-en-Mer fut augmenté de nombreuses familles, durant les années 1757-60, et M. Thevenard a raison de dire qu'elles ne youj aient pas rester sous la domination anglaise puisqu'elles étaient expulsées de vive force (13).

«g s^ $g En Allemagne, pendant la guerre de Setpt Ans, c'e-st-àdiie en 1758, des prisonniers français furent nourris parfois uniquement de pommes de terre, et ils en répandirent la renommée à leur retour au pays, mais déjà la coutume s'était établie, grâce aux Acadiens, d'en servir sur la table, au lieu de les laisser tomber dans l'auge des porcs.

sg s^ s^ M. l'abbé Ferland dit que, avant 1755, les Acadiens cultivaient la pomme de terre, et il ajoute que cette plante fut introduite au Canada en 1754 (11)'.

Le 8 août 1758, MM. de Yaudreuil et Bigot écrivaient au ministre qu'il serait à propos de faire connaître la culture de la pomme de terre dans les colonies. Les habitants du Canada savent ce qu'est cette pilante, mais ils n'en ont jamais cultivée, "parce qu'ils sont accoutumés au pain de froment". La guerre était dans toute son ardeur. On n'a pas dû pousser le projet plus loin.

^ ^ ii Le lieutenant Thomas Anbur}^ ,de l'armée anglaise, étant à la baie Saint-Paul, l'automne de 1776, demanda à acheter des pommes de terre. Anbury parlait bon français. L'habitant auquel il s'adressait ne comprit pas l'expression. Notre officier fait une double observation: "Je savais, dit-il, que

13. Voyez son texte dans les Mémoires relatifs à la Marine, II, page 331, imprimés â Paris.

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