LES AEPENTS DE NEIGE
de Cavelier de la Salie, enlevant aux marchands toute ingérence et tout bénéfice dans ce trafic si productif. Alors, le palais du roi-soleil aurait été construit, du moins en partie, par les castors du Canada...
Sautons par dessus un siècle. Il a été dit bien des choses sur les bals et les fêtes de Versailles durant le carnaval de 1763, au moment de la signature du traité qui cédait le Canada à l'Angleterre. Ce ne furent pas les seules démonstrations da réjouissance dans le royaume. On sortait d'une guerre désastreuse et, selon la vieille coutume officielle, il fallait célébrer le retour de la bonne entente entre les couronnes, mais ce qui porta les diverses régions de la France à faire écho à ces agapes et ces danses, c'est que la masse des gens prétendus éclairés, les "penseurs", les "philosophes" gagnaient leur cause : ils ne voulaient plus de colonies.
Une seuile ville manifesta du chagrin de la rupture du commerce colonial: la Rochelle (-i), parce que elle y perdait énomiémeiit. Xi Lyon, ni Marseilde, ni Eouen, ni Paris ne voulaient entendre parler du Canada, des Indes, des Antilles. On se félicitait plutôt du balayage de ces "possessions onéreuses'^ de ces pays de neige, de forêts et de fausses spéculations commerciales, qui allaient en partage à la perfide Albion et l'on disait en riant : "grand bien lui fasse !"' Ce qui, pour nous, est comme un scandale, c'est de voir la famille Vaudreuil se mettant, plus que toute autre, en évidence, dans les ébats de Versailles en cette rencontre- Elle y trouvait l'occasion de faire oublier la part qu'elle avait eue dans la perte du Canada^ Son instinct lui conseillait de se divertir plu5 que personne du résultat de la guerre et cela plaisait au grand parti des adversaires de l'idée coloniale, ce parti